Les mots d'essence

21 août 2014

Les revenants

D'autres humains existent. J'avais oublié.
Deux mois loin d'eux. Deux mois à ne parler qu'à mes plus proches. Deux mois à ne voir le grand méchant monde que de loin. Je l'ai vu mourir à la télé, entendu vociférer à la radio, lu ses pleurs dans le journal.
Ceux qui vivent ainsi en viennent à croire que tout, autour, est mauvais.
Les gens font la guerre, tombent malades, se haïssent, s'appauvrissent.

Et puis ils sont là, aussi. Dans le métro, ils savourent le début de soirée en fermant les yeux à demi. Devant le centre commercial, ils font le pied de grue en attendant des amis-et-plus-si-affinités. Dans les bureaux, ils s'interrompent pour un café, appeler leurs enfants ou envoyer des mails rageurs à des administrations obstinées. Ils ne sont pas tous beaux, ou pas très beaux. Mais ils existent. Ils mangent, boivent, dorment, bougent, sans s'agiter outre mesure.

Riez si vous voulez, mais cette vision m'apaise autant qu'un carré de chocolat, qu'une tasse de thé dans le silence. Presque autant que les bras d'un être cher.

aubtâm

Presque autant, aussi, qu'un plat réussi, qui plaît autant qu'il étonne. Je crois que nous sommes quelques uns à avoir cuisiné les aubergines à la façon de Miss Tâm. Les autres je ne sais pas, mais moi j'ai aimé.

Ces aubergines ne se ressemblent pas, tant le carcan – mental – de la moussaka, de la ratatouille ou de la parmigiana a explosé. Cuites à la vapeur, pas grasses, servies froides mais relevées par le piment et le gingembre …

Ah bon, c'est aussi ça, une aubergine

Les aubergines de Miss Tâm et un peu de moi; pour 3 (mais avec d'autres choses sur la table)
(cà tím hấp nước mắm gừng en v.o)

  • 3 aubergines

  • 5 cm de gingembre frais

  • 2 gousses d'ail

  • piment rouge frais (à votre goût; j'en ai égréné et émincé un petit)

  • Ciboulette (beaucoup)

  • 2 càs de nuoc-mam

  • 2càs de cassonade

  • 1 càs d'eau

Modus operandi

  • Laver et peler les aubergines. Les couper en tronçons de 5 cm de long, puis chaque tronçon en 4.

  • Faire tremper les aubergines dans de l'eau salée pendant 10 à 15 min. Bien les égoutter.

  • Cuire les aubergines à la vaeur (bêtement dans un panier vapeur sur une casserole d'eau bouillante pour moi) pendant environ 15 min.

  • Pendant ce temps, peler et couper le gingembre en fines tranches. Le piler avec l'ail grossièrement haché pour obtenir une sorte de pâte.

    Ajouter le piment égrainé et émincé.

  • Dissoudre le sucre dans l'eau et le nuoc-mam et l'ajouter au mélange précédent.

  • Rincer et émincer la ciboulette.

  • Répartir les aubergines chaudes dans un plat et ajouter la sauce, puis la ciboulette. Laisser refroidir à température ambiante, puis placer au frais 1 à 2 heures, en mélangeant éventuellement durant ce laps de temps.

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09 août 2014

Ici, le soleil

Je n'ai jamais aimé la chaleur. Cette moiteur dense qui étouffe le sommeil. Cette empêcheuse de tourner en rond qui rend amorphe. Elle prive de tout intérêt les plus merveilleux moments.

Et j'ai grandi. Le chaud est devenu ambigu. Il est la brulure de l'eau d'un bain qui détend tous les muscles. Il est l'excuse à consommer goulument une glace – décadente.

Il est la sensation de la sueur qui coule en gouttes lourdes, des cheveux aux bras.

Marcher en été signifie s'emplir de soleil. La brûlure sur la peau progresse dans les muscles, consume les nerfs, et se loge jusqu'au cœur des os. Après plusieurs heures, la souffrance n'est même plus une douleur. Tout le corps est fondu dans cette sensation.

Jusqu'au moment parfait où je peux autoriser mes muscles à s'arrêter dans l'ombre d'une maison. J'ôte des chaussures devenues fers. Je bois la plus jouissive des boissons : l'eau des assoiffés.

cake 1

Les nourritures les plus délicieuses ont un moment. La figue juteuse ne se goûte bien qu'au pied des Pyrénées. Le petit gâteau en train de refroidir doit être mangé à quelques jours de Noël. La pêche se cueille sous l'arbre d'un jardin luxuriant. Le gâteau aussi simple que riche clôt une soirée entre amis.

Ce gâteau est un cake : beurre, sucre, fruits secs et confits. La recette de Gérard Mulot est – à mon sens – le summum. J'y ai mis tous les fruits que j'aime, et n'ai jamais été déçue. Seul défaut : elle se prépare sur deux jours …

Le cake aux fruits de Gérard Mulot :
(la recette originale est ici; ma version est ci-dessous)

  • 100 g de raisins blonds

  • 60 g de figues moelleuses

    (ou 160 g de raisins, mais j'aime – un peu – moins)

  • 150 g de beurre mou + un peu

  • 150 g de sucre glace

  • 3 œufs (150 g)

  • 250 g de farine + un peu

  • 6 g de levure chimique (½ sachet)

  • 60 g d'abricots secs (bio)

  • 20 g d'écorces d'orange confite

  • 20 g d'écorces de citron confite

  • 1 citron (zeste; fac.)

  • Cointreau (je n'aime pas le rhum, voyez-vous ...)

La veille :

  • Mettre les fruits (coupés en petits dés) dans un bol et couvrir d'alcool (ou d'un mélange alcool/ eau, je fais généralement 2/3 alcool et 1/3 eau)

  • Au bout d'une heure, prélever la moitié des fruits. Filmer le bol et placer le reste au frigo.

  • Fouetter la moitié du beurre mou avec la moitié du sucre pour obtenir une texture crémeuse.

  • Ajouter 2 oeufs, éventuellement le zeste. Mélanger bien. Tamiser la moitié de la farine tamisée avec la moitié de la levure et les incorporer au mélange précédent. Ajouter enfin la moitié des fruits macérés (et égouttés) et mélanger jusqu'à ce que la pâte soit homogène. Filmer et placer au frigo jusqu'au lendemain.

Le jour J :

  • Sortir la première pâte du frigo. Préparer la seconde moitié de la pâte de la même façon que la première. Conserver précieusement l'alcool de trempage des fruits.

  • Beurrer et fariner un moule de 25 cm de long.

  • Mélanger intimement les deux pâtes puis verser le tout dans un moule.

  • Enfourner pour 40 à 50 minutes dans un four préchauffé à 160°C (couvrir d'aluminium si le dessus dore trop). La pointe d'un couteau doit ressortir sèche.

  • Verser l'alcool de trempage des fruits sur le cake dès sa sortie du four. Laisser refroidir puis démouler.

cake 2

 

(Conservation parfaite, trois jours, dans du papier film).

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03 août 2014

Des escargots et du cacao

J'avais découvert le pré sur lequel j'ouvre ma fenêtre chaque matin. Puis j'ai vu les étoiles dans le ciel. Récemment j'ai senti l'odeur des jardin (trop) fleuris du village.

À chacun de mes retours en province je mets le doigt sur un manque.

Les premières fois, je regrettais le métro juste en bas de chez moi et les musées presque au coin de la rue. Et sont apparues ces choses, qui n'existent pas dans la plus-que-ville que j'habite. Des choses qui m'ont toujours habitées. Des choses qui sur le moment, et heureusement parfois pour ce seul moment, deviennent essentielles.

Il y a quelques semaines, j'ai entendu l'orage.

L'orage est de la même famille que les plus grandes musiques symphoniques, ou que certains chœurs graves. Il est puissant et roule dans les os. Il n'existe pas en ville. Il ne se déploie qu'ici (ou dans d'autres ici). Dans la salle de concert qui lui convient le mieux : l'espace.

Il y a deux jours, j'ai admiré les escargots qui sortent après la pluie.

Les escargots n'ont rien de joli; et le jardin était surtout humide. Mais cet ensemble, l'escargot-après-la-pluie, que c'est beau.

pain

Et puis aussi la large cuisine, toute vide, et l'étalage de confitures de saison (figues, pêches et un étrange concombre-pomme). Et puis un pain au cacao, tout doux, avec des pépites de chocolat bien amères. Le tout avec quelques lignes d'un livre d'enfant ou les cases d'un manga de mon adolescence.

Je suis partie de cette recette de Garance mais je l'ai transformé façon pain de mie. (Parce que j'aime les petits-déjeuners moelleux et franchement régressifs).

Pour un joli pain :

  • 5 g de levure fraîche

  • 75 g de farine de gruau (à défaut T45)

  • 100 ml d'eau tiède



  • 175 g de farine de gruau (à défaut T45)

  • 2 g de levure fraîche

  • 1,5 càs de cacao amer

  • 20 g de cassonade

  • 50 ml de ait

  • 25 g de beurre mou

  • ½ càc de sel

  • 1 belle poignée de pépites de chocolat

La veille ; réaliser la poolish :

  • Mélanger à la cuillère les 75 g de farine avec l'eau et les 5 g de levure jusqu'à obtenir un mélange homogène.

    Couvrir d'un film plastique et placer au frigo 12 à 15 h.

Le jour même :

  • Verser la poolish dans le bol du robot (ou un large bol pour pétrir à la main). Ajouter la farine, le cacao le sucre, le lait tiède et les 2 g de levure émiettés.

    Mélanger juste pour amalgamer et ajouter le sel. Pétrir 5 min à vitesse lente.

  • Ajouter le beurre mou petit à petit et pétrir longuement, au moins 10 min. Lorsque la pâte est bien lisse, élastique et homogène, ajouter les pépites et pétrir juste un peu, pour bien les répartir.

  • Former une boule, la placer dans un bol et couvrir d'un torchon humide. Laisser gonfler jusqu'à ce que la pâte double de volume (2 à 3 h; plus ou moins selon la température et l'humidité).

  • Rompre la pâte de la paume de la main et la rabattre, c'est à dire la replier plusieurs fois sur elle-même (sans trop la brusquer).

  • Bouler à nouveau et la placer, clé (endroit de la « soudure » de la boule) en bas, dans une cocotte en fonte. Faire lever dans la cocotte fermée environ 1 h 30.

  • Faire des entailles (couteau bien aiguisé ou lame de rasoir) sur 1 cm de profondeur (oubliées ici).

  • Enfourner la cocotte dans le four froid, l'allumer à 220°C et cuire environ 30 min.

pain1

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18 juillet 2014

Traître

La scène était terrible. Durant les heures qui l'ont précédée, le monde était normal – et Dieu sait qu'il l'est rarement.
La carte du restaurant, les petites phrases assassines, les affiches devant le ciné et les ragots entre personnes qui se sont un peu perdues de vue : tout était prévisible, prévu, et bienvenu.

Et là, trahison.
Nous discutions, avachis dans d'atroces canapés rouges. Cette personne s'est levée, lentement, comme en s'excusant, et a accompli son terrible forfait. En une fraction de la plus petite fraction de temps envisageable, tout était fini. Le monde s'était arrêté. Il ne redémarrerait plus.

Plusieurs – affreusement longues – minutes plus tard, j'ai pris la vraie mesure de cette trahison. Je me suis réveillée, empêtrée dans une couette moite, l'esprit plus empêtré et moite encore. J'ai saisi mon téléphone pour envoyer un message de haine et d'incompréhension à cette personne. Puis j'ai réalisé.

Qu'est-ce qui m'est passé par la tête ? Un rêve, oui, bien sûr, mais pourquoi ? Une raison a poussé mon esprit a me faire croire à l'anéantissement. Je me suis trahie. Je me suis terrifiée d'une façon des plus ignobles.

Depuis deux jours, je sais qu'une partie de moi a déclaré la guerre à l'autre.
Et je me suis mise à la recherche des ces miettes de gémellité qui font les liens.

muffincourg

D'où cette recette réalisée pour la recherche menée avec H. : celle du Muffin (l'esprit du muffin, son essence, d'où la majuscule). Ils sont au chocolat, avec une pointe de courgette … Ce légume ne confère aucun goût mais beaucoup de mœllesse (néologisme personnel, et définition du muffin parfait) à ces gâteaux.

(La recette est celle de Silvia, à peine modifiée. Sachez que la plupart des gens demandent la recette après avoir goûté …).

 

Pour 6 mœllo-courgetto-chocolato muffins:

  • 150 à 170 g de courgette

    (mieux vaut un petite courgette, moins aqueuse, qu'un morceau d'une grande)

  • 50 de cassonade

  • 90 g de farine

  • ¼ sachet de levure chimique

  • 1 pincée de bicarbonate de soude (ou un chouïa plus de levure)

  • 50 g de chocolat noir

  • 30 g de beurre demi-sel (ou doux + une pincée de fleur de sel)

  • 1 œuf

  • 25 g d'amandes entières

  • 15 g d'écorce d'orange confite

  • 30 g de pépites de chocolat noir

Modus operandi

  • Sortir le beurre du frigo une heure à l'avance pour le faire ramollir.

  • Laver, râper et laisser dégorger la courgette dans une passoire.

  • Mélanger la farine, la levure et le bicarbonate.

  • Torréfier les amandes : les disposer sur une plaque couverte de papier sulfurisé et les enfourner 3 min dans un four à 180°C.

  • Faire fondre le chocolat (au bain-marie ou, avec précaution, au micro-onde).

  • Détailler l'orange confite en tout petits-petits dés.

  • Battre le beurre pommade avec le sucre. Ajouter l'œuf et mélanger.

  • Presser les courgettes entre les mains et les ajouter. Incorporer ensuite la farine, puis le chocolat.

  • Compléter avec les amandes concassées, les pépites et l'orange confite.

  • Remplir aux ¾ des moules à muffins et enfourner 20 à 25 min dans un four préchauffé à 180°C.

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09 juillet 2014

Statistique (inutile)

Les dessinateurs gribouillaient dans les marges de leurs cahiers d'écoliers. Les écrivains racontaient leurs problèmes d'adolescents boutonneux dans leur journal intime, ou leur blog. Les réalisateurs dépensaient tout leur argent de poche en places de ciné.

Tous les grands créateurs semblent avoir suivi un chemin. Avoir un destin.

Mais moi aussi, je gribouillais, à l'école. J'ai noirci des feuilles volantes et je suis allée au cinéma.
J'ai eu ces envies de créer.

Le monde semble froid, de ce froid-bleu-vide qui demande à être rempli. Des jeunes gens s'agitent, rient, parlent fort et n'écoutent rien. Un esprit très ancien semble avoir remplacé le mien. Et je veux engendrer de la beauté. Être mère, mais surtout pas d'un humain, d'une chose harmonieuse et marquante.

En toute sincérité, ceci vient moins d'une envie de faire que d'une envie d'être. Un Français sur trois veut écrire. Les autres veulent surement peindre, sculpter ou chanter … Que deviennent eux qui échouent (comme moi) ?

cp2

Moi, justement, parfois, je parviens à faire la cuisine. Quand je me saisis du citron confit pour une recette italienne. Et quand les dégustants, tout étonnés, trouvent ça bon. Je me suis basée sur la recette d'Edda, et je l'ai tournée selon mon envie.

Courgettes farcies au poisson (pour 3) :

  • 3 petites courgettes; longues

  • 300 g de filets de poisson blanc (cabillaud)

  • 4 feuilles de menthe

    (après réflexion, ajouter de la coriandre serait surement goûteux)

  • 1 gousse d'ail

  • Huile d'olive vierge

  • Sel, poivre

  • 9 olives violettes

  • Un peu de citron confit

(Toujours après réflexion, il faudrait ajouter un peu de chapelure à la farce pour l'assécher)

Modus operandi:

  • Mixer ensemble le poisson, les herbes, l'ail (et la chapelure, éventuellement). Ajouter de l'huile d'olive, saler, poivrer.

    Couper les olives en petits morceaux et le citron confit en tout-tout petits dés.

  • Couper en deux les courgettes et les évider à la petites cuillère (les parois doivent être de ½ cm d'épaisseur au maximum).

  • Faites blanchir les courgettes 5 min dans une grande casserole d'eau salée.

  • Égoutter les courgettes, faites les refroidir sur un papier absorbant.

  • Remplir les courgettes de farce et enfourner pour 15 min dans un four préchauffé à 200°C.

À savourer tiède.

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01 juillet 2014

Je suis seule à combler le silence.

L'écran haï est noir depuis deux jours. L'appartement est vide. De la musique sans images y résonne. Ces murs ont du entendre pour la première fois l'histoire du Milord ou celle du Gorille. Et tant pis pour les voisins : je mets beaucoup de bonne volonté à leur en apprendre les paroles.

Ce silence – l'absence des bruits agaçants – durera cinq jours. Pas trop, pas trop peu, pour se sentir seule juste comme il faut. Ce lieu, pour la première fois, me semble amical. Il était parfois ennemi, une prison, parfois neutre, un hôtel. Il a rarement été une maison (même si ces derniers temps, l'ambiance était bien meilleure – merci le foot).

Mon corps y bouge différemment. Il se délasse et s'étire en tout sens. Je me sens chat ronronnant ou plutôt herbe placide sous le soleil. L'été aidant, je redécouvre le plaisir des pieds nus contre un parquet froid. De la gorgée de lait bue au goulot devant le frigo. De la fringale-avec-pot-de-glace devant la télé. Je me permets ces petites gestes que l'on ose que face à sa propre compréhension.

rizkimchi

Oui, photo laide. J'ai éventré la chose avant de goûter et de me dire que si je ne partageais pas cette recette, je pouvais aussi bien fermer immédiatement le blog. Et les fois suivantes, j'ai refusé de laisser refroidir mon bol ...

Je retrouve mes plats-bizarres de solitaire.

Et mon riz sauté au kimchi. Ce riz est celui de ma première année parisienne. Des retours du boulot si fatiguée qu'on ne sait plus si on est contente ou non. J'ai adopté la recette de Letitia dés que je l'ai vue, et le pot de kimchi ne quitte plus mon frigo.

Pour une personne et son bol :

  • Un bol de riz cuit (du riz jasmin, mon préféré)

  • 2 càs de kimchi (selon votre goût)

  • ½ oignon

    (Variante personnelle : oignon et un peu de chou blanc; on diminue alors la dose de riz)

  • 1 càc rase de sucre

  • 1 œuf

  • Du sel

  • Et puis c'est tout

Modus operandi

  • Émincez finement l'oignon (et le chou). Faites-éventuellement de même avec les morceaux de légumes du kimchi, s'ils vous semblent gros.

  • Faites-les rissoler dans un peu d'huile, en salant, jusqu'à ce qu'ils soient translucides mais un peu dorés (à peine).

  • Ajoutez le kimchi et le sucre, faites revenir 1 min.

    Ajoutez le riz, mélangez bien pour obtenir un mélange homogène. Couvrez et gardez au chaud.

  • Faites votre œuf au plat et salez-le.

  • Versez le riz dans un bol et (étape la plus délicate), recouvrez avec l'œuf.

    Et là, faites comme vous le sentez.

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22 juin 2014

La religion; au musée

Les passants s'engouffrent dans les entrailles du Louvre. Ils ne ressemblent pas à des marcheurs en quête d'une oasis. Ils sont pressés, avides de consommer, et un peu laids. Même les plus belles touristes, Espagnoles, Russes ou Japonaises y perdent leur élégance. Ils sont à Paris et doivent donc aller au Louvre.

Mais ce lieu est un cas à part. Le Louvre absorbe/accepte tout et tous, dans ses larges couloirs. Il est semblable au monstre d'un vieux film de science-fiction, qui engloutit sans peine des vaisseaux spatiaux. Même le dimanche, chacun peut s'y croiser sans se gêner. Ce musée est une ville vivante, dont l'atmosphère oscille entre celle d'une mégalopole grouillante et d'une cathédrale solennelle.

Les visiteurs viennent s'y recueillir. Différentes religions y cohabitent sans heurts, de l'esthète pur-et-dur adepte du quattrocento italien; au Chinois qui mitraillera la Joconde.

J'avoue une préférence pour les couples, trentenaires ou sexagénaires peu importe, qui regardent un tableau en silence. Leurs têtes sont légèrement penchées. Ils sont juste heureux du moment à deux. (Parfois ils ont juste ami(e)s. C'est beau aussi).

salade verte

 

J'imagine la suite de leur journée. Ils rentrent chez eux et ils partagent un apéritif puis un dîner léger. Sur la table, un gros pain de campagne, à la croûte chantante, et un fromage frais amélioré. Plusieurs salades – composées mais simples. Parmi elles, une petite salade toute verte/verte inspirée de celle-ci (après, elle a dévié)

Pour une salade d'accompagnement à deux, un repas léger en solitaire:

  • 4 belles poignées de mâche

  • 100 g de haricots coco

  • 2 poignées de petits pois (écossés)

  • 2 càs de petits pois au wasabi

Pour la vinaigrette:

  • 2 càs d'huile d'olive fruitée verte

  • 1 càs de vinaigre de riz

  • 3 pointes de couteau de pâte de wasabi

  • Sel

Juste :

  • Faites cuire les haricots dans une grande casserole d'eau bouillante salée. Ils doivent rester bien croquants. Plongez-les dans l'eau glacée pour stopper la cuisson.

    Égouttez les haricots et coupez-les en tronçons de 2 à 3 cm.

  • Pour les petits pois, vous pouvez les cuire très-très rapidement ou, comme moi, les garder crus.

  • Lavez soigneusement la mâche.

  • Assemblez tous ces légumes dans un grand saladier. Ajoutez les petits pois au wasabi.

    Mélangez tous les ingrédients pour la vinaigrette. Laissez chacun se servir et arroser sa sauce comme il le sent.

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14 juin 2014

Un aveu (et un deuxième)

Il croit que notre histoire a commencé dans un bus.
Il se trompe de plusieurs heures. J'ai planifié notre rencontre durant ce laps de temps.
Il s'était levé devant toute l'assistance. Il défendait son point de vue et son pendentif Peace & Love s'agitait. Ses cheveux étaient excessivement longs. Dans mon collège, il se serait fait lapidé – à coups de mots si ce n'est de pierres. Il (m')était improbable. Alors je l'ai voulu.
J'ai réussi à m'asseoir près de lui. Et j'ai tenté d'attirer son attention. Quelques paroles, une ou deux blagues idiotes, une adresse mail offerte avec un espoir qu'il n'a jamais su.

Nous ne nous sommes pas parlé, puis nous nous sommes parlé. Nous ne nous sommes plus parlé, puis nous nous sommes reparlé. Nous nous sommes tout fait : des coups de salaud (surtout lui), et de vrais cadeaux (surtout lui aussi.)
Et puis nous nous sommes éloignés. Toutes ces amitiés d'enfant finissent avec deux chemins distincts. Et avec des liens qui ne sont plus que la nostalgie de deux personnes qui, en fait, sont mortes.
Nous n'avons jamais fait les mêmes choix. Nous n'avons jamais eu les mêmes expériences. Nous n'avons jamais mené la même vie

Mais nous est resté. Parce nous croit aux mêmes choses – comme une religion sans dogme, d'une chapelle à deux personnes.
Il est resté. Et il m'a donné le plus joli des surnoms. Je ne l'ai divulgué à personne. Je ne l'ai jamais prononcé à haute voix. J'ai peur de l'abîmer.

Parce que tu dis et écris ce mot, et pas seulement : merci.
Parce que je n'ai jamais compris pourquoi le verbe aimer n'était pas utilisé pour l'amitié :
je t'aime, J.

choux1

Parce que je sais bien dire l'amour par la cuisine, je t'offre encore une fois les choux que tu avais aimé. Je crois que j'y avais mis cette crème à la pistache

(La recette, de Christophe Felder, est aussi parfaite nature, façon chouquette. Elle est passée ici et , avant d'atterrir chez nous).

Pour 16 à 18 pièces

Pour les choux

  • 75 g de lait

  • 50 g d'eau

  • 2 g de sel

  • 40 g de beurre

  • ½ càs de sucre

  • 75 g de farine

  • 2 œufs (ou plus si besoin ! Cela dépend des œufs …)

Pour le craquelin (qui permet au chou de rester bien rond, et le rend bien gourmand)

  • 38 g de beurre

  • 45 g de cassonade

  • 45 g de farine

Modus Operandi :

  • Commencez par réaliser le craquelin en mélangeant le beurre pommade avec la cassonade et la farine. Mélangez jusqu'à obtention d'une pâte homogène.

    Étalez-la (entre deux feuilles de film alimentaire c'est plus simple) sur deux à trois mm d'épaisseur. Puis placez le tout au congélateur.

  • Pour la pâte à choux, faites bouillir l'eau avec le lait, le sel, le beurre et le sucre. Au premier bouillon, ajouter la farine en une fois, hors du feu.

    Remettez la casserole sur le feu et mélangez pour asséchez la pâte (j'arrête lorsque la pâte forme une boule et se détache bien des parois mais qu'elle laisse un « voile » sur le fond de la casserole).

  • Transvasez la pâte dans le bol et ajoutes les œufs un à un en mélangeant bien au fouet entre chaque.

  • Si vous avez, remplissez une poche à douille avec la pâte à choux, puis pochez de petits choux (maximum 4 cm) sur une plaque couverte de papier sulfurisé (conseil de Loukoum°°° que je reprends à mon compte : dessinez les choux sur le papier avant de pocher).

    Sinon, vous pouvez (je l'ai fait au début) utilisez une cuillère à café pour former des boules, puis votre doigt humidifié pour lisser la pâte.

    Veillez à bien espacer les choux.

  • Sortez le craquelin du congélateur et découpez-y des disques du diamètre des choux. Surmontez chaque chou d'un de ces disques.

choux2

  • Enfournez pour environ 20 min dans un four préchauffé à 170°C. N'ouvrez pas le four avant la fin de la cuisson. Les choux doivent être bien dorés, presque bruns : sinon la crème de fourrage risque de les ramollir.

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06 juin 2014

De la beauté des cookies de supermarché

Elle leur a tendu une boîte de cookies.

Les deux hommes se roulaient une cigarette. Ils ne réclamaient rien, ne tendaient pas la main et n'avaient pas déposé de gobelet à leurs pieds. Ils s'acharnaient à envelopper six brins de tabac d'une feuille.
La jeune femme sortait juste de la rame de métro. Elle ne pouvait avoir prévu ni leur présence, ni son geste.

Pourtant, le mouvement de son bras était fluide, comme celui de l'homme qui tend l'arc.

Ils ont regardé la boîte, sans réagir. Je crois que la situation était si inattendue qu'ils n'ont pas compris. Ce moment d'immobilisme était beau. Parce que toutes les personnes impliquées avaient de belles pensées.

L'un a tendu la main et dit « Merci ». L'autre a remarqué : « Et avec un sourire en plus … ».
Attention, il ne l'a pas déclamé, comme certains, par automatisme et avec un peu de calcul. Il était juste content (sans que ce mot ait la moindre connotation négative). Content de ce joli geste, content de pouvoir manger des cookies, content de ce moment assez parfait.

(J'ai rarement pensé qu'une boîte de cookies industriels pouvait être si belle).

bananemasc

Cette recette peut, au choix, accompagner une journée parfaite; ou redresser une journée loin de l'être. Deux bananes se mourraient dans ma cave. Je mourrais d'envie d'entamer le pot de mascarpone (ce crémeux me faisait envie, à un point ...). J'ai attrapé au vol une gousse de vanille.

Pour 8 entremets "Dômes tout-confort"

(Moules en demi-sphères de 8 cm de diamètre)

  • 125 g de mascarpone

  • 150 g de crème liquide entière

  • ½ gousse de vanille

  • 3 càs de lait

  • 1 feuille de gélatine

  • 30 g de sucre

Pour la purée de banane

  • 2 bananes (200 g)

  • 1 càs de sucre

  • ½ gousse de vanille

  • 1 pincée de cannelle

  • 1 càs de jus de citron

Modus Operandi:

  • Faites ramollir la gélatine dans un bol d'eau froide (10 min)

  • Fendez en deux et grattez la gousse de vanille. Fouetter le mascarpone avec le sucre et les grains de vanille.

  • Faites chauffer le lait, sans le faire bouillir, et dissolvez-y la gélatine. Ajoutez ce mélange au mascarpone.

  • Monter la crème en chantilly assez ferme et ajoutez-la en deux fois au mascarpone.

  • Pelez les bananes et écrasez les à la fourchette avec le sucre, le citron, la vanille et la cannelle.

  • Tapissez les moules de mousse au mascarpone. Déposez une bonne càs de purée de banane au centre, recouvrez de mousse et lissez à la spatule.

  • Placez au congélateur le temps que la mousse prenne (au moins 2 heures). Démoulez délicatement en passant rapidement le moule sous l'eau chaude.

  • Laissez décongeler en douceur au frigo; 1 à 2 heures.

  • Râpez quelques copeaux de chocolat ...

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21 mai 2014

Tomber – Marcher

Les ordinateurs de la bibliothèque du collège avaient été vidés de tous les jeux. Seuls restaient quelques logiciels éducatifs. L'un d'eux, une histoire de JO sur la lune selon mes souvenirs, expliquait le phénomène de la marche. Nous tombons à chaque pas. Plutôt, nous tombons si nous ne faisons pas le pas.

Si je m'arrêtais de marcher, je m'effondrais. Les stations de métro se succédaient dans l'ordre habituel, mais vues de l'extérieur. La plante des pieds en lambeaux, les jambes dures à hurler, le sac sciant l'épaule, j'avançais.

La fatigue du corps est un plaisir. Je ne sais plus quel protagoniste, dans je ne sais plus quel livre, explique qu'il monte un petit muret dans son jardin chaque soir. Ensuite, il le détruit. Cela lui permet de bien dormir.
Certains jours, la marche me permet de bien vivre (survivre).

biscuits

La marche et le sucre. Guère bavarde aujourd'hui. Pas envie de parler de cette – simplissime et juste bonne – recette de Martha Stewart. Sortez les ingrédients, mélangez, cuisez et offrez ça à vos collègues, moins grognons pour le coup.

Pour 22 biscuits

  • 25 g de sucre roux (cassonade ici)

  • 175 g de sucre blanc (150 g parce que moi je suis pas américaine)

    + QS pour saupoudrer

  • 115 g de beurre à t° ambiante (demi-sel pour moi, sinon une pincée de fleur de sel en plus)

  • 1 gros œuf

  • 1 càc de jus de citron

  • Le zeste finement râpé d'un citron

  • 1/2 càc de bicarbonate de soude (à défaut de la lavure chimique)

  • 2 10 g de farine

Pour ceux qui aiment les biscuits, pas forcément ceux qui aiment cuisiner

  • Mélangez au robot les sucres, le beurre et les zestes de citron à vitesse moyenne jusqu'à obtenir une texture crémeuse. (Où à la fourchette puis spatule avec beaucoup d'huile de coude.)

  • Incorporez l'œuf et le jus de citron.

  • Ajoutez progressivement la farine et le bicarbonate (et le sel, si votre beurre est doux).

  • Prélevez des boules de pâte (je ne sais plus … une groooosse càc disons) et disposez-les en quinconce, bien espacées, sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.

  • Applatissez-les légèrement et les saupoudrez de sucre cristallisé. Brossez la surface avec un pinceau humide et saupoudrez à nouveau de sucre cristallisé.

  • Enfournez pour 15 min dans un four préchauffé à 180°C.

  • Laissez tiédir 5 min avant de décoller les biscuits et de les laisser entièrement refroidir sur une grille.

(Ils se conservent 3 jours dans une boîte bien fermée … Je n'ai pas eu à essayer).

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