Les mots d'essence

16 juin 2013

Ville fragmentée

Retour du soleil. L'air ne pique plus sur la peau. Sa pesanteur enrobe les bras et les jambes, enfin laissés à nu. J'en profite pour apprendre la ville. Une ville qui me perd autant qu'elle me plait. Elle est d'une continuité trompeuse. En quelques minutes de marche, le paysage n'est plus le même. Les couleurs de pierre et les architectures changent, mais aussi le toucher du béton et la luminosité des boutiques. Les sacs portés par les passants sont en plastique puis marqués d'un écusson. Les pâtisseries sont miellées ou couvertes de paillettes d'or. Les mots sont lents et les syllabes étirés ou fluides et précieux.

Je suis encore dans l'incompréhension de ses vies qui se touchent, se croisent et se toisent. Elles ne s'apprécient pas toujours mais vivent dans un étrange statu quo.

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En tout cas, je pense que je saurais tous les réunir autour d'une table si je leur proposais le célèbre gâteau (sans beurre) du restaurant « La Belle-Vue » de Felder.

Pour un beau moule à cake

  • 4 œufs

  • 125g de sucre

  • 125g de chocolat noir

  • 10cl de crème liquide (allégée si vous voulez)

  • 2 cuillères à soupe de lait

  • 1 cuillère à soupe de farine

  • 50g de poudre d’amande

Pour embaumer la cuisine

  • Séparer les blancs d’œufs des jaunes. Montez les blancs d’œufs en neige ferme en y ajoutant le sucre lorsque le fouet laisse des traces dans la « mousse ».

  • Faites fondre le chocolat avec le lait et la crème. Ajoutez les jaunes d’œufs les uns après les autres en remuant entre chaque. Ajoutez la farine et la poudre d’amandes.

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  • Incorporez délicatement les blanc d’œufs à la préparation au chocolat.

  • Beurrez et farinez un moule. Versez-y la pâte et enfournez pour 30 à 40 min dans un four préchauffé à 180°C. (Le gâteau retombe à la sortie, c'est normal)

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10 juin 2013

Comme l'on boit

Le café est entré dans ma vie récemment. J'ai su l'apprécier un matin, alors que je ne voyais plus d'autres moyens de remettre mes idées aux places qu'elles devaient occuper.

Jusque là, j'avais cru que les principales différences thé et café étaient d'ordre botanique (plantes différentes), chimique (effets différents) et surtout sociale. Boire un café ou boire un thé demeurent deux actes foncièrement différents. Le café autour de la machine ou sur le comptoir du bar est convivial et chaleureux. Les cérémonies du thé, qu'elles soient chinoises, anglaises, russes ou japonaises, ont un caractère d'élégance éthérée.

Mais j'ai découvert que cette opposition se retrouvait dans la façon de boire. De même que croquer ou sucer un carré de chocolat sont deux actions distinctes, on ne sirote pas son café comme on déguste son thé. Chacune de ces boissons est infusée mais le café se rapproche plus d'une nourriture, là où le thé est une eau. Le café, âpre, se boit à petites gorgées, là où le thé, lisse, se laisse boire. Ces boissons réchauffent même de façon différentes...

(La question reste culinaire: la poule ou l'œuf? Est-ce l'idée (donc sociale) que l'on se fait de ces infusions qui influe notre dégustation où est-ce celle-ci qui a entrainé la différenciation entre utilisations sociales?)

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Et comment boit-on une soupe pleine de haricots tout tendres? (Je ne suis pas totalement hors sujet: les herbes qui la parfument y ont bel et bien infusé). Parce que, franchement, aujourd'hui à Paris, il fallait bien une soupe pour se remettre sur pied. Et je remercie vivement la passante qui m'a conseillé, il y a quelques mois, de faire une réserve de cocos de Paimpol dans mon congélateur. J'ai toujours aimé discuter sur les marchés?

Soupe italienne, rassérénante, pour 2 personnes

(La recette est à peu près celle d'un magazine Saveurs)

  • 400 g de cocos de Paimpol (non écossés)

  • 1 petite pomme de terre

  • 1 carotte

  • 1 petit oignon (ou un demi gros)

  • 1 belle gousse d'ail

  • quelques pluches de persil

    (plat, il est plus savoureux)

  • romarin, thym et 1 feuille de laurier

  • huile d'olive

  • sel, poivre

  • bouillon de volaille

A mijoter longuement

  • Pelez et hachez l'oignon et l'ail. Écossez les haricots. Épluchez la pomme de terre et la carotte. Coupez la première en dés et la seconde en rondelles. Ficelez le laurier avec le thym et le romarin.

  • Faites chauffer un peu d'huile dans une casserole (ou cocotte). Faites suer l'oignon durant 3 min. Ajoutez l'ail, les légumes, le fagot d'herbes.

    Salez, poivrez.

  • Couvrez de bouillon à hauteur, portez à ébullition. Baissez le feu et laissez mijoter 40 min.

  • Retirez le bouquet d'herbes. Ajoutez le persil et laissez mijoter encore 5 min.

    (C'est encore meilleur avec du parmesan sur le dessus, ajouté juste avant de servir)

 

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05 juin 2013

Les belles gens

Ces derniers jours les belles et laides gens ont emplit ma vie. Le gris mtigé, le ni-l'un-nil'autre, semblait avoir disparu. Je n'ai aucune envie de vous parler de laideur. Alors parlons des autres. De celles qui valent la peine que l'on se souvienne d'elles.

Il y a eu l'homme dans le métro. Il est rentré juste alors que les portes se fermaient et a commencé à réciter. D'abord, personne n'a écouté. Nous pensions connaître son discours. Puis, certains yeux se sont levés. Certaines oreilles se sont ouvertes. Il cherchait à se marier., mais n'avait pas envie d'utiliser face-de-bouc ou meetoc. Une femme était-elle intéressée? Il n'attendait pas de réponse, je crois. Il a demandé aux passagers de se sourire. De sortir de leurs téléphones et d'engager la discussion, entre deux stations. De réinvestir le métro comme le lieu des rencontres inattendues. Gagné. J'ai relevé la tête et souri à mon voisin. Puis nous avons engagé une discussion, sur cinq stations, à propos des génies méconnus.

Le dernier jour de mon stage, j'étais un peu bousculée. Je tapais à toute vitesse mon dernier article. Ils sont rentrés dans le bureau. Tous ceux auxquels j'avais songé comme ceux qui me manqueront. B. avait les mains derrière le dos. Ils avaient pensé à moi assez fort pour m'offrir des cadeaux. Plus que cela: ils avaient cherché ce qui me ferait réellement plaisir. Et visé juste, avec ce petit objet de soie, ce billet vert qui voulait dire beaucoup et ce guide pour ma prochaine destination.

Eux sont venus m'aider alors que j'implorais de l'aide silencieusement. Enfermée dans un chez-moi qui était devenu un lieux où j'avais peur d'être. Prises dans des discussions-disputes avec un interlocuteur qui jamais n'imagine être en tort. Ils n'ont pris aucun parti. Ils n'ont défendu les intérêts de personne -ou plutôt de chacun-, alors même qu'il n'avait avec moi aucun lien, ni de sang ni de confrérie.

Merci à vous, belles gens qui permettent de croire encore.

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(Ce n'est par contre pas une nouveauté que de vous dire qu'en tout temps, la gourmandise m'aide à croire.)

Ici, une tarte au potimarron, avec une sauce caramélisée à la sauce soja et au miel. La recette d'origine est celle-ci, avec une pâte à ma façon; enrichie de fromage de chèvre.

Par personne il faut :

(multiplier par 4 pour une grande tarte)

  • 40 g de farine

  • 5 à 10 g de flocons d'avoine (si vous désirez une pâte plus ou moins croustillante

  • 5 g de beurre

  • 10 g de fromage de chèvre frais

  • 2 à 3 càs d'eau

  • sel

     

  • 100 à 130 g de potimarron

  • 1 belle càc de moutarde ancienne

  • 1 belle càc de fromage blanc

  • thym, sel, poivre

  • 8 g de miel, ½ càs de vinaigre balsamique, 1 càs de sauce soja légère

Pour assembler tout cela:

  • Mélangez la farine, le sel et les flocons d'avoine.

  • Sablez ce mélange avec le beurre froid en dés et le chèvre.

  • Ajoutez l'eau peu à peu pour obtenir une pâte souple mais non collante. Laissez reposer une demi-heure à température ambiante.

  • Tranchez le potimarron en fines lamelles. Imbibez-les d'huile d'olive, sel (peu, la sauce soja est salée) et poivre.

  • Étalez la pâte et foncez un moule )à tarte. Faites-la précuire 5 minutes à 180°C. Badigeonnez-la de moutarde, puis de fromage blanc.

  • Disposez les lamelles de courge à votre convenance. Enfournez pour 25 à 30 minutes à 180°C.

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  • Pendant ce temps, mélangez le miel, le vinaigre et la sauce soja. Placez le tout au M-O (ou dans une casserole si vous êtes patent) et chauffez en surveillant et mélangeant régulièrement pour obtenir une sauce sirupeuse. Nappez-en la tarte à sa sortie du four.

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27 mai 2013

(J"avais oublié ma montre. Le temps n'a pas daigné s'arrêter)

Les dernières heures de la semaine ont été agréables, lorsque j'ai su que je la retrouverais à la sortie du train.

Elle était là (en noir, comme d'habitude), fluette (elle se croit faible) mais droite (elle est forte). J'avais souvent eu envie de l'avoir devant moi pour la serrer dans mes bras. J'hésitais. Elle me connait? En tout cas elle m'a tendu les siens. Puis le métro. Mon trajet quotidien, mais avec son épaule à côté de la mienne.

Ce n'était pas (trop) dur de la quitter, je la revoyais le lendemain. Mais le soir il m'a quand même fallu un ragout (plat de réconfort). Heureusement, il fut réussi. La moindre contrariété aurait pu me faire pleurer.

Une après-midi, c'est long, c'est grand. Quand on en rêve de loin, durant les mois d'absence. Une après-midi, c'est traitre. Saviez vous qu'en vrai, elles ne durant que quelques heures? Ses doutes et son doux sourire. Un bisou sur la joue. Parce qu'être là pour l'autre ne sert à rien dans la plupart des cas. Mais que dans ces même cas, être là fait quand même beaucoup.

Qu'il est dur d'écrire sur une chose si fragile et précieuse que cette amitié-coup de foudre.

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Photo de mon inphotographiable un ragout d'agneau en solitaire. Je me suis inspiré de cet Irish Stew; en laissant errer un peu mes envies... Une viande fondante, une sauce épaisse et savoureuse et quelques dumplings fermes sous la dent juste comme j'aime.

Pour une personne

  • 150g d'agneau (collier ou épaule)

  • 1 carotte

  • 1 grosse tomate

  • ½ oignon

  • 2 càs de vin blanc sec

  • 250 ml de bouillon de bœuf

  • 1 feuille de laurier

  • farine, sel, poivre

  • huile d'olive et beurre

Pour les dumplings

  • 30 g de farine

  • 3 à 5 g de beurre

  • une pincée de levure, une autre de sel et un peu de thym

  • lait froid

Il faut du temps, pour se réconforter.

(Mais les odeurs de cuisson y participent déjà)

  • Émincez l'agneau assez finement (ou moins, comme vous l'aimez!). Salez, poivrez et farinez les morceaux.

    Émincez l'oignon, coupez la carotte (pelée) en rondelles puis les rondelles en 2 ou 4 si elles sont larges. Coupez la tomate en dés.

  • Faites chauffer l'huile et le beurre dans une cocotte., sur feu assez vif. Lorsque la viande est bien dorée, ôtez-la.

  • Baissez un peu le feu et faites revenir carottes et oignons pendant 7 min.

  • Ajoutez le vin et la tomate. Laissez un peu réduire.

  • Ajoutez le bouillon, la viande, le laurier et le romarin. Couvrez et laissez mijoter 45 min.

 

  • Pendant ce temps, préparez les dumplings. Mélangez farine, levure, sel et thym. Ajoutez le beurre en petits morceaux et mélangez en sablant. Ajoutez le lait froid petit à petit pour obtenir une pâte ferme mais non collante.

    Formez des boulettes de la taille qui vous sied (toutes petites, format noisette, pour moi) et placez les au frigo le temps de la cuisson.

     

  • Découvrez la cocotte et faites encore mijoter 30 min (en rajoutant de l'eau si ça réduit trop.

  • Ajoutez alors les dumplings. Si le ragout est dense, veillez à les « enfoncer » sous la surface pour qu'elles cuisent dans le liquide. Laissez mijoter 10 min et servez brulant...

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18 mai 2013

Messages inexpliqués

Le théâtre. Je le connais plus en tant que lectrice que spectatrice. Ma vraie rencontre avec lui se fit par le texte de l'Antigone d'Anouilh. Je ne remercierais jamais assez celle qui me l'a fait découvrir. Comment expliquer le choc? Sans même parler de la beauté de cette pièce (et de son héroïne); j'y ai découvert le règne du mot oral-écrit. Tout livre est (devrait être) un hommage du mot; le mot juste à la bonne place. Mais le théâtre est le règne du mot pur. Celui qui est destiné à être la fondation d'un moment à part – le temps de la pièce – et qui peut exister seul; claquement de sens dans le silence des spectateurs qui le guettent.

Je ne nie pas l'importance de la mise en scène; mais je crois qu'elle concourt au règne du mot. Le théâtre sur scène est le règne du moment qui se veut esthétique (que ce soit une pièce classique ou de boulevard). Une esthétique toute entière enroulée autour du geste et du mot qui se combinent.

(Comme dirait http://doriannn.blogspot.fr/: mais... pourquoi je vous raconte ça? Une envie de crier mon amour du mot scandé par les acteurs. Je n'ai aucune explication raisonnable et raisonné.)

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En continuant dans les envies inexpliquées; je vais vous parler de cette tarte au brocoli. Des années que l'idée de réaliser cette croûte de riz se tient tapie dans un coin de ma tête; tranquillement; et voilà qu'un soir je fais cuire une infime quantité de riz pour satisfaire une subite envie. Allez comprendre. J'ai eu raison: je me suis régalée.

Alors pour la base crousti-moelleuse au riz (25 cm de diamètre) il faut:

  • 300 g de riz cuit (moitié-moitié riz blanc et riz sauvage de Camargue pour moi)

  • 1 œuf

  • le jus d'un citron

  • 4 càs de fromage rapé (du parmesan pour moi)

Et puis pour la garniture au brocoli:

  • une tête de brocoli

  • 100g de romage blanc

  • 2 oeufs

  • 1 càs de jus de citron

  • du jambon sec à votre envie; émincé

  • sel, poivre

  • Encore du fromage rapé (fac.)

Ce soir-là, mes gestes furent lents et appliqués:

  • Mélangez tous les ingrédients de la croute. Tassez le mélange dans votre moule (légèrement huilé s'il n'est pas anti-adhésif comme le mien)

    Faites la précuire ¾ min à 190°C

  • Coupez le brocoli en fleurette et émincez finement le pied. Faites blanchir 2/3 min dans l'eau bouillante salée. Egouttez.

  • Mélangez le brocoli avec le reste des ingrédients de la garniture (sauf le fromage)

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    Parsemez ce mélange sur la pâte, tassez à nouveau légèrement et saupoudrez du fromage. Enfournez pour 30 à 40 min, toujours à 190°C.

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    Dessous et dessus (délicieux dans les deux sens...)

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12 mai 2013

Retour en juxtaposition

J'ai de nouveau une collocataire. Elle est grande et très belle; avec sa peau qui à la teinte d'un chocolat au lait très léger. Elle est surtout un un peu timide. Moi que la solitude ne gène pas (plus) je redécouvre avec bonheur cette façon de vivre à deux solitudes superposées. Nous n'avions finalement en commun qu'une habitation; sur laquelle s'est greffée l'envie de partager quelques instants.

J'ai vu débarqué « chez moi » une inconnue; à laquelle rien ne m'avait préparé. J'étais un peu anxieuse. Très anxieuse même Je tiens à mes manies (surtout culinaire) et ai horreur de voir de l'amusement dans le regard des autres lorsqu'ils les contemplent. Mais N. ne juge rien. Elle interroge et sourit mais son sourire est doux. Et avons découvert que nous nous ressemblons beaucoup alors que nos origines respectives me faisaient envisager le contraire (mais pas tant que ça: elle ne boit son thé qu'avec sucre et miel quand je l'aime uniquement noir).

Tout cela commence bien...

Et elle aussi ne conçoit pas d'aller dormir sans manger une gourmandise sucrée. Nous avons déjà partagé des muffins au matcha, un yaourt marbré au cheesecake à la myrtille et ce clafoutis qui l'a réconciliée avec la rhubarbe (le noyer de crème anglaise a pu aider).

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Un clafoutis-cadeau pour la belle brune qui vit avec moi:

inspiré de celui de Loukoum°°° (je n'ai fait que la moitié et je l'ai un peu regretté)

  • 2 œufs

  • 50 g de cassonade

  • 55g de Maïzena

  • 125ml de lait

  • 125 ml de yaourt nature

  • 300g de rhubarbe

  • Des pralines à votre goût

Le clafoutis c'est clafoutant et simple comme tout

  • Battez vos deux œufs avec le sucre et ajoutez la Maïzena. Fouettez à nouveau avant d'ajouter successivement le lait et le yaourt.

  • Pelez et coupez la rhubarbe en tout petits dés. Concassez les pralines.

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  • Beurrez et sucrez votre moule. Versez la pâte et répartissez la rhubarbe. Parsemez le tout de pralines.

  • Enfournez un moule préchauffé à 180°C pour 35 min.

    Et c'est tout. Servez éventuellement avec une crème anglaise à la vanille.

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05 mai 2013

Jeu: reliez les points entre eux et faites apparaître une image

Margot; ma grande prêtresse de la cuisine chinoise; m'a demandé d'écrire 7 choses sur moi. Cela s'appelle un tag et fait de moi une blogueuse versatile. (Tant mieux; j'ai toujours aimé ce mot. Il roule sur la langue).

Je devrais également taguer 15 blogueurs. J'ai essayé (je le jure sur mes flacons de thé matcha et de grué caramélisé Marcolini; ce n'est pas rien). Or tous ceux à qui j'ai d'abord songé... ont été tagué. Etant donné l'heure (tardive) de rédactton de ce billet, je vous renvoie à ma liste de liens (à droite de ces lignes) et vous laisse errer de l'un à l'autre entre jolies proses et recettes gourmandes.

Décompte futile et important:

  1. Lorsque j'ai un carré de chocolat en main, j'hésite longtemps avant de savoir si je vais le laisser fondre et mousser sur les gencives ou savourer le plaisir de la dent qui broie.

    (Mais quand j'ai un thé vert et un chocolat bien noir, j'aime le faire légèrement tremper).

  2. Je vais chez le coiffeur uniquement lorsque les mcheveux ne ressemblent plus à rien. J'aime retrouver des lignes droits et cette sensation toute douce sur la nuque; là où le rasoir est passé.

  3. J'ai encore un peu peur des chiens. Les chats ou les araignées; les vaches ou les serpents me plaisent tous mais la vision d'un chien; obéissant; humanisé, me terrifie. Je crains les chiens car ils ne sont pas assez animaux.

  4. Je suis menteuse. Pour éviter une punition lorsque j'étais petite; par vanité ou préserver mes secrets aujourd'hui. (Je comprends très bien Margot; dans la famille Tenenbaum)

  5. Je bois au moins quatre tasses de thé par jour.

  6. Je multiplie les projets d'écriture de livres, de scénarios, de nouvelles... et je ne suis plus passé à l'acte depuis plusieurs années. Souvent ceux à qui je m'adresse pour un projet commun, d'abord enthousiastes, ne donnent pas suite. Souvent aussi je réécris cent et mille fois la première phrase sans aller plus loin. J'ai abandonné l'idée d'être écrivain.

  7. Je n'aime pas les biscuits; chips et autres sournoiseries que l'on grignote à l'apéritif (sauf les petits choses au wasabi). Mais j'en mange tout de même...

Alors je bricole de petits sablés; des grissinis et des tartinades qui sont bien gouteuses et que je mange avec un réel plaisir. Et j'ai adoré les fruits secs au parmesan de Réjane...

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Munissez vous de:

  • 400g d'amandes; noisettes et noix non salés (ou tout autre fruit sec)

  • 50g de parmesan rapé

  • 1 càc d'origan et 1 càc de thym

    (Mes herbes; fraiches, embaumaient la cuisine... variez selon ce que vous aimez/avez!)

  • 1 càc de piment d'espelette (ou autres épices)

  • fleur de sel; poivre

Et avec une poêle et un four:

  • Verser vos fruits secs dans la poêle et faites les griller (sans matière grasse)

  • Ajoutez les épices et les herbes et faites revenir quelques minutes (sans faire bruler bien sur). Baissez alors le feu et ajoutez le parmesan en remuant rapidement pour bien enrober les noix.

  • Etaler ce mélange sur une plaque couverte de papiuer sulfurisé. Salez; poivrez et enfournez pour ( min dans un four chauffé à 180°C.

    (Là au moins vous savez ce qu'il y a dedans... bonne excuse pour en reprendre une dernière p'tite amande...)

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28 avril 2013

Post quasi télégraphique

Ouvrir des lettres. Travailler mécaniquement. Confondre les lettres sur le clavier et le sens des mots « rue » ou « code postal » à force de répétition. Se sentir tout à la fois éreinté et certain de n'avoir rien fait. Comprendre ce que c'est de rester tard le soir pour ne pas sombrer plus encore le lendemain.

Mais aussi:

La douce sollicitude impromptue d'une femme timide. Se programmer quatre jours de vacances en solitaire et être ranimée de cette sensation de faire. Les râleries communes avec la voisine de bureau. Le émissions de l'après-midi sur France Inter. La découverte du café et le plaisir d'en déguster un à petites gorgées. Renouer avec le musée organique pour une exposition tour à tour lisse (la peau de pêche d'une madone), rêveuse (la toile presque blanche d'une montagne dans la brume) et dure (le sol constellé de cratères d'obus). Puis une deuxième pour espérer que le monde change.

Et enfin les cookies. Bricolés un peu au hasard parce que parfois l'envie de beurre et de sucre me prend le soir à pas d'heure. (Et puis apportés au bureau; pour le plaisir de passer de pièce et pièce avec le sachet à la main).

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Parce que aussi il me démangeait de tester le grué caramélisé (fèves de cacao concassées puis enrobées dans un sirop de sucre) de Marcolini. Récemment j'ai eu la chance de discuter avec cet artisan. Suite à ces quelques minutes, j'aurais été d'accord pour tout plaquer et passer ma vie à travailler avec lui.

Pour une trentaine de petits cookies (tout petits) au caramel et au grué

  • 70 g de farine

  • 50 g de sauce caramel au beurre salé

    (assez liquide, sinon allongez avec du lait)

  • 25 g de flocons d'avoine

  • 1/3 de sachet de levure

  • 30 g de sucre

  • 30 g de beurre mou

  • 20 g de grué

    (les plus gros morceaux concassés au couteau)

Comment qu'on fait?

  • Travaillez le beurre et le sucre à la fourchette (ou au batteur) jusqu'à obtenir un mélange crémeux.

  • Ajoutez le caramel et mélangez pour obtenir un mélange homogène.

  • Assemblez la farine, le sucre, les flocons d'avoine et la levure.

  • Ajoutez les ingrédients « secs » au mélange « humide » et travaillez à la cuillère pour obtenir une pâte homogène.

  • Ajoutez le grué de cacao et mélangez pour bien le répartir.

  • Avec les mains humides (eau froide), prélevez de petites portions de pâte, roulez-les en billes de la taille désirée et disposez-les sur une plaque couverte de papier sulfurisé. Attention à bien les espacer sous peine d'obtenir un unique cookies après cuisson...

  • Et puis enfournez pour 10 à 12 min (selon four et taille des cookies) à 175°C

    A la sortir du four, ils doivent avoir légèrement doré dessus comme dessous mais être encore bien moelleux (ils durcissent beaucoup en refroidissant).

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    (Je n'ai pas vraiment pu tester leur capacité de conservation...)

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21 avril 2013

Non-saison

La saison n'est ni froide ni chaude. Elle est plus agréable que cela: cette saison est celle qui se réchauffe. Le lézard déploie enfin ses écailles.

Il aime s'installer pour lire sur le cuir du fauteuil rendu brulant par le soleil.

Il aime ne plus avoir peur d'être saisi par le froid.

Il aime les déjeuners en terrasse au dessus des toits de Paris. Le bonheur partagé: chacun apprécie la sensation sur sa peau.

Il aime laisser ses pas le guider dans les petites rues en arrachant du bout des doigts de petits morceaux de sa brioche favorite. (Celle-ci, toute rose, fondante et croquante).

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Il aime les petites choses qui croustillent et se mangent du bout des doigts. (Encore une recette de la jeune fille qui aime le piment).

Deux personnes qui grignotent d'autres délices à côté devront se munir de:

  • 300g des petites pommes de terre emballées avec soin par le marchand de légumes (qui aime -je crois- voir le lézard hésiter longuement)

  • 3 càs d'huile d'olive

  • herbes et épices

    (du thym et du piment pour moi mais selon les envies...)

  • sel et poivre

Pour faire croustiller les choses

  • Lavez les pommes de terre avec soin, parce que vous n'allez pas les éplucher. Plongez-les dans une casserole d'eau bouillante pendant 20 min. Pendant ce temps, faites chauffer votre four à 240°C.

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  • Egouttez et séchez vos pommes de terre. Déposez-les sur une plaque couverte de papier sulfurisé et écrasez-les sur ½ cm d'épaisseur (presse-purée, fond de verre, cuillère à soupe...)

  • Parsemez d'épices, herbes, sel et poivre. Arrosez d'huile d'olive. Et that's it. Enfournez pour 20 min.

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14 avril 2013

Petit éloge tout sauf funèbre

Prendre le train tôt pour une région inconnue. Lire son journal en épiant du coin de l'œil ceux qui se rendent au boulot et pour qui tout cela est quotidien. Se sentir une autre en voyant pour la première fois son nom inscrit sur une pancarte, à la gare. Paysage de collines qui se voudraient montagnes.

Arriver à destination et être surprise, malgré tout ce que l'on avait imaginé. Les photos étaient belles, la construction est à couper le souffle. Massif et élégant, le château semble se découper de la réalité. Sous les masses des tailleurs, la pierre se fend en douceur. Elle est ocre, noire ou sang.

Après avoir regardé les murs, les fenêtres, les arches, ce sont les bâtisseurs qui s'imposent à la vue. Parce qu'ils sont beaux, ses hommes aux mains abimées, qui travaillent là depuis quinze ans. Ils ont quelque chose de la naïveté des enfants et du sérieux des adultes. Non pas les adultes qui ont décidé qu'il fallait être « raisonnable », « rentable » ou un autre de ces mots presque grossiers. Le sérieux des adultes qui ont décidé qu'il n'y avait rien de plus beau que d'apprendre.

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Il a plu toute cette journée. J'étais heureuse mais gelée en rentrant. Alors il m'a fallu un plat chaud pour me remettre un peu. Une brandade réconfortante mélangeant les goûts du poisson grillé et citronné et la rondeur de la patate douce. La recette, issue d'un magazine Saveurs, est juste parfaite.

Pour 4 personnes

  • 400g de lieu ou colin en filet

  • 600g de patates douces

  • 2 gousses d'ail

  • jus d'un citron

  • 10 cl de fromage blanc avec un peu de lait (crème liquide à l'origine)

  • chapelure (4 biscottes à la farine complète pour moi)

  • bouillon de volaille (aux herbe sà l'origine)

  • huile d'olive

  • un bouquet de persil (facultatif)

Pour une brandade bien revisitée

  • Portez à ébullition une casserole d'eau dans laquelle vous avez placé le poisson et dilué le bouillon. Dès l'ébullition, égouttez les filets.

  • Épluchez et coupez les patates douces. Faites les cuire 15 min dans l'eau où a cuit le poisson.

    Écrasez les patates, salez, poivrez.

  • Écrasez l'ail (avec le persil si vous en avez). Écrasez le poisson avec l'huile dans une casserole. Ajoutez la moitié de la « persillade », le citron, salez, poivrez.

  • Faites cuire 5 min à feu doux en remuant.

  • Ôtez du feu et ajoutez la purée de patates douces et le fromage blanc (ou crème).

  • Beurrez des plats à gratins individuels (ou un grand) et versez-y le mélange. Mélangez la persillade restante avec la chapelure et répartissez le tout sur la brandade. Placez sous le gril jusqu'à ce que les gratins soient dorés.

       DSCF9421 

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