Les mots d'essence

23 juin 2015

Main verte et paroles d'or

Le soleil peut être une armure. Le dimanche après-midi, il rentre par la fenêtre de la cuisine. Il lutte alors, avec bienveillance, contre les nouvelles distillées dans les pages du journal. Et parfois, le réconfort vient d'amis plus inattendus encore.

Une jeune fille est rentrée dans l'immeuble. Du haut de ma tour, je l'entends saluer la gardienne. Celle-ci correspond en tout point à la femme décrite par Muriel Barbery dans L'élégance du hérisson. L'élégance en moins. Telle est l'idée qu'ont forgé neuf mois de lointaine cohabitation. J'avais omis un détail. Qui pourtant crevait les yeux. Notre cour est une forêt. Et ces plantes ne poussent pas toutes seules.
« Vous avez la main verte, non ? », s'enquiert la nouvelle venue. Un silence grommelant lui répond. Et voilà que l'innocente enfant se met à disserter sur sa plante mourante. « Vous pouvez m'aider ? » J'entends le soulèvement d'épaules. Dix minutes plus tard, le pot de fleurs a été descendu. Une demi-heure après, elles parlent toujours botanique. Elles se sont dit au revoir le plus aimablement du monde.

Peut-être que toutes les épines cachent une petite beauté.

cupcake cookies

Autre exemple de bonne surprise : ces cupcakes. Parce que moi, je n'aime pas ce genre de gâteaux plus-beaux-que-bons. Ceux-ci, avec leurs petits cookies dessous et dessus, m'ont quand même bien plu... (Je n'ai pris qu'une toute-toute petite liberté pour le glaçage, qui est celui de mon carrot cake préféré).

Pour 16 petits cupcake cookies

  • 1 œuf

  • 65 g de fromage blanc

  • ½ c. à café de levure chimique

  • 30 ml de crème liquide

  • 50 g de sucre

  • 80 g de farine

  • 16 mini cookies (faits maison si vous avez le courage)

Pour le glaçage

  • 80 g de fromage type Philadelphia

  • 30 g de sucre glace

Modus operandi

  • Mélanger la farine, la levure et le cacao. Dans un autre saladier, mélanger l’œuf et le sucre, puis incorporer le fromage blanc. Ajouter les poudres petit à petit, puis la crème, et mélanger pour avoir un mélange homogène.

  • Placer un cookie au fond de chaque empreinte d'un moule à muffins. Le recouvrir de pâte (les empreintes doivent être remplies aux ¾)

  • Faire cuire 15 à 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C. Laisser refroidir totalement.

cookie-dans-cupcake

  • Pendant ce temps, préparer le glaçage. Mélanger simplement de façon homogène le fromage et le sucre glace.

  • Ajouter le glaçage sur les gâteaux (à la barbare/cuillère pour moi), une moitié de cookie entière et l'autre moitié émiettée.

  • Ne pas oublier de goûter pour vérifier que c'est-plus-bon-que-beau.

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15 juin 2015

Viral

Les arpenteurs de musée sont apparentés aux vampires. Ils fuient la lumière de l'été. Dehors règnent la poussière, le bruit des amplis à fond et les emballages de burgers jetés à terre. La porte se ferme. Le portique de sécurité de dresse. Puis commence la fraîcheur, le silence, et les regards des autres visiteurs. Ils scrutent les visages déformés et les torsions d'un corps. Devant leurs yeux se déroule la pensée d'un créateur autodestructeur. Tout est beau à faire peur.

Le meilleur vient après. Quand la moiteur est devenue une amie qui prend chacun dans ses bras. Quand les cris d'un public sont des manifestations de joie. Quand les pleurs des enfants ne sont qu'un éclat de vie.

Le merveilleux est contagieux !

bredelecacao3

Et la beauté se trouve aussi dans des biscuits. Ceux qui sont vite faits, vite cuits, vite dévorés et très complimentés. J'aime les compliments …
Recette de Loukoum°°° (tirée de Pinch of yum)de sablés fondants au cacao et leur glaçage fondant.
Conseil de moi-même : utilisez un peu de beurre aux cristaux de sel, ou rajoutez du gros sel, de la fleur de sel, ce que vous avez : le grain sous la dent est une sensation à découvrir.

Pour des « bredele » sablés au cacao :

Environ 50-60

  • 220 g de beurre (mélange demi-sel et cristaux de sel) à t°ambiante

    (ou beurre doux + sel)

  • 140 g de sucre

  • 35 g de cacao

  • 250 g de farine

  • ½ càc de bicarbonate de soude (pas mis)

  • 1 càc de levure chimique

Pour le glaçage

  • 3 càs de cacao

  • 130 g de sucre glace

  • 2-3 càs d'eau chaude

  • 1 càc d'extrait de vanille (pas mis)

Modus operandi :

  • Mélanger le beurre et le sucre au fouet pour obtenir un mélange crémeux. Ajouter le cacao et mélanger jusqu'à avoir une préparation de couleur unie.

  • À part, mêler farine, sel (si besoin), levure et bicarbonate (si utilisé).

  • Ajouter ce mélange à celui au cacao Bien mélanger.

  • Tapisser deux plaques allant au four de papier sulfurisé. Rouler des boules de pâte de la taille d'une noix (ou un peu moins) et les déposer sur les plaques. Creuser un trou au milieu avec l'index.

bredelecacao1

  • Faire cuire 7 à 8 min dans un four préchauffé à 180°C. Attention, le trou va un peu disparaître et il faudra le creuser à nouveau à la sortie du four.

bredelecacao2

  • Laisser refroidir. Pendant ce temps préparer le glaçage : mélanger le sucre glace et le cacao. Puis ajouter la vanille (si utilisée) et petit à petit l'eau. Le glaçage doit être assez liquide pour garnir les biscuits, mais sans couler !

  • Poser l'assiette sur la table de la cuisine, et laisser les colocs de passage se servir...

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07 juin 2015

Bifurcation ?

 Elles étaient peut-être sœurs. Les deux femmes avaient la même teinte de peau, la même ossature du visage, les mêmes longs doigts. Mais la première tenait sur ses genoux le sac siglé d'une marque à la mode. L'autre portait sur son ventre un sac à dos défraîchi. L'une avait revêtu une robe moulante et courte, d'un rouge vif. Elle se tenait extrêmement droite sous son chignon tiré à plus de quatre épingles. La seconde avait enfilé un sarouel défraîchi. Elle s'éventait avec un morceau de journal, dans ce métro étouffant.

La femme assise à gauche semblait jeune, car son visage parfaitement lisse n'affichait ni ride ni tâche. Celle de droite semblait jeune, car son visage arborait les mille ridules formées par les rires et sourires.

Je sais que l'une était plus belle – notamment à cause de son magnifique port de tête. Mais je crois que je préférerais connaître la vie de la seconde. Je suis sortie du wagon avant elles. Je ne saurais jamais si elles était de la même famille.

lapin

Une recette de lapin très simple « façon chasseur » de Silvia, mélange du vin blanc, des aromates, du vinaigre et – impromptue – de la sauce soja. J'adore.

Gigolettes de lapin alla cacciatora :

(2 personnes)

  • 2 grosses gigolettes ou 4 plus petites

  • 1 càs de sauce soja

  • 1 petit verre de vin blanc sec

  • 2 càc d'aromates au choix (thym et romarin pour moi)

  • 2 gousses d'ail

  • 4 cl de vinaigre de vin

  • Sel, poivre, romarin,piment

  • Huile d'olive

Modus operandi :

  • Faire mariner, au moins 1 heure, le lapin dans la sauce soja, la moitié du vin et les herbes, dans un récipient couvert, au frais.

  • Éplucher et écraser une gousse d'ail. La faire revenir avec de l'huile. Ajouter le lapin, le faire rissoler, saler un peu. Poivrer et déglacer avec le reste du vin.

  • Baisser le feu (à feu moyen), ajouter la marinade et faire cuire environ 25 min, en ajoutant de l'eau au besoin.

  • Ciseler le romarin, la seconde gousse d'ail et mélanger au vinaigre (en poudre ou épépiné/émincé) et au vinaigre.

  • Ajouter ce mélange 5 min avant la fin de la cuisson : le lapin doit être coloré.

 (J'ai déjà suivi une variante proposée par Silvia et ajouté deux petites tomates en cours de cuisson : différent mais savoureux....)

  • Servez avec des pommes de terre, sous la forme que vous aimez (pour moi, c'est cuites au four dans l'alu, maintenant).

 

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31 mai 2015

Séance ciné

Thierry se fait humilier. La banquière, les potentiels employeurs, l'acheteur de mobile home le rabaissent. Les protagonistes de La loi du marché ne sont pas méchants. Ils défendent leurs intérêts. Ils placent leur personne au dessus de l'autre. Ils n'ont aucune considération pour l'honneur des autres.

Ce film est très douloureux. Il peut empêcher de croire à la beauté. Sauf que. Le couple danse le rock, maladroitement, dans son salon. Ce film est bienfaisant. Parce que la beauté y trouve quand même une place.

croquants1

Ma beauté est de faire du caramel, de rôtir de l'agneau, de cuire des gâteaux.
Les croquants au thé matcha de Loukoum ont empli un dimanche après-midi. J'aime faire fondre le chocolat et en napper précautionneusement chaque gâteau. Les colocs ont aimé aussi, qui les ont achevés en deux jours.

Pour environ 40 croquants au thé matcha

  • 280 g de farine

  • 160 g de sucre

  • 2 càc de levure chimique

  • 1 grosse pincée de sel

  • 2 càs rase de thé matcha

  • 3 œufs

  • 150 g de chocolat noir (Loukoum en utilise le double, mais je trouve que cela cache trop le goût du thé)

Modus operandi

  • Mélanger la farine, le sucre, le thé, la levure et le sel.

  • Fouettez les œufs. Les ajouter au mélange sec et pétrir jusqu'à avoir un pâton. Le renverser sur un plan de travail fariné et former rapidement, en farinant, deux boudins d'une trentaine de cm de long.

  • Placer les boudins, en les espaçant bien, sur une plaque couverte de papier sulfurisé. Les aplatir avec la paume de la main.

  • Enfourner 30 min à 180°C puis laisser refroidir 30 min sur une planche.

  • Découper au couteau à pain, en biais, des tranches d'environ ½ cm d'épaisseur.

  • Faire cuire à nouveau ses tranches, 10 min de chaque côté à 150°C.

  • Laisser refroidir sur une grille.

  • Faire fondre le chocolat au bain-marie et en napper la moitié de chaque croquant.

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21 mai 2015

Les bêtes

L'araignée était au fond de l'évier. Elle me fixait. Tous ses yeux convergeaient vers l'humaine qui était à son plafond. Pourtant, elle n'a pas bougé lorsque le coquetier l'a recouverte. Trente secondes plus tard, elle zigzaguait sur les rebords de fenêtres, entre cendriers et pots de fleurs.
Je n'ai jamais pu tué un insecte, coccinelle comme cafard. Ceux qui hurlent à l'idée d'écrabouiller un moucheron sont souvent des gens biens. Ils refusent de faire du mal. Une minorité a des motifs moins nobles. J'ai simplement trop d'imagination. Je me pense – voire me sais – araignée quand j'en vois une égarée sur mon mur. Et je me refuse à mourir.

J'ai récemment du décapiter une souris. À onze heures du soir, sur le sol de ma cuisine. De précédents locataires ont enduit le placard de glu. Les souris y restent collés. J'ai décollé un cadavre, puis un second. En leur brisant la moitié des os. Une patte bougeait encore. Après, V. a pris son courage, et du dissolvant, à deux mains et a ôté ce piège. Depuis, je les entends courir. Elles sont embêtantes. Tant pis – tant mieux.

salade

Salade de haricots verts aux amandes (d'ici)

(pour les beaux jours – et 3 à 4 personnes)

  • 500 g d'haricots vers

  • 1 poignée d'amandes

  • 2 càs de sauce soja

  • 2 càs de vinaigre de riz

  • 1 càs d'huile neutre

  • 1 gousse d'ail pelée et émincée

  • 1 échalote pelée et émincée

  • Coriandre

Modus operandi

  • Torréfier les amandes à sec dans une poêle sur feu moyen. Hors du feu, ajouter 1 càs de sauce soja, mélanger et réserver.

  • Équeutez les haricots. Les faire cuire dans de l'eau bouillante salée, cela prend 5 à 10 min et ils doivent être al dente. Plonger les haricots dans de l'eau glacée, les égoutter.

  • Mélanger la 2ème càs de sauce soja, l'huile, le vinaigre, l'ail et ajouter le tout aux haricots.

  • Concasser les amandes. Répartir sur les haricots, avec l'échalote. Finir avec la coriandre.

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12 mai 2015

Architecture


Les ponts, couloirs et escaliers, manquent. Les différentes pièces des existences sont lamentablement disjointes. Un jour commence et vous êtes ravi. Un événement passé vous a laissé la joie au cœur. Mais alors que les heures passent, tout prouve que cette chose a cesse d'être. Elle s'est déroulée dans – et pour – une autre personne. Vous avez vécu un bonheur au travail et le soir venu vos enfants crient. Vous avez passé un beau dimanche et le lundi votre travail est toujours morne.

Tout ceci est logique. Mais une voix hurle en moi le contraire. Elle crie, à m'en érailler la pensée, que le bonheur devrait être de longue durée.

 

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Long un peu comme une soirée d'été à n'en plus finir d'apéro, soupe, pain et fromage. Long comme une bouteille de vin qui se finit sur la terrasse. Long comme une famille qui jamais ne cesse.

La soupe de brocoli bête comme chou

(Pour 3 personnes)

  • 1 beau brocoli

  • 1 oignon

  • Du bon bouillon de volaille

  • Un peu d'huile d'olive

  • 1 feuille de laurier

  • 1 clou de girofle

  • Sel et poivre

  • Lait ribot

  • Saumon fumé

  • Aneth

Modus operandi

  • Peler et émincer l'oignon. Découper le brocoli en fleurettes. Ôter les parties les plus dures de la tige et émincer rapidement le reste.

  • Faire chauffer un filet d'huile dans une casserole et y faire suer les oignons à feu moyen. Ajouter le brocoli (fleurettes et tiges) et faire revenir quelques minutes.

  • Mouiller de bouillon à hauteur, ajouter le clou de girofle et le laurier. Saler en fonction de votre bouillon.

  • Faire mijoter jusqu'à ce que le brocoli soit tendre et bien mixer (après avoir ôté le clou de girofle et le laurier). Laisser un peu tiédir.

  • Répartir la soupe dans de grands bols, poivrer, saler si besoin. Ponctuer de gouttes de lait ribot. Ajouter des lanières de saumon et de l'aneth.

  • Servir avec un bon pain à mie dense.

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03 mai 2015

Ça

Il portait un costume de souris. Un de ces accoutrements qui hantent les parcs d'attraction. Certains enfants les aiment ( ou en ont l'air). D'autres les craignent. Ils m'évoquent la forme de clown du Ça de Stephen King.

Dans ce grand boulevard de la Ville-lumière, capitale de beaucoup de choses, un mendiant s'est déguisé en souris. J'hésitais à lui donner une pièce ou éclater en sanglot. Et j'ai juste détourné les yeux. Qui peut le voir et avoir le cœur joyeux ? Devant lui, même un enfant doit ressentir une forme de terreur.

La ville est parfois pire que Ça.

gateau-momo

Je ne vous ai jamais parlé du gâteau à l'orange de Momo (merci Patoumi). À faire en cas d'envie de … gâteau à l'orange. Il est tout simple, imbibé de jus – même pas de sirop. À faire aussi en cas d'envie de confort, d'envie de faire plaisir, d'envie de choses jolies et pas compliquées.

À faire, donc, pour se faire du bien.

Le gâteau à l'orange de Momo

(ici pour un petit moule de 11 cm de diamètre)

  • 1 orange

  • 40 g de beurre mou (demi-sel pour moi)

  • 75 g de farine

  • 1 œuf

  • ½ paquet de levure

  • 60 g de cassonade

Modus operandi

  • Beurrer et fariner le moule.

  • Fouetter la cassonade et le beurre mou pour obtenir un mélange crémeux.

  • Ajouter l’œuf et le zeste d'une demie orange. Mélanger. Presser l’orange et ajouter la moitié du jus. Mélanger à nouveau. Ajouter la farine et la levure tamisées, mélanger une dernière fois.

  • Verser dans le moule et faire cuire à 180°C, environ 20 minutes.

  • Laisser tiédir et démouler sur une grille, au-dessus d'une assiette profonde. Percer le gâteau tout partout de petits trous, avec une fourchette. Verser le reste de jus sur le gâteau.

  • Déguster froid ...

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26 avril 2015

Dimanche "matin"

Certains ont une terrasse ensoleillée. D'autres se contentent d'un rai de lumière dans leur cuisine. Un garçon s'est placé sur son trajet pour prendre son petit-déjeuner. Une jeune fille, presque une enfant, lit son journal. Le dernier habitant, presque un homme mûr, rentre d'une promenade sur le bord du canal. Les tasses fument. L'heure et le jour sont les mêmes – seize, dimanche. Chacun vit son propre moment. Les trois se rejoignent par hasard.

Cette colocation est harmonieusement disjointe. C'est quelque chose de très-très beau.

strudel-baklava2

Mon autre source de bonheur, en ce moment, est la réussite de certaines recettes. Lorsque j'imagine une chose, et que ce goût se réalise. Ce fut le cas, voici presque un an, pour ce strüdel croisé avec un baklava.

Pour le strüdel qui se prenait pour un baklava (4 à 6 personnes)

  • 5 feuilles filo

  • 3 poires Williams

  • Jus de citron

  • 60 g de poudre d'amandes

  • 1 càs de thé (Sakura sencha Jugetsudo)

  • 20 g de cassonade

  • 4 càs de miel

  • 4 càs d'eau

  • Eau de rose

Modus operandi :

  • Mélanger la poudre d'amandes et le thé.

  • Laver, peler et découper les poires en fines tranches. Le scitronner et les faire mariner avec le sucre pendant 15 minutes.

  • Déposer une feuille filo sur un torchon. La badigeonner de beurre fondu et superposer ainsi les cinq feuilles.

  • Répartir le mélange aux amandes sur la dernière feuille, puis les poires, en laissant 3 centimètres vides sur les bords. Rabattre ces quatre marges sur la farce et rouler le plus serré possible le strüdel, dans la longueur.

  • Déposer le rouleau sur une plaque couverte de papier sulfurisé. Badigeonner de beurre fondu et faire cuire 30 minutes à 180°C (jusqu'à ce qu'il soit bien doré).

  • Réaliser en sirop en diluant le miel dans l'eau. Aromatiser d'eau de rose, selon vos goûts.

  • Découper le strüdel en larges tranches et les servir avec le sirop.

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12 avril 2015

Le poulet voyageur (et recette de saint-jacques)

Stoppée net au milieu de la rue. Le faubourg est devenu ruelle catalane. Les lampadaires sont des lauriers roses. Les Parisiens – désolée pour eux – ont pris des allures de touristes allemands. Le souvenir est remonté si fort qu'il était un mirage.

Les odeurs sont le chemin le plus court vers la mémoire. Le cerveau nous envoie des images avant même de nous dire qu'il a senti quelque chose. Le choc est grand, car il est d'abord inexplicable. Ce matin, les poulets rôtis de la boucherie arabe avaient la même senteur que ceux de mon bord de mer. Durant quelques fractions de secondes je savais être à 600 kilomètres de Paris. J'insiste : savais, et non croyais. Cette étrange sentiment, de vacances et de sécurité, a perduré toute la journée. Le lendemain sera dur.

ceviche1


(Encore une photo très laide, mais je me suis tant régalée ...)

C. est rentrée du Cambodge. C. est une amie. C. est une incroyable personne : elle sait accepter les originalités, les tics, les TOCs, les choses absurdes.

C. est aussi allée au Pérou. Elle m'a parlé de ceviche, si bien que j'en ai rêvé des mois avant d'en goûter. Depuis, je combine dans ma petite cuisine des simili-ceviche.


Simili-ceviche de saint-jacques

Pour une personne (entrée ou dîner léger)

  • 3 noix de saint-jacques

  • 1 citron vert

  • ½ échalote

  • Piment de Cayenne en poudre
    (ou un petit piment rouge)

  • 1 càc d'huile d'olive

  • Ciboulette ou coriandre (fac.)



  • QS potimarron

  • Sel, sucre

Modus operandi

  • Émincer les saint-jacques en très fines lamelles.

  • Couper le corail en petits dés. Peler et détailler de même l'échalote.

    (Épépiner et émincer très finement le piment rouge).

  • Presser le citron vert et mélanger les saint-jacques au jus avec l'huile d'olive, le corail, l'échalote et le piment. Saler à peine. Faire mariner 20 minutes au frais.

  • Pendant ce temps, couper le potimarron en dés (1 cm de côté) et le cuire-confire juste tendre dans une casserole, avec un fond d'eau, une pincée de sel et une petite cuillerée de sucre.

  • Servir le ceviche froid avec le potimarron tiède par-dessus (et éventuellement les herbes émincées).

 

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07 avril 2015

Pâques, 2015, Paris

Pâques a eu lieu mardi, à une heure du matin. La célébration fut légère, joyeuse et gratuite. Comme l'est une chasse aux œufs pour un enfant.

À trois heures du matin, trois colocataires faisaient sauteur un bouchon. Ils pensaient trouver un crémant dans la bouteille. Le liquide était pourpre, avec des arômes de fruits noirs et de bulles discrètes. Premier fou rire : l'étiquette indiquait « Rouge » en lettre plus-grandes-c'est-pas-possible.

À leur habitude, ils ont parlé de tout et de rien. Surtout de rien, en fait.

Et au détour d'un changement musical, Tryo a débarqué dans la minuscule cuisine. Ces trois humains, qui vivent ensemble - par hasard - depuis six mois, connaissaient les paroles par cœur.

Apocalypticodramatic, Désolé pour hier soir et Serre-moi ont rebondit sur le mur lépreux pour cause d'infiltration d'eau. Qu'il était beau, ce mur, cette nuit-là.

Trois visages souriaient d'une même voix. Une jeune fille comprenait le plaisir de chanter dans un chœur. Même si je continue à chanter faux.

muffins2

(Non, ils ne sont pas beaux. Ce n'est pas ce que nous leur demandions)

Pâques a aussi eu le goût de muffins au chocolat; pour souhaiter bon (nouveau) départ à G. La recette ne change plus, mais j'y ai ajouté un crumble (idée d'une adorable lady). Qui, lui, change beaucoup de choses (en mieux).

Pour 6 beaux muffins :

Ingrédients solides

  • 120g de farine + un peu de sel

  • ½ sachet de levure chimique

  • 60g de sucre blond de canne

  • 60g à 75 g de chocolat noir haché (selon vos goûts et votre chocolat)

  • 1 càs rase de cacao

  • + 50 g de pépites de chocolat (ou noisettes, ou ce qui vous tente

Ingrédients liquides

  • 1 œuf

  • 60g de lait

  • 60 g de lait ribot (ou 60g de lait + 1 càs de jus de citron, et laisser reposer 20 minutes)

  • 40g d'huile

  • ½ càc d'arôme vanille

Le crumble

  • 20g de beurre demi-sel

  • 20g de farine

  • 10g de cacao

  • 30g de sucre blond de canne

Modus operandi

  • Râper ou hacher finement le chocolat

  • Mélanger la farine, le sel, la levure le cacao et le chocolat râpé.

  • Mélanger l'œuf, les laits, l'huile, l'arôme vanille.

  • Préparer le crumble : mélanger la farine, le sucre et le cacao. Ajouter le beurre froid en dés et sabler du bout d es doigts jusqu'à obtenir de petits morceaux de pâte friables.

  • Mélanger rapidement (à la fourchette) les mélanges solides et liquides. Ajouter les pépites et mélanger. L'appareil ne doit pas être homogène.

  • Répartir dans des moules à muffins en silicone ou avec des caissettes en papier. Émietter le crumble par-dessus. Enfourner pour 15 à 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

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