Les mots d'essence

18 juillet 2014

Traître

La scène était terrible. Durant les heures qui l'ont précédée, le monde était normal – et Dieu sait qu'il l'est rarement.
La carte du restaurant, les petites phrases assassines, les affiches devant le ciné et les ragots entre personnes qui se sont un peu perdues de vue : tout était prévisible, prévu, et bienvenu.

Et là, trahison.
Nous discutions, avachis dans d'atroces canapés rouges. Cette personne s'est levée, lentement, comme en s'excusant, et a accompli son terrible forfait. En une fraction de la plus petite fraction de temps envisageable, tout était fini. Le monde s'était arrêté. Il ne redémarrerait plus.

Plusieurs – affreusement longues – minutes plus tard, j'ai pris la vraie mesure de cette trahison. Je me suis réveillée, empêtrée dans une couette moite, l'esprit plus empêtré et moite encore. J'ai saisi mon téléphone pour envoyer un message de haine et d'incompréhension à cette personne. Puis j'ai réalisé.

Qu'est-ce qui m'est passé par la tête ? Un rêve, oui, bien sûr, mais pourquoi ? Une raison a poussé mon esprit a me faire croire à l'anéantissement. Je me suis trahie. Je me suis terrifiée d'une façon des plus ignobles.

Depuis deux jours, je sais qu'une partie de moi a déclaré la guerre à l'autre.
Et je me suis mise à la recherche des ces miettes de gémellité qui font les liens.

muffincourg

D'où cette recette réalisée pour la recherche menée avec H. : celle du Muffin (l'esprit du muffin, son essence, d'où la majuscule). Ils sont au chocolat, avec une pointe de courgette … Ce légume ne confère aucun goût mais beaucoup de mœllesse (néologisme personnel, et définition du muffin parfait) à ces gâteaux.

(La recette est celle de Silvia, à peine modifiée. Sachez que la plupart des gens demandent la recette après avoir goûté …).

 

Pour 6 mœllo-courgetto-chocolato muffins:

  • 150 à 170 g de courgette

    (mieux vaut un petite courgette, moins aqueuse, qu'un morceau d'une grande)

  • 50 de cassonade

  • 90 g de farine

  • ¼ sachet de levure chimique

  • 1 pincée de bicarbonate de soude (ou un chouïa plus de levure)

  • 50 g de chocolat noir

  • 30 g de beurre demi-sel (ou doux + une pincée de fleur de sel)

  • 1 œuf

  • 25 g d'amandes entières

  • 15 g d'écorce d'orange confite

  • 30 g de pépites de chocolat noir

Modus operandi

  • Sortir le beurre du frigo une heure à l'avance pour le faire ramollir.

  • Laver, râper et laisser dégorger la courgette dans une passoire.

  • Mélanger la farine, la levure et le bicarbonate.

  • Torréfier les amandes : les disposer sur une plaque couverte de papier sulfurisé et les enfourner 3 min dans un four à 180°C.

  • Faire fondre le chocolat (au bain-marie ou, avec précaution, au micro-onde).

  • Détailler l'orange confite en tout petits-petits dés.

  • Battre le beurre pommade avec le sucre. Ajouter l'œuf et mélanger.

  • Presser les courgettes entre les mains et les ajouter. Incorporer ensuite la farine, puis le chocolat.

  • Compléter avec les amandes concassées, les pépites et l'orange confite.

  • Remplir aux ¾ des moules à muffins et enfourner 20 à 25 min dans un four préchauffé à 180°C.

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09 juillet 2014

Statistique (inutile)

Les dessinateurs gribouillaient dans les marges de leurs cahiers d'écoliers. Les écrivains racontaient leurs problèmes d'adolescents boutonneux dans leur journal intime, ou leur blog. Les réalisateurs dépensaient tout leur argent de poche en places de ciné.

Tous les grands créateurs semblent avoir suivi un chemin. Avoir un destin.

Mais moi aussi, je gribouillais, à l'école. J'ai noirci des feuilles volantes et je suis allée au cinéma.
J'ai eu ces envies de créer.

Le monde semble froid, de ce froid-bleu-vide qui demande à être rempli. Des jeunes gens s'agitent, rient, parlent fort et n'écoutent rien. Un esprit très ancien semble avoir remplacé le mien. Et je veux engendrer de la beauté. Être mère, mais surtout pas d'un humain, d'une chose harmonieuse et marquante.

En toute sincérité, ceci vient moins d'une envie de faire que d'une envie d'être. Un Français sur trois veut écrire. Les autres veulent surement peindre, sculpter ou chanter … Que deviennent eux qui échouent (comme moi) ?

cp2

Moi, justement, parfois, je parviens à faire la cuisine. Quand je me saisis du citron confit pour une recette italienne. Et quand les dégustants, tout étonnés, trouvent ça bon. Je me suis basée sur la recette d'Edda, et je l'ai tournée selon mon envie.

Courgettes farcies au poisson (pour 3) :

  • 3 petites courgettes; longues

  • 300 g de filets de poisson blanc (cabillaud)

  • 4 feuilles de menthe

    (après réflexion, ajouter de la coriandre serait surement goûteux)

  • 1 gousse d'ail

  • Huile d'olive vierge

  • Sel, poivre

  • 9 olives violettes

  • Un peu de citron confit

(Toujours après réflexion, il faudrait ajouter un peu de chapelure à la farce pour l'assécher)

Modus operandi:

  • Mixer ensemble le poisson, les herbes, l'ail (et la chapelure, éventuellement). Ajouter de l'huile d'olive, saler, poivrer.

    Couper les olives en petits morceaux et le citron confit en tout-tout petits dés.

  • Couper en deux les courgettes et les évider à la petites cuillère (les parois doivent être de ½ cm d'épaisseur au maximum).

  • Faites blanchir les courgettes 5 min dans une grande casserole d'eau salée.

  • Égoutter les courgettes, faites les refroidir sur un papier absorbant.

  • Remplir les courgettes de farce et enfourner pour 15 min dans un four préchauffé à 200°C.

À savourer tiède.

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01 juillet 2014

Je suis seule à combler le silence.

L'écran haï est noir depuis deux jours. L'appartement est vide. De la musique sans images y résonne. Ces murs ont du entendre pour la première fois l'histoire du Milord ou celle du Gorille. Et tant pis pour les voisins : je mets beaucoup de bonne volonté à leur en apprendre les paroles.

Ce silence – l'absence des bruits agaçants – durera cinq jours. Pas trop, pas trop peu, pour se sentir seule juste comme il faut. Ce lieu, pour la première fois, me semble amical. Il était parfois ennemi, une prison, parfois neutre, un hôtel. Il a rarement été une maison (même si ces derniers temps, l'ambiance était bien meilleure – merci le foot).

Mon corps y bouge différemment. Il se délasse et s'étire en tout sens. Je me sens chat ronronnant ou plutôt herbe placide sous le soleil. L'été aidant, je redécouvre le plaisir des pieds nus contre un parquet froid. De la gorgée de lait bue au goulot devant le frigo. De la fringale-avec-pot-de-glace devant la télé. Je me permets ces petites gestes que l'on ose que face à sa propre compréhension.

rizkimchi

Oui, photo laide. J'ai éventré la chose avant de goûter et de me dire que si je ne partageais pas cette recette, je pouvais aussi bien fermer immédiatement le blog. Et les fois suivantes, j'ai refusé de laisser refroidir mon bol ...

Je retrouve mes plats-bizarres de solitaire.

Et mon riz sauté au kimchi. Ce riz est celui de ma première année parisienne. Des retours du boulot si fatiguée qu'on ne sait plus si on est contente ou non. J'ai adopté la recette de Letitia dés que je l'ai vue, et le pot de kimchi ne quitte plus mon frigo.

Pour une personne et son bol :

  • Un bol de riz cuit (du riz jasmin, mon préféré)

  • 2 càs de kimchi (selon votre goût)

  • ½ oignon

    (Variante personnelle : oignon et un peu de chou blanc; on diminue alors la dose de riz)

  • 1 càc rase de sucre

  • 1 œuf

  • Du sel

  • Et puis c'est tout

Modus operandi

  • Émincez finement l'oignon (et le chou). Faites-éventuellement de même avec les morceaux de légumes du kimchi, s'ils vous semblent gros.

  • Faites-les rissoler dans un peu d'huile, en salant, jusqu'à ce qu'ils soient translucides mais un peu dorés (à peine).

  • Ajoutez le kimchi et le sucre, faites revenir 1 min.

    Ajoutez le riz, mélangez bien pour obtenir un mélange homogène. Couvrez et gardez au chaud.

  • Faites votre œuf au plat et salez-le.

  • Versez le riz dans un bol et (étape la plus délicate), recouvrez avec l'œuf.

    Et là, faites comme vous le sentez.

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22 juin 2014

La religion; au musée

Les passants s'engouffrent dans les entrailles du Louvre. Ils ne ressemblent pas à des marcheurs en quête d'une oasis. Ils sont pressés, avides de consommer, et un peu laids. Même les plus belles touristes, Espagnoles, Russes ou Japonaises y perdent leur élégance. Ils sont à Paris et doivent donc aller au Louvre.

Mais ce lieu est un cas à part. Le Louvre absorbe/accepte tout et tous, dans ses larges couloirs. Il est semblable au monstre d'un vieux film de science-fiction, qui engloutit sans peine des vaisseaux spatiaux. Même le dimanche, chacun peut s'y croiser sans se gêner. Ce musée est une ville vivante, dont l'atmosphère oscille entre celle d'une mégalopole grouillante et d'une cathédrale solennelle.

Les visiteurs viennent s'y recueillir. Différentes religions y cohabitent sans heurts, de l'esthète pur-et-dur adepte du quattrocento italien; au Chinois qui mitraillera la Joconde.

J'avoue une préférence pour les couples, trentenaires ou sexagénaires peu importe, qui regardent un tableau en silence. Leurs têtes sont légèrement penchées. Ils sont juste heureux du moment à deux. (Parfois ils ont juste ami(e)s. C'est beau aussi).

salade verte

 

J'imagine la suite de leur journée. Ils rentrent chez eux et ils partagent un apéritif puis un dîner léger. Sur la table, un gros pain de campagne, à la croûte chantante, et un fromage frais amélioré. Plusieurs salades – composées mais simples. Parmi elles, une petite salade toute verte/verte inspirée de celle-ci (après, elle a dévié)

Pour une salade d'accompagnement à deux, un repas léger en solitaire:

  • 4 belles poignées de mâche

  • 100 g de haricots coco

  • 2 poignées de petits pois (écossés)

  • 2 càs de petits pois au wasabi

Pour la vinaigrette:

  • 2 càs d'huile d'olive fruitée verte

  • 1 càs de vinaigre de riz

  • 3 pointes de couteau de pâte de wasabi

  • Sel

Juste :

  • Faites cuire les haricots dans une grande casserole d'eau bouillante salée. Ils doivent rester bien croquants. Plongez-les dans l'eau glacée pour stopper la cuisson.

    Égouttez les haricots et coupez-les en tronçons de 2 à 3 cm.

  • Pour les petits pois, vous pouvez les cuire très-très rapidement ou, comme moi, les garder crus.

  • Lavez soigneusement la mâche.

  • Assemblez tous ces légumes dans un grand saladier. Ajoutez les petits pois au wasabi.

    Mélangez tous les ingrédients pour la vinaigrette. Laissez chacun se servir et arroser sa sauce comme il le sent.

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14 juin 2014

Un aveu (et un deuxième)

Il croit que notre histoire a commencé dans un bus.
Il se trompe de plusieurs heures. J'ai planifié notre rencontre durant ce laps de temps.
Il s'était levé devant toute l'assistance. Il défendait son point de vue et son pendentif Peace & Love s'agitait. Ses cheveux étaient excessivement longs. Dans mon collège, il se serait fait lapidé – à coups de mots si ce n'est de pierres. Il (m')était improbable. Alors je l'ai voulu.
J'ai réussi à m'asseoir près de lui. Et j'ai tenté d'attirer son attention. Quelques paroles, une ou deux blagues idiotes, une adresse mail offerte avec un espoir qu'il n'a jamais su.

Nous ne nous sommes pas parlé, puis nous nous sommes parlé. Nous ne nous sommes plus parlé, puis nous nous sommes reparlé. Nous nous sommes tout fait : des coups de salaud (surtout lui), et de vrais cadeaux (surtout lui aussi.)
Et puis nous nous sommes éloignés. Toutes ces amitiés d'enfant finissent avec deux chemins distincts. Et avec des liens qui ne sont plus que la nostalgie de deux personnes qui, en fait, sont mortes.
Nous n'avons jamais fait les mêmes choix. Nous n'avons jamais eu les mêmes expériences. Nous n'avons jamais mené la même vie

Mais nous est resté. Parce nous croit aux mêmes choses – comme une religion sans dogme, d'une chapelle à deux personnes.
Il est resté. Et il m'a donné le plus joli des surnoms. Je ne l'ai divulgué à personne. Je ne l'ai jamais prononcé à haute voix. J'ai peur de l'abîmer.

Parce que tu dis et écris ce mot, et pas seulement : merci.
Parce que je n'ai jamais compris pourquoi le verbe aimer n'était pas utilisé pour l'amitié :
je t'aime, J.

choux1

Parce que je sais bien dire l'amour par la cuisine, je t'offre encore une fois les choux que tu avais aimé. Je crois que j'y avais mis cette crème à la pistache

(La recette, de Christophe Felder, est aussi parfaite nature, façon chouquette. Elle est passée ici et , avant d'atterrir chez nous).

Pour 16 à 18 pièces

Pour les choux

  • 75 g de lait

  • 50 g d'eau

  • 2 g de sel

  • 40 g de beurre

  • ½ càs de sucre

  • 75 g de farine

  • 2 œufs (ou plus si besoin ! Cela dépend des œufs …)

Pour le craquelin (qui permet au chou de rester bien rond, et le rend bien gourmand)

  • 38 g de beurre

  • 45 g de cassonade

  • 45 g de farine

Modus Operandi :

  • Commencez par réaliser le craquelin en mélangeant le beurre pommade avec la cassonade et la farine. Mélangez jusqu'à obtention d'une pâte homogène.

    Étalez-la (entre deux feuilles de film alimentaire c'est plus simple) sur deux à trois mm d'épaisseur. Puis placez le tout au congélateur.

  • Pour la pâte à choux, faites bouillir l'eau avec le lait, le sel, le beurre et le sucre. Au premier bouillon, ajouter la farine en une fois, hors du feu.

    Remettez la casserole sur le feu et mélangez pour asséchez la pâte (j'arrête lorsque la pâte forme une boule et se détache bien des parois mais qu'elle laisse un « voile » sur le fond de la casserole).

  • Transvasez la pâte dans le bol et ajoutes les œufs un à un en mélangeant bien au fouet entre chaque.

  • Si vous avez, remplissez une poche à douille avec la pâte à choux, puis pochez de petits choux (maximum 4 cm) sur une plaque couverte de papier sulfurisé (conseil de Loukoum°°° que je reprends à mon compte : dessinez les choux sur le papier avant de pocher).

    Sinon, vous pouvez (je l'ai fait au début) utilisez une cuillère à café pour former des boules, puis votre doigt humidifié pour lisser la pâte.

    Veillez à bien espacer les choux.

  • Sortez le craquelin du congélateur et découpez-y des disques du diamètre des choux. Surmontez chaque chou d'un de ces disques.

choux2

  • Enfournez pour environ 20 min dans un four préchauffé à 170°C. N'ouvrez pas le four avant la fin de la cuisson. Les choux doivent être bien dorés, presque bruns : sinon la crème de fourrage risque de les ramollir.

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06 juin 2014

De la beauté des cookies de supermarché

Elle leur a tendu une boîte de cookies.

Les deux hommes se roulaient une cigarette. Ils ne réclamaient rien, ne tendaient pas la main et n'avaient pas déposé de gobelet à leurs pieds. Ils s'acharnaient à envelopper six brins de tabac d'une feuille.
La jeune femme sortait juste de la rame de métro. Elle ne pouvait avoir prévu ni leur présence, ni son geste.

Pourtant, le mouvement de son bras était fluide, comme celui de l'homme qui tend l'arc.

Ils ont regardé la boîte, sans réagir. Je crois que la situation était si inattendue qu'ils n'ont pas compris. Ce moment d'immobilisme était beau. Parce que toutes les personnes impliquées avaient de belles pensées.

L'un a tendu la main et dit « Merci ». L'autre a remarqué : « Et avec un sourire en plus … ».
Attention, il ne l'a pas déclamé, comme certains, par automatisme et avec un peu de calcul. Il était juste content (sans que ce mot ait la moindre connotation négative). Content de ce joli geste, content de pouvoir manger des cookies, content de ce moment assez parfait.

(J'ai rarement pensé qu'une boîte de cookies industriels pouvait être si belle).

bananemasc

Cette recette peut, au choix, accompagner une journée parfaite; ou redresser une journée loin de l'être. Deux bananes se mourraient dans ma cave. Je mourrais d'envie d'entamer le pot de mascarpone (ce crémeux me faisait envie, à un point ...). J'ai attrapé au vol une gousse de vanille.

Pour 8 entremets "Dômes tout-confort"

(Moules en demi-sphères de 8 cm de diamètre)

  • 125 g de mascarpone

  • 150 g de crème liquide entière

  • ½ gousse de vanille

  • 3 càs de lait

  • 1 feuille de gélatine

  • 30 g de sucre

Pour la purée de banane

  • 2 bananes (200 g)

  • 1 càs de sucre

  • ½ gousse de vanille

  • 1 pincée de cannelle

  • 1 càs de jus de citron

Modus Operandi:

  • Faites ramollir la gélatine dans un bol d'eau froide (10 min)

  • Fendez en deux et grattez la gousse de vanille. Fouetter le mascarpone avec le sucre et les grains de vanille.

  • Faites chauffer le lait, sans le faire bouillir, et dissolvez-y la gélatine. Ajoutez ce mélange au mascarpone.

  • Monter la crème en chantilly assez ferme et ajoutez-la en deux fois au mascarpone.

  • Pelez les bananes et écrasez les à la fourchette avec le sucre, le citron, la vanille et la cannelle.

  • Tapissez les moules de mousse au mascarpone. Déposez une bonne càs de purée de banane au centre, recouvrez de mousse et lissez à la spatule.

  • Placez au congélateur le temps que la mousse prenne (au moins 2 heures). Démoulez délicatement en passant rapidement le moule sous l'eau chaude.

  • Laissez décongeler en douceur au frigo; 1 à 2 heures.

  • Râpez quelques copeaux de chocolat ...

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21 mai 2014

Tomber – Marcher

Les ordinateurs de la bibliothèque du collège avaient été vidés de tous les jeux. Seuls restaient quelques logiciels éducatifs. L'un d'eux, une histoire de JO sur la lune selon mes souvenirs, expliquait le phénomène de la marche. Nous tombons à chaque pas. Plutôt, nous tombons si nous ne faisons pas le pas.

Si je m'arrêtais de marcher, je m'effondrais. Les stations de métro se succédaient dans l'ordre habituel, mais vues de l'extérieur. La plante des pieds en lambeaux, les jambes dures à hurler, le sac sciant l'épaule, j'avançais.

La fatigue du corps est un plaisir. Je ne sais plus quel protagoniste, dans je ne sais plus quel livre, explique qu'il monte un petit muret dans son jardin chaque soir. Ensuite, il le détruit. Cela lui permet de bien dormir.
Certains jours, la marche me permet de bien vivre (survivre).

biscuits

La marche et le sucre. Guère bavarde aujourd'hui. Pas envie de parler de cette – simplissime et juste bonne – recette de Martha Stewart. Sortez les ingrédients, mélangez, cuisez et offrez ça à vos collègues, moins grognons pour le coup.

Pour 22 biscuits

  • 25 g de sucre roux (cassonade ici)

  • 175 g de sucre blanc (150 g parce que moi je suis pas américaine)

    + QS pour saupoudrer

  • 115 g de beurre à t° ambiante (demi-sel pour moi, sinon une pincée de fleur de sel en plus)

  • 1 gros œuf

  • 1 càc de jus de citron

  • Le zeste finement râpé d'un citron

  • 1/2 càc de bicarbonate de soude (à défaut de la lavure chimique)

  • 2 10 g de farine

Pour ceux qui aiment les biscuits, pas forcément ceux qui aiment cuisiner

  • Mélangez au robot les sucres, le beurre et les zestes de citron à vitesse moyenne jusqu'à obtenir une texture crémeuse. (Où à la fourchette puis spatule avec beaucoup d'huile de coude.)

  • Incorporez l'œuf et le jus de citron.

  • Ajoutez progressivement la farine et le bicarbonate (et le sel, si votre beurre est doux).

  • Prélevez des boules de pâte (je ne sais plus … une groooosse càc disons) et disposez-les en quinconce, bien espacées, sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.

  • Applatissez-les légèrement et les saupoudrez de sucre cristallisé. Brossez la surface avec un pinceau humide et saupoudrez à nouveau de sucre cristallisé.

  • Enfournez pour 15 min dans un four préchauffé à 180°C.

  • Laissez tiédir 5 min avant de décoller les biscuits et de les laisser entièrement refroidir sur une grille.

(Ils se conservent 3 jours dans une boîte bien fermée … Je n'ai pas eu à essayer).

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15 mai 2014

Les utopies du réel

Je possède l'Irlande.

Des prairies vertes, pleines de moutons, surmontées d'un ciel plein de moutons. Ils viennent des publicités de l'Office de tourisme.
Des musiques aux airs bretonnisants (eux disent que ce coin de la France a une allure irlandaise). Ils sortent de quelques CDs de musique celtique.
Des manoirs et des fantômes, avec un châtelain aussi mystérieux que séduisant. Ils sont nés dans les livre de ma bibliothèque d'enfant.

Nous avons l'étrange habitude de nous crée des sanctuaires imaginaires-réels. Nous situons nos utopies, les endroits qui n'existent nulle part, dans des lieux qui existent.
Dès lors, nous devons choisir.
Si je pars, je pourrais voir des bouts de certains bouts des extrémités de mon rêve. Une fois réels, ils deviendront souvenirs. Une fois souvenirs, ils deviendront trésor.
Si je reste, je suis pas déçue. Mon rêve reste inviolé. Ce trésor d'un autre genre est désincarné.

bb1

J'espère être du genre à partir.
Les recettes aussi, peuvent être des utopies. Le
bœuf bourguignon de Julia Child, je l'avais fantasmé. J'attendais le summum du fondant, le nirvana de la viande, le vin mis à l'honneur.
J'ai été un peu déçue. Le repas était bon. J'attendais le Walhalla. J'aurais des souvenirs terrestres.

(Merci Loukoum°°° de l'avoir mis à portée de main. Essayer les rêves, est déjà une jolie chose.)

(Je dois avouer m'être autorisée de grosses modifications. Desquelles découle peut-être la déception. Mais personne dans la famille n'aimant le lard fumé, je l'ai omis. De même pour les oignons grelots, que j'adore mais n'avais pas.)

Pour 6 personnes selon Julia
Au moins 8 selon moi

  • 1,4 kg de bœuf (demandez à votre boucher)

  • 1 carotte

  • 1 oignon

  • Sel, poivre

  • 2 càs de farine

  • 1 bouteille de vin rouge (du Bordeaux, cela m'a semblé logique)

  • 500 à 700mL de bouillon de bœuf

  • 1 cuillère à soupe de concentré de tomates

  • 2 gousses d’ail

  • 2 pincées de thym

  • 1 feuille de laurier

  • Persil plat

  • 500g de champignons de paris frais (Je n'en avais que la moitié)

  • 4 càs de beurre

  • 2 càs d’huile d’olive

Recette à prévoir (2-3 heures de cuisson)

  • Pelez la carotte et coupez la en biseaux.

    Pelez l'oignon et émincez-le. Faites de même avec l'ail.

  • Découpez la viande en cube de 5 centimètres de côté. Séchez les morceaux à l'aide de papier absorbant pour les aider à dorer.

  • Préchauffez le four à 220°C.

  • Faites revenir les morceaux de bœuf dans une grosse cocotte en fonte avec un peu d'huile d'olive. Faites-les dorer sur toutes les faces. Réservez hors de la cocotte.

  • Faites-y revenir la carotte et l’oignon. Ajoutez la viande, saler et poivrer.

  • Saupoudrez avec la farine et mélangez pour la répartir uniformément.

  • Enfourner la cocotte (sans couvercle) pour 4 minutes.

  • Mélangez et remettez au four 4 minutes. Cela doit permettre de recouvrir la viande d’une fine couche croustillante. Retirer la cocotte du feu et réduire le thermostat à 120°C.

  • Ajoutez le vin, le concentré de tomates, l’ail, le thym, le laurier et et assez de bouillon pour recouvrir la viande. Mélangez.

  • Sur feu moyen à vif portez à ébullition, couvrez la cocotte et faites cuire 2 h 30 à 3 h dans le four à 120°C. Vérifiez durant la cuisson : la viande doit doucement mijoter et être totalement tendre en fin de cuisson.

  • Rajoutez du bouillon si besoin.

  • Pendant ce temps faites-fondre le beurre et l’huile dans une poêle sur feu vif. Lorsque l’écume issue du beurre diminue, ajoutez les champignons. Cuisez 5 minutes en mélangeants à la cuillère en bois. Les champignons vont absorber la graisse avant de dorer. Retirer du feu lorsqu'ils commencent à dorer.

  • Une fois la viande cuite, passez le contenu de la cocotte dans une passoire afin de récupérer la sauce dans une casserole et la viande et la garniture dans la passoire.
    Dégraissez la sauce si nécessaire puis faites mijoter quelques minutes afin de la faire un peu épaissir; Elle doit un peu napper le dos d’une cuillère en bois. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement.

    Ma sauce avait une consistance que je trouvais sympathique, et j'avais peur d'abimer la viande. J'ai donc passé cette étape.

  • Remettez la viande et la garniture dans la cocotte, ajoutez les champignons puis la sauce, mélangez.

  • Couvrez la cocotte et faites mijoter 2-3 minutes en mélangeant. Parsemez de persil plat juste avant de servir

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08 mai 2014

De Picsou magazine au livre Kei

Je lisais Picsou Magazine tous les mois.

La scène débutait un mercredi, peu après le déjeuner. Quelques soupirs, un regard amorphe et parfois un ou deux légers geignements. Puis l'une de nous prononçait la phrase : « Je m'ennuie ». Ma grand-mère n'était pas dupe. Et nous étions mauvaises actrices. Mais elle proposait toujours : « Vous voulez aller chez B. ? » Et les poches lestées de menue monnaie, nous allions chercher notre pitance de BD chez la marchande de journaux.

L'ennui de l'enfance était si plaisant. Il se comblait d'un rien. Cette vaste plaine était morne, mais dans le bon sens du terme. Comme l'est une prairie enluminée de vert.
Je crains l'ennui plus que tout. Cet ennui de fille-en-construction, vertical et froid. Un mur. Je le fuis avec une vigueur extraordinaire.
La cuisine était une solution. Une occupation, prenante, mais reposante. Dans cette ville/vide je ne parviens qu'à m'agiter. Comme un animal qui s'ébroue, j'essaie de faire tomber l'ennui de ma peau. Cette frénésie me vide de mes forces.

kei1

En vacances, je n'arrête jamais. Mais chacun de mes gestes vise le calme.

Je prépare le repas du soir en écoutant la radio, une voix grave lisant une œuvre de théâtre.

Ceci est une de mes très belles réminiscences.

Les réveillons sont pensés des semaines à l'avance. Réfléchir à ces repas est une parenthèse de plaisir que je m'accorde
Le 24 à minuit, nous avons dégusté un foie gras avec des accompagnements « façon Kei », aux mûres et à l'amande.
Ma recette était
très adaptée de celle de Kei Kobayashi. Je l'avais vu en avant-première et avais une sorte de fierté à posséder ce savoir. (Pour la première fois, mon nom est dans un livre, Kei ©, à côté de ceux du chef, de l'auteur Chihiro Masui et du photographe Richard Haughton).

Les mûres restantes avaient été utilisés dans cette salade. (Et du côté de Kei, j'avais aussi osé ce risotto).

  • Foie gras de canard, quantité à votre convenance

Pour les mûrs marinées :

  • 100 g de mûres fraîches, environ 150 g congelées (en hiver, la mûre se fait rare)

Si elles sont congelées, préparer la marinade avec les fruits encore bien froides

  • 15 cl de vin rouge

  • 4 cl de vinaigre de Xérès (ayant omis d'en acheter, j'ai remplacé par du mirin)

  • 7,5 cl d'eau

  • 25 g de sucre

  • 4 cl d'Amaretto

  • 3,5 g de mignonette de poivre noir

Préparez la marinade en mélangeant tous les ingrédients, hormis le poivre et l'Amaretto. A la première ébullition, ôtez la casserole du feu et ajoutez poivre et alcool. Laissez refroidir, ajoutez les mûres coupées en deux et laissez reposer 24 h au frigo.

Pour la purée d'amande

  • 12,5 cl de lait d'amande

  • 1,5 g d'agar-agar

  • 1 feuille de gélatine (2g)

Faites bouillir le lait d'amande avec l'agar-agar dissous dans un petit peu de lait d'amande froid. Hors feu, laissez tiédir et ajoutez la gélatine ramollie (10 min dans un bol d'eau froide). Remuez pour dissoudre. Laissez prendre au frais puis mixez.

Pour le condiment de fruits rouges

  • 150 g de fruits rouges (normalement seulement des mûres, mais il m'en manquait).

    (200 g si congelés)

  • 2,5 cl d'eau

  • 15 g de sucre

  • Vinaigre balsamique

  • Jus de citron

Faites bouillir les mûres dans un sirop réalisé avec l'eau et le sucre. Mixez, passez au chinois étamine et faites réduire pour obtenir un liquide épais, comme un coulis. Assaisonnez avec le vinaigre balsamique et le jus de citron.

 

photographies©Richard Haughton

Évidemment, le chef fait mieux et plus : une poudre croquante au café, des pousses et des fleurs ornent sa – magnifique, j'ai honte – assiette.

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28 avril 2014

Flamme

Un cierge brûle pour moi dans une église toscane. Cette idée est agréable.

Je ne suis pas croyante. J'ai cessé de supposer qu'un Dieu pouvait exister à l'âge de dix ans.
Jusque là j'appréciais les jolies histoires de la Bible.

« Mais alors, dit Alice, si le monde n'a absolument aucun sens,
qui nous empêche d'en inventer un
? » (Lewis Caroll)

L'idée de Dieu me plaisait. Je l'ai adopté un court moment. Et je crois encore. Dans les nains qui creusent inlassablement la terre et y réveillent des créatures d'ombres et de feu. Dans les Très Anciens et Grands Anciens, les images ignobles de Yog-Sottoth et de Cthuluh. Dans Poudlard et le Ministère de la Magie.

Pas en une divinité quelconque. Je n'arrive – rationnellement – pas à l'envisager. Je n'arrive – émotionnellement – pas à l'accepter. Les grands livres le disent omniprésent, omniscient, omnipotent. Ils le disent bon. Je regarde autour de moi et cela n'a aucun sens.

Pourtant j'aime ce cierge. Je vois la beauté du geste, de la main qui l'allume. Je ferme les yeux et m'imagine être cette petite flamme. Je vacille dans un monde paisible.

cake1

Finalement ce cierge était un cadeau. De eux vers moi. Alors j'ai eu envie de me souvenir de ce gâteau. Un autre cadeau, de moi vers eux (même si je l'ai cuisiné d'abord pour me faire plaisir).

Ce « cake » - très revisité – à la pistache est une création de Jérome Chaucesse, chef pâtissier au Crillon. J'ai trouvé la recette ici, que j'ai suivi à la virgule. Hormis pour le confit à la framboise, allègrement remplacé par la gelée groseille-framboise de ma grand-mère.

Pour un cake de 20 cm de long :

  • 100 g de beurre pommade

  • 120 g de poudre d'amandes

  • 95 g de sucre glace

  • 60 g de pâte de pistache

  • 3 oeufs

  • Gelée de fruits rouges ou le confit de J. Chaucesse (voir ici)

Tout simplement :

  • Mélangez tous les ingrédients – sauf la gelée – au batteur électrique (au mieux : dans la cuve d'un robot avec le fouet « plat », aussi appelée feuille). Incorporez les œufs un à un en mélangeant bien entre chaque.

  • Étalez la préparation sur une plaque à pâtisserie couverte de papier sulfurisé. Faites cuire 20 à 30 min (selon votre four) dans un four préchauffé à 180°C.

  • Laissez refroidir sur une grille et décollez délicatement le biscuit.

  • Lorsqu'il est froid, découpez le biscuit en 5 bandes égales (et mangez les chutes, privilège du pâtissier !)

  • Étalez la gelée sur 4 bandes et superposez-les, en finissant par la bande « nature ».

    Réfrigérez une heure ou plus et égalisez les bords si nécessaire.

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