Les mots d'essence

27 août 2015

Les damnés de l'été

Le bronze est d'un noir mat, que le soleil d'août parvient à faire luire. Mais les rayons soulignent surtout la fine poussière qui souligne les reliefs des sculptures. Rodin a modelé des corps, humains à l'extrême. Ils sont donc très étranges. Les damnés grimpent le long de cette porte, et leurs lamentations sont presque audibles. La pellicule blanche qui les recouvre semble un ajout volontaire de l'artiste. Eux, condamnés à souffrir, sont également victimes de l'oubli des vivants.

Visiter ce jardin plein de corps en souffrance, dans la chaleur de l'été, donne d'étranges idées. L'expression d'un tel talent réjouit, alors que les sujets sont d'une indicible mélancolie. Et le sol est déjà noyé sous un petit tapis de feuilles ocres. Elles ploient sous les pieds, juste avant de craquer. Sont-ce des gémissements ?

tarte 1

Ces tartelettes sont clairement pour l'été. Lorsque le froid arrive, je préfère qu'une meringue très sucrée nappe une crème fondante. Mais aux beaux jours, ma tarte au citron préférée est plus dense, avec son appareil cuit, presque un clafoutis. Elle est très douce. Cette recette est celle du chef Sébastien Mahuet, récupérée dans le Régal n°60 ( lui fait une grande tarte : j'ai préféré des desserts individuels).

Tarte aux citrons « cuite »

6 personnes

Pour la pâte sablée

  • 250 g de farine

  • 140 g de beurre en pommade

  • 100 g de sucre glace

  • 2 œufs

  • 30 g de poudre d'amandes

  • 3 zestes de citron

  • Sel

Pour la crème au citron

  • 3 œufs

  • 125 g de sucre

  • 100 g de crème fraîche épaisse

  • 2 citrons (de Menton si possible)

Modus operandi

  • Pour la pâte : mélanger les œufs, le sucre, le sel et le beurre. Mélanger dans un autre bol la poudre d'amandes, les zestes et la farine. Assembler les deux mélanges dans un batteur, et faire travailler la machine juste assez pour obtenir une bâte homogène.

  • Étaler la pâte en une abaisse de 2 mm d'épaisseur. Foncer un moule (beurré ou couvert de papier sulfurisé), ajouter des poids de cuisson (ou des légumes secs) et faire cuire à blanc, 12 min dans un four préchauffé à 180°C. La pâte doit être juste colorée.

  • Pour la crème : fouetter les œufs, le sucre, le jus et les zestes des citrons pour obtenir un mélanger homogène.Ajouter la crème en mélangeant avec douceur. Laisser reposer au froid au moins 15 min (si possible, laisser reposer une nuit pour que le parfum du citron se diffuse mieux.)

  • Verser la crème sur le fond de tarte et faites cuire 20 min dans un four préchauffé à 150°C.

  • Servir froid, avec éventuellement un peu de meringue caramélisée au chalumeau et du sorbet au citron.

tarte 2

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22 août 2015

Grandeur des petits étés

L'aquarium gît dans le frigo. Aucun des deux appareils n'a servi depuis des années. Le premier produisait des petites bulles, agitant des poissons de plastique. Deux enfants les capturaient avec les plus petites cannes à pêche du monde. J'aurais aujourd'hui du mal à en saisir une entre deux doigts.
Le frigo produisait du froid – bien sûr – et, de façon détourné, les repas de ces écolières durant quinze ans. Pâtes le lundi, riz le mardi... sans oublier la barre de chocolat au dessert, le petit-suisse et la compote au goûter.

La porte de ce réfrigérateur a été celle de ces souvenirs. La grande sœur y pense-t-elle parfois ? Certaines années, ce furent des concours de bulles de savon, avec d'indulgents grands-parents profitant du spectacle dans leurs chaises de jardin. D'autres fois, les volants de badminton atterrissaient chez le voisin (problème facile à résoudre) ou le dessus de la haie (plus ardu). Le plus intéressant fut la façon de recycler les bouteilles de liquide vaisselle en pistolets à eau. Ils étaient d'une imprécision incomparable.

J'ai eu une enfance heureuse. Mais je l'oublie régulièrement. Il est tellement plus simple de se souvenir des mauvais moments.

courgette crue  

Juste avant la plongée dans le four.

Ce plat a été réalisé pour la première fois – et photographié – en 2012, si j'en crois mes archives. Mais qui sont revenues à ma table chaque année, par la suite. Dommage, dans ce cas, de ne pas partager la recette des courgettes farcies aux oignons et gorgonzola, d'Edda.

Pour 4 personnes – et courgettes

  • 4 courgettes moyennes, bien fermes

  • 1 gros oignon doux, ou deux moyens

  • 35 g de gorgonzola (ou plus, si les convives sont des aficionados)

  • Huile d'olive

  • 2 càs de parmesan râpé

  • Sel et poivre

  • Persil et menthe

Modus operandi

  • Couper les courgettes en deux dans la longueur. Creuser la chair. La hacher grossièrement.

  • Laver et ciseler l'oignon. Le faire fondre avec un peu d'huile d'olive pendant 10 minutes, en ajoutant 2 à 3 càs d'eau.

  • Ajouter la chair des courgettes, une dizaine de feuilles de persil et le parmesan. Saler, poivrer, et cuire encore 5 minutes.

  • Sortir du feu, ajouter 25 g de gorgonzola en dés et 4 à 5 feuilles de menthe ciselées.

  • Préchauffer le four à 180°C. Farcir les demies-courgettes, ajouter le reste de fromage en dés et arroser d'un filet d'huile d'olive.

    Enfourner pour une dizaine de minutes, le fromage doit gratiner un peu.

courgette cuite

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11 août 2015

Quand attendre est une façon de créer

Tout doucement, l'eau prend du goût. Les os ont été rôtis une belle demi-heure. Les carottes et oignons ont été coupés en tout petits morceaux – le doigt en a été victime, oups. Le four a transformé la cuisine, de ce jour d'été, en sauna.

Mais le résultat embaume. Ce fond de veau fera des sauces et des jus à se damner.
Les jours précédents, des pâtes – focaccia et shǎnxī báijímó – ont levé, grêlées de mille bulles. Dans le frigo trône un bocal d'aubergines mises à mariner l'an dernier. À la place qu'il a occupé durant douze mois, dans la cave, dorment maintenant des figues confites.
La cuisine de ce coin du monde est celle du temps long. Les ingrédients doivent reposer, et parfois même être oubliés. J'adore toutes ces recettes, imbibées d'une très lente magie. Peut-être parce qu'elles disent que demain est beau jour ?

cookies-david-leite

Ces cookies répondent bien à cette logique : la pâte repose au frais 24 h à 72 h, et gagne en parfums... Merci à Clotilde de m'avoir fait découvrir la (très bonne ) recette de David Leite.
Temps de survie dans une colocation accueillant une fille et trois garçons ? Une matinée. Délicieux petit-déjeuner !

Les (fabuleux) cookies de David Leite

Pour 24 cookies d'environ 8 cm de diamètre

(Ou une trentaine de 6-7 cm chez moi)

  • 140 g de beurre demi-sel à température ambiante

  • 200g de cassonade

  • 1 œuf à température ambiante

  • 1 belle pincée de vanille en poudre

  • 240g de farine

  • 1/2 c.c. de bicarbonate de sodium (en pharmacie)

  • 3/4 c.c. de levure chimique

  • 200 g de pépites de chocolat (mélange blanc/noir pour moi)

Modus operandi

  • 24 à 72 heures avant : mélanger dans un saladier la farine, le bicarbonate et la levure (ainsi que du sel si on utilise du beurre doux).

  • Dans un autre saladier, mélanger au robot le beurre et le sucre, pour obtenir un mélange léger et mousseux. Cela prend environ 5 minutes.

  • Ajoutez l’œuf et la vanille et battre encore, pour uniformiser.

  • Ajouter le mélange de poudre et battre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de traces de farine, mais surtout pas plus. Ajoutez le chocolat délicatement.

  • Filmer au contact et mettre au frais au minimum 24 h, au maximum 72 h (et au mieux 36 h).

  • Le jour même : sortir la pâte du frigo et la laisser s'assouplir 30 minutes environ à température ambiante.

  • A l'aide d'une cuillère à soupe, prélever de la pâte et former des boules uniforme, un peu plus grosses qu'une balle de ping-pong (environ 40g et 4 cm de diamètre pour Clotilde, 30 g pour moi) et les placer sur une plaque de cuisson couverte de papier sulfurisé. Attention à bien les espacer !

  • Placer la plaque au frais 15 à 20 minutes pour raffermir les boules de pâte (sauf si la pâte semble vraiment encore froide).

  • Faire cuire 12 à 14 minutes (selon le four et la taille des cookies) dans un four préchauffé à 175°C. Les gâteaux doivent être encore assez mous. Faire immédiatement (mais délicatement) glisser le papier sur une grille pour stopper la cuisson.

  • Et recommencer pour une deuxième fournée ! (Attention, si la plaque est chaude, mieux vaut la laisser refroidir).

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05 août 2015

Démoniaque

L'archet est immobile, tant il bouge vite. Le contraste est saisissant avec le regard fixe. La musicienne est résolument normale, en jeans et cheveux longs. Mais l'instrument est celui du diable. Si Faust avait joué de la musique, il aurait choisi le violon. Cet instrument vibre, et parle. Le saxophone aussi, mais d'une voix humaine, qui dit la mélancolie et la convivialité. Le son produit par un violon est d'un temps plus ancien, et d'un endroit qui n'existe pas. Cette musique est celui du peuple des fées, et des créatures de Lovecraft. Il me terrifie, et me séduit horriblement.

verrine 2

Aucun aliment ne convient au violon. Il est comme ces grands vins rouges qui sont dans une complexité si folle qu'ils ne peuvent être bus que seuls. Alors je prends le contre-pied et vous propose un entremet au verre aux saveurs simples, estivales : un fond reconstitué de speculoos , une gelée de fruits rouges et une mousse de fromage blanc au citron.

Pour 3 grandes verrines

(3 verres à whisky)

Pour le fond de spéculoos

  • 75 g de spéculoos émiettés + quelques spéculoos pour la finition

  • 30 g de beurre fondu

Pour la gelée de fruits rouges :

  • 150 g de mélange fraises/framboises

  • 20 g de sucre (selon les fruits)

  • 2 g de feuille de gélatine

  • 1 càs de jus de citron

  • Le zeste de ½ citron

Pour la mousse de fromage blanc

  • 130 g de fromage blanc

  • 80 g de crème liquide entière + une pincée de sel

  • 40 g de sucre glace

  • 2 g de feuille de gélatine

  • 1 càs de jus de citron

  • Le zeste de ½ citron

Pour la poêlée de cerises

  • Environ 200 g de cerises

  • Cannelle (selon le goût)

  • 1 càs de kirsch

  • 1 càs de sucre

Modus operandi

  • Pour le fond : mélanger les miettes de biscuits et le beurre fondu refroidi. Répartir au fond des verres et bien tasser. Mettre 20 min au frigo.

  • Pour la gelée : faire tremper la gélatine 10 min dans de l'eau froide. Mixer les fruits, ajouter le sucre. Mixer à nouveau et goûter. Ajouter encore du sucre au besoin. Ajouter le zeste râpé et bien mélanger.

  • Faire tiédir le jus de citron et y diluer la gélatine essorée. Ajouter le tout au coulis de fruits, bien mélanger. Répartir dans les verres et mettre au congélateur 20 min.

  • Pour la mousse de fromage blanc : mettre au frais la crème liquide, un bol et les fouets du batteur électrique. Faire tremper la gélatine 10 min. dans de l'eau froide.

  • Fouetter le fromage blanc avec le sucre et le zeste. Faire chauffer le jus de citron et y dissoudre la gélatine. L'ajouter au mélange de fromage blanc et bien mélanger.

  • Monter la crème, pas trop ferme, avec un peu de sel et l'incorporer délicatement. Verser sur la gelée et réserver au frigo jusqu'au moment de servir.

  • Pour la poêlée de cerises : dénoyauter les cerises.

  • Les faire revenir à sec (dans une poêle anti-adhésive) avec la cannelle, environ 15 min à feu moyen. Déglacer avec le kirsch et le sucre. Bien mélanger, ôter du feu et réserver jusqu'au moment se servir.

  • Finition : Disposer les cerises dans les verres. Ajouter quelques brisures de spéculoos.

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29 juillet 2015

Seule, pas tout à fait, pas du tout

Visiter un musée le jeudi. Aller à la médiathèque au milieu de l'après-midi. Écouter la radio au fond de la nuit. Ce sont des occupations de solitaire. Les couloirs sont vides, les salles silencieuses, les auditeurs rares. Pourtant, je me sens alors moins seule. Dans la foule, les autres humains ne sont que des passants. Mais réduisez le nombre de passants et ils redeviennent des individus. Réduisez le nombre des individus et ils deviennent des complices.

Lorsque j'ai eu ma première radio, je l'écoutais aux heures à un chiffre. Une émission diffusait alors une compilation des grands moments radiophoniques des années 70. La voix grésillante affirmait « le général de Gaulle est mort ». Nous étions quelques-uns, et seulement quelques-uns, à se fondre dans cet instant-hors-temps. Nous formions une communauté. Je me sentais élue – et appréciée. Je n'ai jamais rencontré ces gens, mais je les aime. Et j'aime les gamins qui lisent des BDs pendant les vacances d'été, et les mamies qui rodent dans les expositions parisiennes.

cookie-cheesecake

(Désolée pour la photo – découpage et dégustation réalisés à 1h du matin, sur gâteau tiède et pépites coulantes...)

Depuis ce matin, je suis amoureuse. Plus par nécessité que par pulsion : j'avais envie d'aimer le monde entier. Et de leur offrir des barres de cookie-cheesecake, une recette de Sylvie (qui a fait de bien plus jolies photos). Soit un appareil à cheesecake pris en sandwich entre deux couches de cookie ! En tout cas, mes petites barres ont vite disparu de la table de la coloc',

Cookie-cheesecake

Pour un gâteau de 15*15 cm

- Pour le cookie

  • 75 g de beurre demi-sel à température ambiante

  • ½ gros œuf

  • 100g de sucre roux

  • 165 g de farine

  • ½ c.à.c de levure

  • 75 g de pépites de chocolat

- Pour le cheesecake

  • 150 g de Philadelphia (ou autre cream cheese)

  • ½ gros œuf

  • 30 g de sucre

  • Vanille (en poudre pour moi)

  • Une pincée de sel

Modus operandi

  • Préparer la pâte à cookie « nature » : mélanger le beurre pommade au sucre. Ajouter le demi œuf et mélanger pour incorporer.

  • Ajouter le mélange farine tamisée/levure et mélanger.

  • Tapisser le moule de papier sulfurisé. Y étaler 1/3 de la pâte.

  • Faire cuire 10 min dans un four préchauffé à 170°C.

  • Laisser tiédir.

  • Préparer l'appareil à cheesecake : fouetter le fromage Philadelphia, la vanille et le sucre. Ajouter le demi œuf, un peu de sel, et mélanger de façon homogène.

  • Finaliser la pâte à cookie « chocolat » : ajouter les pépites dans la pâte nature. Pré-étaler cette pâte à peu près à la taille du moule.

  • Verser l'appareil à cheesecake dans le moule.

  • Recouvrir avec la pâte à cookie au chocolat.

  • Cuire 30 à 35 min à 170°C.

  • Laisser refroidir (pas comme moi : je n'ai pas eu la patience et les pépites semi-fondues ont coulé...). Démouler et découper en barres ou carrés.

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21 juillet 2015

Prendre femme

Avant le métro. Le bruit est partout. Des jeunes gens s'interpellent en criant, riant et s'insultant. Les passants de tout âges déambulent, d'un pas traînant ou chaloupé. Certains roulent des épaules, d'autres des hanches. Tous sont beaux dans cette vantardise assumée. Les broches tournent dans l'atmosphère déjà surchauffée, sur lesquelles rôtissent poulets ou viande façon kebab. Sur les terrasses, les cafés fument, les bières tiédissent, le brouhaha augmente.
Ce quartier est comme une matrone plantureuse, de cinquante printemps et presque autant d'enfants. Elle vous sert dans ses bras à la moindre rencontre, quitte à vous étouffer entre ses seins et dans l'odeur de chou de son tablier.

Après le métro. Le silence s'abat. Les rues sont vides à l'exception de deux hommes en costumes, qui croisent une femme chargée de ses courses. Ils avancent avec légèreté, semblant flotter le long de la ligne du trajet optimal. Chacun est plongé dans ses pensées, encore au bureau ou déjà dans son foyer. L'odeur d'un buisson en fleurs s'échappe au-dessus d'un haut mur blanc et un portail en fer forgé laisse transparaître le vert d'un jardin. Un oiseau, intrus dans la mégalopole, ose y chanter.
Ce quartier est comme une anglaise de la vieille aristocratie. Elle vous accueille dans son salon et dès la première tasse de thé, vous vous sentez plus serein. Vous pouvez parler d'art, de philosophie, ou de rien, mais vous n'osez pas rire aux éclats.

Rares sont les transfuges. Je suis issue de la matrone. L'aristocrate me plaît, mais sa présence m'inonde d'un sentiment trouble. Y a comme un malaise. Comme si un post-it, sournoisement collé à mon front, avertissait : « Intrus ! ».

ravioli-demi-immerge

Voici les premiers ravioli italiens que j'ai jamais réussis. Que j'en suis fière ! Je voulais me concentrer sur la pâte, et non sur le façonnage et ait opté pour un format « géant », inspiré d'une recette d'Edda. Et j'ai adoré cette association de la pâte un peu épaisse, avec un coussin de farce à la ricotta, servis dans une assiette de soupe de tomates confites.

Pour trois personnes (dîner léger) :

Pour la pâte

  • 75 g de farine

  • 25 g de semoule de blé dur dtrès fine

  • 1 œuf (environ 50 g)

Pour la farce

  • 150 g de ricotta

  • 30 g de parmesan râpé

  • Sel et poivre

Pour la soupe

  • 1 kg de tomates bien mûres

  • 2 gousses d'ail

  • Sauge

  • Sucre

  • Huile d'olive

  • Sel et poivre

Modus operandi :

  • Plusieurs heures avant, préparer la pâte : mélanger la farine, la semoule et le sel. Y creuser un puits.

  • Casser l’œuf dans ce puits, et mélanger en incorporant progressivement la farine à partir des bords du puits. Ensuite pétrir 5 à 10 minutes jusqu'à ce que la pâte soit parfaitement lisse.

  • Former une boule, l'envelopper de film étirable et laisser reposer au réfrigérateur plusieurs heures.

  • Pendant ce temps, préparer la soupe : couper le stomates en quatre. Émincer les gousses d'ail. Disposer els quartiers sur une plaque couverte de papier cuisson et saupoudrer d'ail, sauge, sucre, sel, poivre et un bon filet d'huile d'olive. Enfourner pour une heure à 150°C.

  • Laisser un peu tiédir et peler les tomates. Ensuite, mixer et ajouter de l'eau pour obtenir la consistance souhaitée. Rectifier l'assaisonnement.

  • Avant de sortir la pâte, préparer la farce : mélanger tous les ingrédients.

  • Écraser la pâte, la fariner et la passer au laminoir eau premier cran. La faire passer successivement par tous les crans, deux à trois fois par cran, en repliant la pâte en deux ou trois à chaque fois. Fariner au besoin. Arrêter une fois l'épaisseur souhaitée obtenue.

    (Pour une explication plus experte : les règles d'or d'Edda).

  • Découper 6 carrés d'environ 10 cm de côté. Répartir la farce sur 3 carrés. Recouvrir des trois autres carrés, chasser l'air autour de la farce et souder hermétiquement. Réserver sur un trochon fariné.

ravioli-fini

  • Porter une grande casserole d'eau à ébullition, saler (environ 10 g/litre).

  • Pocher les ravioli (1 à 1 ou par 2 maximum), 2 à 4 minutes (goûter pour vérifier la cuisson).

  • Servir dans une assiette de soupe de tomates, chaude ou tiède.

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14 juillet 2015

Moi-je-isme

Les touristes martelaient les marches. Vite ! Le groupe évoque un troupeau de gnou en course vers un point d'eau. La limite avec l'émeute est mince. Vite, vite, plus vite. Je jurerais voir des lueurs de meurtres dans certaines pupilles. Ils rêvent d'arriver les premiers en haut de l'escalier. Là, les attend une statue plusieurs fois centenaire. Cet amour de l'art devrait émouvoir. Mais chaque coureur tient précieusement un appareil à gros objectif, ou un minuscule téléphone dans une housse colorée.

Cette forme de tourisme ridiculise les œuvres. Mais, depuis peu, quelque chose a changé. La meute ne mitraille pas la jeune femme ailée. Elle prend la pose.

« Selfie » a été élu mot de l'année 2013. Je l'ai élu mot le plus laid. Son ADN est la proclamation. La dernière goutte d'importance conférée aux marbres et aux peintures a disparu. Moi-je s'invite sur chaque photo-souvenir. Moi-je s'invite dans chaque paysage. Moi-je s'incruste à côté de chaque rencontre.

tiramisu3

Et, à l'improviste, s'invite l'autre. Dans le sourire d'un vigile : « Quel joli sac ! ». Dans un petit groupe de spectateurs pareillement bouleversés par Mustang. Dans la gentillesse d'un serrurier, qui s'est pourtant épuisé cinq heures durant sur ma porte. Merci à lui. Je lui dédie cette recette de « tiramisu » estival, aux groseilles et madeleines.

Pour 6 verrines de tiramisu d'été

Pour l'appareil

  • 250 g de mascarpone

  • 2 gros œufs (ou 3 moyens)

  • 120 g de sucre + 10 g

Pour la garniture

  • 12 madeleines

  • 300g de groseilles + 100 g

  • 160 g de sucre + 60 g

  • 60 g de jus de citron

  • 20 g de pépites de chocolat noir (fac.)

Modus operandi

  • J – 1 (de préférence) : Faire macérer pendant 24 heures 300 g de groseilles équeutées avec le jus de citron et 60 g de sucre.

  • Le jour même, porter à ébullition avec les 160 g de sucre. Laisser refroidir. Passer au chinois et réserver le jus. Passer ensuite les fruits à travers un tamis fin, en pressant (jeter les peaux qui restent dans le tamis). Ajouter à l'épais coulis obtenu les 100 g de fruits restants et les pépites.

  • Blanchir les jaunes d’œufs avec les 120 g de sucre. Ajouter le mascarpone en fouettant jusqu'à ce que le mélange soit lisse.

  • Monter les blancs en neige avec les 10 g de sucre. Les incorporer délicatement au mélange précédent.

  • Couper les madeleines en 3 ou 4. Les imbiber (à peine) du jus de groseilles réservé.

  • Monter les verrines en commençant par une couche de madeleines, ajouter une c. à café de groseilles, puis 1 c. à souper d'appareil au mascarpone. Répéter cette opération. Réserver au frais jusqu'au moment de servir.

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  • Finir éventuellement avec un peu de cacao en poudre.

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05 juillet 2015

Le dernier achat

L'enfant lambinait sous le soleil. Sa mère ployait le cou sur l'écran de son téléphone intelligent. Il geignait, prêt à hurler, pour rentrer à la maison. La femme devait encore acheter du shampoing. Après, promis, ils retrouveraient leur chez-eux. Le garçon, déjà heureux, pointe la grande surface voisine. Elle refuse, explique chercher le « bon » magasin. Dans sa voix paraît la fatigue, et une envie de hurler, et une envie de pleurer.

Cette histoire n'est pas celle d'un enfant embêtant. Car son smartphone lui a finalement délivré la bonne adresse. « C'est dans la rue juste derrière », plaide-t-elle.

Je connais cette ruelle. Elle ne pouvait acheter son flacon qu'à un endroit. Un supermarché low cost.
Sa lassitude était celle de la honte.

roti1

J'ai parfois envie d'un monde normal. Un endroit-temps où personne ne serait honteux. Il existe. Dans les intervalles où je m'oublie dans une communauté bienveillante. Autour d'un repas de famille, par exemple. Et de ce rôti de porc moelleux, qui avait su combler les préférences de chacun.

Rôti de porc au lait et à la sauge

(4 à 6 personnes)

  • 1 rôti de porc 1,2 kg ficelé par votre boucher

  • 1 dl de lait

  • 2 oignons

  • 6 gousses d'ail

  • 10 feuilles de sauge

  • Huile d'olive

  • Sel, poivre

  • Quelques tubercules à faire cuire avec : ici des pommes de terre et du potimarron.

Modus operandi :

  • Coincer les feuilles de sauge sous la ficelle entourant le rôti. Verser un peu d'huile d'olive dans une grande cocotte et faire dorer la viande sur toutes ses faces. Saler et poivrer

  • Émincer les oignons et éplucher l'ail. Les faire revenir, dans la cocotte (ajouter un peu d'huile d'olive si besoin) jusqu'à ce qu'ils soient blonds.

  • Remettre la viande et verser le lait. Porter à ébullition puis baisser le feu et faire mijoter (sur feu doux ou au four préchauffé à 150°C/th 5) pendant 1 heure. Goûter pour rectifier l'assaisonnement.

  • Pendant ce temps, peler les pommes de terres, les couper en grosses bouchées. Détailler le potimarron en cubes. Les ajouter dans la cocotte et poursuivre la cuisson 30 minutes.

 

roti-cuisson

 

  • Sortir délicatement de la cocotte la viande et les légumes (il en restera des morceaux cassés, qui enrichiront la sauce). Réserver au chaud.

  • Faire réduire le jus restant, puis le mixer. Réduire encore ou allonger de lait. Servir avec la viande découpée en tranches et les légumes.

 

roti3

 

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23 juin 2015

Main verte et paroles d'or

Le soleil peut être une armure. Le dimanche après-midi, il rentre par la fenêtre de la cuisine. Il lutte alors, avec bienveillance, contre les nouvelles distillées dans les pages du journal. Et parfois, le réconfort vient d'amis plus inattendus encore.

Une jeune fille est rentrée dans l'immeuble. Du haut de ma tour, je l'entends saluer la gardienne. Celle-ci correspond en tout point à la femme décrite par Muriel Barbery dans L'élégance du hérisson. L'élégance en moins. Telle est l'idée qu'ont forgé neuf mois de lointaine cohabitation. J'avais omis un détail. Qui pourtant crevait les yeux. Notre cour est une forêt. Et ces plantes ne poussent pas toutes seules.
« Vous avez la main verte, non ? », s'enquiert la nouvelle venue. Un silence grommelant lui répond. Et voilà que l'innocente enfant se met à disserter sur sa plante mourante. « Vous pouvez m'aider ? » J'entends le soulèvement d'épaules. Dix minutes plus tard, le pot de fleurs a été descendu. Une demi-heure après, elles parlent toujours botanique. Elles se sont dit au revoir le plus aimablement du monde.

Peut-être que toutes les épines cachent une petite beauté.

cupcake cookies

Autre exemple de bonne surprise : ces cupcakes. Parce que moi, je n'aime pas ce genre de gâteaux plus-beaux-que-bons. Ceux-ci, avec leurs petits cookies dessous et dessus, m'ont quand même bien plu... (Je n'ai pris qu'une toute-toute petite liberté pour le glaçage, qui est celui de mon carrot cake préféré).

Pour 16 petits cupcake cookies

  • 1 œuf

  • 65 g de fromage blanc

  • ½ c. à café de levure chimique

  • 30 ml de crème liquide

  • 50 g de sucre

  • 80 g de farine

  • 16 mini cookies (faits maison si vous avez le courage)

Pour le glaçage

  • 80 g de fromage type Philadelphia

  • 30 g de sucre glace

Modus operandi

  • Mélanger la farine, la levure et le cacao. Dans un autre saladier, mélanger l’œuf et le sucre, puis incorporer le fromage blanc. Ajouter les poudres petit à petit, puis la crème, et mélanger pour avoir un mélange homogène.

  • Placer un cookie au fond de chaque empreinte d'un moule à muffins. Le recouvrir de pâte (les empreintes doivent être remplies aux ¾)

  • Faire cuire 15 à 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C. Laisser refroidir totalement.

cookie-dans-cupcake

  • Pendant ce temps, préparer le glaçage. Mélanger simplement de façon homogène le fromage et le sucre glace.

  • Ajouter le glaçage sur les gâteaux (à la barbare/cuillère pour moi), une moitié de cookie entière et l'autre moitié émiettée.

  • Ne pas oublier de goûter pour vérifier que c'est-plus-bon-que-beau.

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15 juin 2015

Viral

Les arpenteurs de musée sont apparentés aux vampires. Ils fuient la lumière de l'été. Dehors règnent la poussière, le bruit des amplis à fond et les emballages de burgers jetés à terre. La porte se ferme. Le portique de sécurité de dresse. Puis commence la fraîcheur, le silence, et les regards des autres visiteurs. Ils scrutent les visages déformés et les torsions d'un corps. Devant leurs yeux se déroule la pensée d'un créateur autodestructeur. Tout est beau à faire peur.

Le meilleur vient après. Quand la moiteur est devenue une amie qui prend chacun dans ses bras. Quand les cris d'un public sont des manifestations de joie. Quand les pleurs des enfants ne sont qu'un éclat de vie.

Le merveilleux est contagieux !

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Et la beauté se trouve aussi dans des biscuits. Ceux qui sont vite faits, vite cuits, vite dévorés et très complimentés. J'aime les compliments …
Recette de Loukoum°°° (tirée de Pinch of yum)de sablés fondants au cacao et leur glaçage fondant.
Conseil de moi-même : utilisez un peu de beurre aux cristaux de sel, ou rajoutez du gros sel, de la fleur de sel, ce que vous avez : le grain sous la dent est une sensation à découvrir.

Pour des « bredele » sablés au cacao :

Environ 50-60

  • 220 g de beurre (mélange demi-sel et cristaux de sel) à t°ambiante

    (ou beurre doux + sel)

  • 140 g de sucre

  • 35 g de cacao

  • 250 g de farine

  • ½ càc de bicarbonate de soude (pas mis)

  • 1 càc de levure chimique

Pour le glaçage

  • 3 càs de cacao

  • 130 g de sucre glace

  • 2-3 càs d'eau chaude

  • 1 càc d'extrait de vanille (pas mis)

Modus operandi :

  • Mélanger le beurre et le sucre au fouet pour obtenir un mélange crémeux. Ajouter le cacao et mélanger jusqu'à avoir une préparation de couleur unie.

  • À part, mêler farine, sel (si besoin), levure et bicarbonate (si utilisé).

  • Ajouter ce mélange à celui au cacao Bien mélanger.

  • Tapisser deux plaques allant au four de papier sulfurisé. Rouler des boules de pâte de la taille d'une noix (ou un peu moins) et les déposer sur les plaques. Creuser un trou au milieu avec l'index.

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  • Faire cuire 7 à 8 min dans un four préchauffé à 180°C. Attention, le trou va un peu disparaître et il faudra le creuser à nouveau à la sortie du four.

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  • Laisser refroidir. Pendant ce temps préparer le glaçage : mélanger le sucre glace et le cacao. Puis ajouter la vanille (si utilisée) et petit à petit l'eau. Le glaçage doit être assez liquide pour garnir les biscuits, mais sans couler !

  • Poser l'assiette sur la table de la cuisine, et laisser les colocs de passage se servir...

Posté par Calimeriane à 11:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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