Les mots d'essence

29 juillet 2015

Seule, pas tout à fait, pas du tout

Visiter un musée le jeudi. Aller à la médiathèque au milieu de l'après-midi. Écouter la radio au fond de la nuit. Ce sont des occupations de solitaire. Les couloirs sont vides, les salles silencieuses, les auditeurs rares. Pourtant, je me sens alors moins seule. Dans la foule, les autres humains ne sont que des passants. Mais réduisez le nombre de passants et ils redeviennent des individus. Réduisez le nombre des individus et ils deviennent des complices.

Lorsque j'ai eu ma première radio, je l'écoutais aux heures à un chiffre. Une émission diffusait alors une compilation des grands moments radiophoniques des années 70. La voix grésillante affirmait « le général de Gaulle est mort ». Nous étions quelques-uns, et seulement quelques-uns, à se fondre dans cet instant-hors-temps. Nous formions une communauté. Je me sentais élue – et appréciée. Je n'ai jamais rencontré ces gens, mais je les aime. Et j'aime les gamins qui lisent des BDs pendant les vacances d'été, et les mamies qui rodent dans les expositions parisiennes.

cookie-cheesecake

(Désolée pour la photo – découpage et dégustation réalisés à 1h du matin, sur gâteau tiède et pépites coulantes...)

Depuis ce matin, je suis amoureuse. Plus par nécessité que par pulsion : j'avais envie d'aimer le monde entier. Et de leur offrir des barres de cookie-cheesecake, une recette de Sylvie (qui a fait de bien plus jolies photos). Soit un appareil à cheesecake pris en sandwich entre deux couches de cookie ! En tout cas, mes petites barres ont vite disparu de la table de la coloc',

Cookie-cheesecake

Pour un gâteau de 15*15 cm

- Pour le cookie

  • 75 g de beurre demi-sel à température ambiante

  • ½ gros œuf

  • 100g de sucre roux

  • 165 g de farine

  • ½ c.à.c de levure

  • 75 g de pépites de chocolat

- Pour le cheesecake

  • 150 g de Philadelphia (ou autre cream cheese)

  • ½ gros œuf

  • 30 g de sucre

  • Vanille (en poudre pour moi)

  • Une pincée de sel

Modus operandi

  • Préparer la pâte à cookie « nature » : mélanger le beurre pommade au sucre. Ajouter le demi œuf et mélanger pour incorporer.

  • Ajouter le mélange farine tamisée/levure et mélanger.

  • Tapisser le moule de papier sulfurisé. Y étaler 1/3 de la pâte.

  • Faire cuire 10 min dans un four préchauffé à 170°C.

  • Laisser tiédir.

  • Préparer l'appareil à cheesecake : fouetter le fromage Philadelphia, la vanille et le sucre. Ajouter le demi œuf, un peu de sel, et mélanger de façon homogène.

  • Finaliser la pâte à cookie « chocolat » : ajouter les pépites dans la pâte nature. Pré-étaler cette pâte à peu près à la taille du moule.

  • Verser l'appareil à cheesecake dans le moule.

  • Recouvrir avec la pâte à cookie au chocolat.

  • Cuire 30 à 35 min à 170°C.

  • Laisser refroidir (pas comme moi : je n'ai pas eu la patience et les pépites semi-fondues ont coulé...). Démouler et découper en barres ou carrés.

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21 juillet 2015

Prendre femme

Avant le métro. Le bruit est partout. Des jeunes gens s'interpellent en criant, riant et s'insultant. Les passants de tout âges déambulent, d'un pas traînant ou chaloupé. Certains roulent des épaules, d'autres des hanches. Tous sont beaux dans cette vantardise assumée. Les broches tournent dans l'atmosphère déjà surchauffée, sur lesquelles rôtissent poulets ou viande façon kebab. Sur les terrasses, les cafés fument, les bières tiédissent, le brouhaha augmente.
Ce quartier est comme une matrone plantureuse, de cinquante printemps et presque autant d'enfants. Elle vous sert dans ses bras à la moindre rencontre, quitte à vous étouffer entre ses seins et dans l'odeur de chou de son tablier.

Après le métro. Le silence s'abat. Les rues sont vides à l'exception de deux hommes en costumes, qui croisent une femme chargée de ses courses. Ils avancent avec légèreté, semblant flotter le long de la ligne du trajet optimal. Chacun est plongé dans ses pensées, encore au bureau ou déjà dans son foyer. L'odeur d'un buisson en fleurs s'échappe au-dessus d'un haut mur blanc et un portail en fer forgé laisse transparaître le vert d'un jardin. Un oiseau, intrus dans la mégalopole, ose y chanter.
Ce quartier est comme une anglaise de la vieille aristocratie. Elle vous accueille dans son salon et dès la première tasse de thé, vous vous sentez plus serein. Vous pouvez parler d'art, de philosophie, ou de rien, mais vous n'osez pas rire aux éclats.

Rares sont les transfuges. Je suis issue de la matrone. L'aristocrate me plaît, mais sa présence m'inonde d'un sentiment trouble. Y a comme un malaise. Comme si un post-it, sournoisement collé à mon front, avertissait : « Intrus ! ».

ravioli-demi-immerge

Voici les premiers ravioli italiens que j'ai jamais réussis. Que j'en suis fière ! Je voulais me concentrer sur la pâte, et non sur le façonnage et ait opté pour un format « géant », inspiré d'une recette d'Edda. Et j'ai adoré cette association de la pâte un peu épaisse, avec un coussin de farce à la ricotta, servis dans une assiette de soupe de tomates confites.

Pour trois personnes (dîner léger) :

Pour la pâte

  • 75 g de farine

  • 25 g de semoule de blé dur dtrès fine

  • 1 œuf (environ 50 g)

Pour la farce

  • 150 g de ricotta

  • 30 g de parmesan râpé

  • Sel et poivre

Pour la soupe

  • 1 kg de tomates bien mûres

  • 2 gousses d'ail

  • Sauge

  • Sucre

  • Huile d'olive

  • Sel et poivre

Modus operandi :

  • Plusieurs heures avant, préparer la pâte : mélanger la farine, la semoule et le sel. Y creuser un puits.

  • Casser l’œuf dans ce puits, et mélanger en incorporant progressivement la farine à partir des bords du puits. Ensuite pétrir 5 à 10 minutes jusqu'à ce que la pâte soit parfaitement lisse.

  • Former une boule, l'envelopper de film étirable et laisser reposer au réfrigérateur plusieurs heures.

  • Pendant ce temps, préparer la soupe : couper le stomates en quatre. Émincer les gousses d'ail. Disposer els quartiers sur une plaque couverte de papier cuisson et saupoudrer d'ail, sauge, sucre, sel, poivre et un bon filet d'huile d'olive. Enfourner pour une heure à 150°C.

  • Laisser un peu tiédir et peler les tomates. Ensuite, mixer et ajouter de l'eau pour obtenir la consistance souhaitée. Rectifier l'assaisonnement.

  • Avant de sortir la pâte, préparer la farce : mélanger tous les ingrédients.

  • Écraser la pâte, la fariner et la passer au laminoir eau premier cran. La faire passer successivement par tous les crans, deux à trois fois par cran, en repliant la pâte en deux ou trois à chaque fois. Fariner au besoin. Arrêter une fois l'épaisseur souhaitée obtenue.

    (Pour une explication plus experte : les règles d'or d'Edda).

  • Découper 6 carrés d'environ 10 cm de côté. Répartir la farce sur 3 carrés. Recouvrir des trois autres carrés, chasser l'air autour de la farce et souder hermétiquement. Réserver sur un trochon fariné.

ravioli-fini

  • Porter une grande casserole d'eau à ébullition, saler (environ 10 g/litre).

  • Pocher les ravioli (1 à 1 ou par 2 maximum), 2 à 4 minutes (goûter pour vérifier la cuisson).

  • Servir dans une assiette de soupe de tomates, chaude ou tiède.

ravioli-table-2

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14 juillet 2015

Moi-je-isme

Les touristes martelaient les marches. Vite ! Le groupe évoque un troupeau de gnou en course vers un point d'eau. La limite avec l'émeute est mince. Vite, vite, plus vite. Je jurerais voir des lueurs de meurtres dans certaines pupilles. Ils rêvent d'arriver les premiers en haut de l'escalier. Là, les attend une statue plusieurs fois centenaire. Cet amour de l'art devrait émouvoir. Mais chaque coureur tient précieusement un appareil à gros objectif, ou un minuscule téléphone dans une housse colorée.

Cette forme de tourisme ridiculise les œuvres. Mais, depuis peu, quelque chose a changé. La meute ne mitraille pas la jeune femme ailée. Elle prend la pose.

« Selfie » a été élu mot de l'année 2013. Je l'ai élu mot le plus laid. Son ADN est la proclamation. La dernière goutte d'importance conférée aux marbres et aux peintures a disparu. Moi-je s'invite sur chaque photo-souvenir. Moi-je s'invite dans chaque paysage. Moi-je s'incruste à côté de chaque rencontre.

tiramisu3

Et, à l'improviste, s'invite l'autre. Dans le sourire d'un vigile : « Quel joli sac ! ». Dans un petit groupe de spectateurs pareillement bouleversés par Mustang. Dans la gentillesse d'un serrurier, qui s'est pourtant épuisé cinq heures durant sur ma porte. Merci à lui. Je lui dédie cette recette de « tiramisu » estival, aux groseilles et madeleines.

Pour 6 verrines de tiramisu d'été

Pour l'appareil

  • 250 g de mascarpone

  • 2 gros œufs (ou 3 moyens)

  • 120 g de sucre + 10 g

Pour la garniture

  • 12 madeleines

  • 300g de groseilles + 100 g

  • 160 g de sucre + 60 g

  • 60 g de jus de citron

  • 20 g de pépites de chocolat noir (fac.)

Modus operandi

  • J – 1 (de préférence) : Faire macérer pendant 24 heures 300 g de groseilles équeutées avec le jus de citron et 60 g de sucre.

  • Le jour même, porter à ébullition avec les 160 g de sucre. Laisser refroidir. Passer au chinois et réserver le jus. Passer ensuite les fruits à travers un tamis fin, en pressant (jeter les peaux qui restent dans le tamis). Ajouter à l'épais coulis obtenu les 100 g de fruits restants et les pépites.

  • Blanchir les jaunes d’œufs avec les 120 g de sucre. Ajouter le mascarpone en fouettant jusqu'à ce que le mélange soit lisse.

  • Monter les blancs en neige avec les 10 g de sucre. Les incorporer délicatement au mélange précédent.

  • Couper les madeleines en 3 ou 4. Les imbiber (à peine) du jus de groseilles réservé.

  • Monter les verrines en commençant par une couche de madeleines, ajouter une c. à café de groseilles, puis 1 c. à souper d'appareil au mascarpone. Répéter cette opération. Réserver au frais jusqu'au moment de servir.

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  • Finir éventuellement avec un peu de cacao en poudre.

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05 juillet 2015

Le dernier achat

L'enfant lambinait sous le soleil. Sa mère ployait le cou sur l'écran de son téléphone intelligent. Il geignait, prêt à hurler, pour rentrer à la maison. La femme devait encore acheter du shampoing. Après, promis, ils retrouveraient leur chez-eux. Le garçon, déjà heureux, pointe la grande surface voisine. Elle refuse, explique chercher le « bon » magasin. Dans sa voix paraît la fatigue, et une envie de hurler, et une envie de pleurer.

Cette histoire n'est pas celle d'un enfant embêtant. Car son smartphone lui a finalement délivré la bonne adresse. « C'est dans la rue juste derrière », plaide-t-elle.

Je connais cette ruelle. Elle ne pouvait acheter son flacon qu'à un endroit. Un supermarché low cost.
Sa lassitude était celle de la honte.

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J'ai parfois envie d'un monde normal. Un endroit-temps où personne ne serait honteux. Il existe. Dans les intervalles où je m'oublie dans une communauté bienveillante. Autour d'un repas de famille, par exemple. Et de ce rôti de porc moelleux, qui avait su combler les préférences de chacun.

Rôti de porc au lait et à la sauge

(4 à 6 personnes)

  • 1 rôti de porc 1,2 kg ficelé par votre boucher

  • 1 dl de lait

  • 2 oignons

  • 6 gousses d'ail

  • 10 feuilles de sauge

  • Huile d'olive

  • Sel, poivre

  • Quelques tubercules à faire cuire avec : ici des pommes de terre et du potimarron.

Modus operandi :

  • Coincer les feuilles de sauge sous la ficelle entourant le rôti. Verser un peu d'huile d'olive dans une grande cocotte et faire dorer la viande sur toutes ses faces. Saler et poivrer

  • Émincer les oignons et éplucher l'ail. Les faire revenir, dans la cocotte (ajouter un peu d'huile d'olive si besoin) jusqu'à ce qu'ils soient blonds.

  • Remettre la viande et verser le lait. Porter à ébullition puis baisser le feu et faire mijoter (sur feu doux ou au four préchauffé à 150°C/th 5) pendant 1 heure. Goûter pour rectifier l'assaisonnement.

  • Pendant ce temps, peler les pommes de terres, les couper en grosses bouchées. Détailler le potimarron en cubes. Les ajouter dans la cocotte et poursuivre la cuisson 30 minutes.

 

roti-cuisson

 

  • Sortir délicatement de la cocotte la viande et les légumes (il en restera des morceaux cassés, qui enrichiront la sauce). Réserver au chaud.

  • Faire réduire le jus restant, puis le mixer. Réduire encore ou allonger de lait. Servir avec la viande découpée en tranches et les légumes.

 

roti3

 

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23 juin 2015

Main verte et paroles d'or

Le soleil peut être une armure. Le dimanche après-midi, il rentre par la fenêtre de la cuisine. Il lutte alors, avec bienveillance, contre les nouvelles distillées dans les pages du journal. Et parfois, le réconfort vient d'amis plus inattendus encore.

Une jeune fille est rentrée dans l'immeuble. Du haut de ma tour, je l'entends saluer la gardienne. Celle-ci correspond en tout point à la femme décrite par Muriel Barbery dans L'élégance du hérisson. L'élégance en moins. Telle est l'idée qu'ont forgé neuf mois de lointaine cohabitation. J'avais omis un détail. Qui pourtant crevait les yeux. Notre cour est une forêt. Et ces plantes ne poussent pas toutes seules.
« Vous avez la main verte, non ? », s'enquiert la nouvelle venue. Un silence grommelant lui répond. Et voilà que l'innocente enfant se met à disserter sur sa plante mourante. « Vous pouvez m'aider ? » J'entends le soulèvement d'épaules. Dix minutes plus tard, le pot de fleurs a été descendu. Une demi-heure après, elles parlent toujours botanique. Elles se sont dit au revoir le plus aimablement du monde.

Peut-être que toutes les épines cachent une petite beauté.

cupcake cookies

Autre exemple de bonne surprise : ces cupcakes. Parce que moi, je n'aime pas ce genre de gâteaux plus-beaux-que-bons. Ceux-ci, avec leurs petits cookies dessous et dessus, m'ont quand même bien plu... (Je n'ai pris qu'une toute-toute petite liberté pour le glaçage, qui est celui de mon carrot cake préféré).

Pour 16 petits cupcake cookies

  • 1 œuf

  • 65 g de fromage blanc

  • ½ c. à café de levure chimique

  • 30 ml de crème liquide

  • 50 g de sucre

  • 80 g de farine

  • 16 mini cookies (faits maison si vous avez le courage)

Pour le glaçage

  • 80 g de fromage type Philadelphia

  • 30 g de sucre glace

Modus operandi

  • Mélanger la farine, la levure et le cacao. Dans un autre saladier, mélanger l’œuf et le sucre, puis incorporer le fromage blanc. Ajouter les poudres petit à petit, puis la crème, et mélanger pour avoir un mélange homogène.

  • Placer un cookie au fond de chaque empreinte d'un moule à muffins. Le recouvrir de pâte (les empreintes doivent être remplies aux ¾)

  • Faire cuire 15 à 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C. Laisser refroidir totalement.

cookie-dans-cupcake

  • Pendant ce temps, préparer le glaçage. Mélanger simplement de façon homogène le fromage et le sucre glace.

  • Ajouter le glaçage sur les gâteaux (à la barbare/cuillère pour moi), une moitié de cookie entière et l'autre moitié émiettée.

  • Ne pas oublier de goûter pour vérifier que c'est-plus-bon-que-beau.

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15 juin 2015

Viral

Les arpenteurs de musée sont apparentés aux vampires. Ils fuient la lumière de l'été. Dehors règnent la poussière, le bruit des amplis à fond et les emballages de burgers jetés à terre. La porte se ferme. Le portique de sécurité de dresse. Puis commence la fraîcheur, le silence, et les regards des autres visiteurs. Ils scrutent les visages déformés et les torsions d'un corps. Devant leurs yeux se déroule la pensée d'un créateur autodestructeur. Tout est beau à faire peur.

Le meilleur vient après. Quand la moiteur est devenue une amie qui prend chacun dans ses bras. Quand les cris d'un public sont des manifestations de joie. Quand les pleurs des enfants ne sont qu'un éclat de vie.

Le merveilleux est contagieux !

bredelecacao3

Et la beauté se trouve aussi dans des biscuits. Ceux qui sont vite faits, vite cuits, vite dévorés et très complimentés. J'aime les compliments …
Recette de Loukoum°°° (tirée de Pinch of yum)de sablés fondants au cacao et leur glaçage fondant.
Conseil de moi-même : utilisez un peu de beurre aux cristaux de sel, ou rajoutez du gros sel, de la fleur de sel, ce que vous avez : le grain sous la dent est une sensation à découvrir.

Pour des « bredele » sablés au cacao :

Environ 50-60

  • 220 g de beurre (mélange demi-sel et cristaux de sel) à t°ambiante

    (ou beurre doux + sel)

  • 140 g de sucre

  • 35 g de cacao

  • 250 g de farine

  • ½ càc de bicarbonate de soude (pas mis)

  • 1 càc de levure chimique

Pour le glaçage

  • 3 càs de cacao

  • 130 g de sucre glace

  • 2-3 càs d'eau chaude

  • 1 càc d'extrait de vanille (pas mis)

Modus operandi :

  • Mélanger le beurre et le sucre au fouet pour obtenir un mélange crémeux. Ajouter le cacao et mélanger jusqu'à avoir une préparation de couleur unie.

  • À part, mêler farine, sel (si besoin), levure et bicarbonate (si utilisé).

  • Ajouter ce mélange à celui au cacao Bien mélanger.

  • Tapisser deux plaques allant au four de papier sulfurisé. Rouler des boules de pâte de la taille d'une noix (ou un peu moins) et les déposer sur les plaques. Creuser un trou au milieu avec l'index.

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  • Faire cuire 7 à 8 min dans un four préchauffé à 180°C. Attention, le trou va un peu disparaître et il faudra le creuser à nouveau à la sortie du four.

bredelecacao2

  • Laisser refroidir. Pendant ce temps préparer le glaçage : mélanger le sucre glace et le cacao. Puis ajouter la vanille (si utilisée) et petit à petit l'eau. Le glaçage doit être assez liquide pour garnir les biscuits, mais sans couler !

  • Poser l'assiette sur la table de la cuisine, et laisser les colocs de passage se servir...

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07 juin 2015

Bifurcation ?

 Elles étaient peut-être sœurs. Les deux femmes avaient la même teinte de peau, la même ossature du visage, les mêmes longs doigts. Mais la première tenait sur ses genoux le sac siglé d'une marque à la mode. L'autre portait sur son ventre un sac à dos défraîchi. L'une avait revêtu une robe moulante et courte, d'un rouge vif. Elle se tenait extrêmement droite sous son chignon tiré à plus de quatre épingles. La seconde avait enfilé un sarouel défraîchi. Elle s'éventait avec un morceau de journal, dans ce métro étouffant.

La femme assise à gauche semblait jeune, car son visage parfaitement lisse n'affichait ni ride ni tâche. Celle de droite semblait jeune, car son visage arborait les mille ridules formées par les rires et sourires.

Je sais que l'une était plus belle – notamment à cause de son magnifique port de tête. Mais je crois que je préférerais connaître la vie de la seconde. Je suis sortie du wagon avant elles. Je ne saurais jamais si elles était de la même famille.

lapin

Une recette de lapin très simple « façon chasseur » de Silvia, mélange du vin blanc, des aromates, du vinaigre et – impromptue – de la sauce soja. J'adore.

Gigolettes de lapin alla cacciatora :

(2 personnes)

  • 2 grosses gigolettes ou 4 plus petites

  • 1 càs de sauce soja

  • 1 petit verre de vin blanc sec

  • 2 càc d'aromates au choix (thym et romarin pour moi)

  • 2 gousses d'ail

  • 4 cl de vinaigre de vin

  • Sel, poivre, romarin,piment

  • Huile d'olive

Modus operandi :

  • Faire mariner, au moins 1 heure, le lapin dans la sauce soja, la moitié du vin et les herbes, dans un récipient couvert, au frais.

  • Éplucher et écraser une gousse d'ail. La faire revenir avec de l'huile. Ajouter le lapin, le faire rissoler, saler un peu. Poivrer et déglacer avec le reste du vin.

  • Baisser le feu (à feu moyen), ajouter la marinade et faire cuire environ 25 min, en ajoutant de l'eau au besoin.

  • Ciseler le romarin, la seconde gousse d'ail et mélanger au vinaigre (en poudre ou épépiné/émincé) et au vinaigre.

  • Ajouter ce mélange 5 min avant la fin de la cuisson : le lapin doit être coloré.

 (J'ai déjà suivi une variante proposée par Silvia et ajouté deux petites tomates en cours de cuisson : différent mais savoureux....)

  • Servez avec des pommes de terre, sous la forme que vous aimez (pour moi, c'est cuites au four dans l'alu, maintenant).

 

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31 mai 2015

Séance ciné

Thierry se fait humilier. La banquière, les potentiels employeurs, l'acheteur de mobile home le rabaissent. Les protagonistes de La loi du marché ne sont pas méchants. Ils défendent leurs intérêts. Ils placent leur personne au dessus de l'autre. Ils n'ont aucune considération pour l'honneur des autres.

Ce film est très douloureux. Il peut empêcher de croire à la beauté. Sauf que. Le couple danse le rock, maladroitement, dans son salon. Ce film est bienfaisant. Parce que la beauté y trouve quand même une place.

croquants1

Ma beauté est de faire du caramel, de rôtir de l'agneau, de cuire des gâteaux.
Les croquants au thé matcha de Loukoum ont empli un dimanche après-midi. J'aime faire fondre le chocolat et en napper précautionneusement chaque gâteau. Les colocs ont aimé aussi, qui les ont achevés en deux jours.

Pour environ 40 croquants au thé matcha

  • 280 g de farine

  • 160 g de sucre

  • 2 càc de levure chimique

  • 1 grosse pincée de sel

  • 2 càs rase de thé matcha

  • 3 œufs

  • 150 g de chocolat noir (Loukoum en utilise le double, mais je trouve que cela cache trop le goût du thé)

Modus operandi

  • Mélanger la farine, le sucre, le thé, la levure et le sel.

  • Fouettez les œufs. Les ajouter au mélange sec et pétrir jusqu'à avoir un pâton. Le renverser sur un plan de travail fariné et former rapidement, en farinant, deux boudins d'une trentaine de cm de long.

  • Placer les boudins, en les espaçant bien, sur une plaque couverte de papier sulfurisé. Les aplatir avec la paume de la main.

  • Enfourner 30 min à 180°C puis laisser refroidir 30 min sur une planche.

  • Découper au couteau à pain, en biais, des tranches d'environ ½ cm d'épaisseur.

  • Faire cuire à nouveau ses tranches, 10 min de chaque côté à 150°C.

  • Laisser refroidir sur une grille.

  • Faire fondre le chocolat au bain-marie et en napper la moitié de chaque croquant.

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21 mai 2015

Les bêtes

L'araignée était au fond de l'évier. Elle me fixait. Tous ses yeux convergeaient vers l'humaine qui était à son plafond. Pourtant, elle n'a pas bougé lorsque le coquetier l'a recouverte. Trente secondes plus tard, elle zigzaguait sur les rebords de fenêtres, entre cendriers et pots de fleurs.
Je n'ai jamais pu tué un insecte, coccinelle comme cafard. Ceux qui hurlent à l'idée d'écrabouiller un moucheron sont souvent des gens biens. Ils refusent de faire du mal. Une minorité a des motifs moins nobles. J'ai simplement trop d'imagination. Je me pense – voire me sais – araignée quand j'en vois une égarée sur mon mur. Et je me refuse à mourir.

J'ai récemment du décapiter une souris. À onze heures du soir, sur le sol de ma cuisine. De précédents locataires ont enduit le placard de glu. Les souris y restent collés. J'ai décollé un cadavre, puis un second. En leur brisant la moitié des os. Une patte bougeait encore. Après, V. a pris son courage, et du dissolvant, à deux mains et a ôté ce piège. Depuis, je les entends courir. Elles sont embêtantes. Tant pis – tant mieux.

salade

Salade de haricots verts aux amandes (d'ici)

(pour les beaux jours – et 3 à 4 personnes)

  • 500 g d'haricots vers

  • 1 poignée d'amandes

  • 2 càs de sauce soja

  • 2 càs de vinaigre de riz

  • 1 càs d'huile neutre

  • 1 gousse d'ail pelée et émincée

  • 1 échalote pelée et émincée

  • Coriandre

Modus operandi

  • Torréfier les amandes à sec dans une poêle sur feu moyen. Hors du feu, ajouter 1 càs de sauce soja, mélanger et réserver.

  • Équeutez les haricots. Les faire cuire dans de l'eau bouillante salée, cela prend 5 à 10 min et ils doivent être al dente. Plonger les haricots dans de l'eau glacée, les égoutter.

  • Mélanger la 2ème càs de sauce soja, l'huile, le vinaigre, l'ail et ajouter le tout aux haricots.

  • Concasser les amandes. Répartir sur les haricots, avec l'échalote. Finir avec la coriandre.

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12 mai 2015

Architecture


Les ponts, couloirs et escaliers, manquent. Les différentes pièces des existences sont lamentablement disjointes. Un jour commence et vous êtes ravi. Un événement passé vous a laissé la joie au cœur. Mais alors que les heures passent, tout prouve que cette chose a cesse d'être. Elle s'est déroulée dans – et pour – une autre personne. Vous avez vécu un bonheur au travail et le soir venu vos enfants crient. Vous avez passé un beau dimanche et le lundi votre travail est toujours morne.

Tout ceci est logique. Mais une voix hurle en moi le contraire. Elle crie, à m'en érailler la pensée, que le bonheur devrait être de longue durée.

 

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Long un peu comme une soirée d'été à n'en plus finir d'apéro, soupe, pain et fromage. Long comme une bouteille de vin qui se finit sur la terrasse. Long comme une famille qui jamais ne cesse.

La soupe de brocoli bête comme chou

(Pour 3 personnes)

  • 1 beau brocoli

  • 1 oignon

  • Du bon bouillon de volaille

  • Un peu d'huile d'olive

  • 1 feuille de laurier

  • 1 clou de girofle

  • Sel et poivre

  • Lait ribot

  • Saumon fumé

  • Aneth

Modus operandi

  • Peler et émincer l'oignon. Découper le brocoli en fleurettes. Ôter les parties les plus dures de la tige et émincer rapidement le reste.

  • Faire chauffer un filet d'huile dans une casserole et y faire suer les oignons à feu moyen. Ajouter le brocoli (fleurettes et tiges) et faire revenir quelques minutes.

  • Mouiller de bouillon à hauteur, ajouter le clou de girofle et le laurier. Saler en fonction de votre bouillon.

  • Faire mijoter jusqu'à ce que le brocoli soit tendre et bien mixer (après avoir ôté le clou de girofle et le laurier). Laisser un peu tiédir.

  • Répartir la soupe dans de grands bols, poivrer, saler si besoin. Ponctuer de gouttes de lait ribot. Ajouter des lanières de saumon et de l'aneth.

  • Servir avec un bon pain à mie dense.

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