Les mots d'essence

30 mars 2015

Une douzaine

Elles ont le don d'invisibilité. Les yeux les frôlent sans que les esprits n'aient un soubresaut. Ils refusent cette présence sur le boulevard. Certains observent les vitrines à travers elles. Plaie béante que laissent ces regards de négation.
D'autres les reluquent visiblement. Trop visiblement : de jeunes hommes en bandes qui font rouler les mots grivois comme ils feraient rouler leurs pectoraux. Pas des clients.

Elles étaient douze, hier, sur le chemin du supermarché. La nuit venait juste de tomber. Douze Chinoises (ou Vietnamiennes, ou Thaïlandaises, qui demande ?) qui portaient jeans, sac au creux du bras, maquillage discret. Elles n'étaient pas laides mais pas très-très belles non plus. Aucune n'aurait figuré au casting d'un film américain.
Douze postures identiques : elles semblaient guetter un petit ami en retard. Mais leurs traits n'exprimaient aucune impatience. Ni bonheur. Ni malheur. En fait, elles ne portaient rien sur le visage. Tout a été aspiré.
Ces femmes dont des trous blancs. Pas des pages blanches : je crains qu'aucune n'ait gardé espoir d'écrire son futur.

 

tartelette2

 

En rentrant, juste après, j'écrivais ces mots dans ma tête. Et je n'avais envie de rien manger. Si : du chocolat.

Voici les tartelettes les plus simples du monde : fonds sucrés recouverts d'une ganache au chocolat au lait et thé. J'aime bien aussi la recette avec appareil cuit de P. Conticini. Mais je n'ai pas toujours le courage de me compliquer la cuisine.

Tartelettes chocolathées

Pour 6 tartelettes

Pour la pâte sucrée :

  • 125g de beurre à température ambiante, en petits morceaux

  • 85g de sucre glace

  • 25g de poudre d’amandes

  • 2g de sel fin

  • 1 œuf

  • 210g de farine

Pour la ganache :

  • 300 g de chocolat au lait

  • 180 g de crème liquide

  • 3 cuillères à café de thé vert (sakura sencha de Jugetsudo)

Modus operandi

  • Préparer la pâte en malaxant le beurre afin de l'assouplir avant d'y incorporer successivement le sucre glace, la poudre d'amandes, le sel, l'œuf et la farine. Bien mélanger après chaque ingrédient.

  • Former une boule, l’envelopper dans du papier film et la mettre au frigo pour 2 heures minimum

  • Faire infuser le thé dans la crème liquide portée à frémissement. Filtrer à travers une passoire fine en appuyant bien pour récupérer toute la crème.

  • Hacher finement le chocolat.

  • Porter la crème à ébullition et la verser en trois fois sur le chocolat, en remuant vivement à la maryse pour émulsionner.

  • Étaler la pâte sur 2 millimètres d'épaisseur et foncer les moulez à tartelettes. Recouvrir ces fonds de papier sulfurisé puis de billes de cuisson ou de légumes secs. Cuire ainsi 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C, puis encore 5 à 10 minutes après avoir retiré les billes de cuisson. Laisser refroidir totalement.

  • Répartir la ganache dans les fonds de tarte et placer au frais (mais pas au frigo) jusqu'au moment de la dégustation.

 

tartelette1

 

Posté par Calimeriane à 14:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


20 mars 2015

Première place

Excellent trimestre. Bons résultats. Élève sérieux et appliqué. Les écoliers peuvent aimer ces mots. Parce qu'ils ont appris à le devoir. Parce qu'ainsi va le monde et la volonté des adultes. Ces mots contiennent aussi la promesse de l'invisibilité. La non-existence est la punition des gens raisonnables.

L'école broie. Ses pires enfants, elle les exclue impitoyablement. Ses fervents adeptes, elle les taille - à coup de sabre ou de scalpel. Jusqu'à ce qu'ils brillent ou qu'ils rompent. Ils sont ceux à qui tout réussit. Et ceux qui veulent tout réussir. La multitude d'anonyme qui crève de ne pas être les meilleurs. Ceux qui sont prêts à tricher, mentir, voler, faire mal, pour atteindre l'excellence. Mais qui ont trop peur pour passer à l'acte.

Ils sont parfaitement normaux. Et totalement monstrueux.

ile-flottante-chocolat

Illustration de ce que je viens de dire : après ces mots, je vous donne une recette de dessert. Pour être « raisonnable ». A peine si je me suis permise de remplir ces îles flottantes de ganache au chocolat ...

Île flottante au chocolat sur mer de thé

Pour 4 personnes

Pour la mer de thé

  • 4 jaunes d'œufs

  • ½ l de lait

  • 1 cuillère à soupe de thé (Sakura sencha de Jugetsudo)

  • 100 g de sucre

Pour les blanc remplis de ganche

(cuisson au four)

  • 2 blancs d'œufs

  • 40 g de sucre

  • 1 pincée de sel

  • 30 g de chocolat au lait

  • 30 g de crème liquide

Modus operandi

  • Porter le lait à frémissement et faire infuser le thé. Filtrer.

  • Faire à nouveau chauffer le lait dans une casserole tout en fouettant les jaunes avec le sucre. Juste avant l'ébullition, ôter le lait du feu et en verser le tiers en filet dans les jaunes. Mélanger constamment.

  • Reverser le tout dans la casserole et faire chauffer à feu très doux. Remuer constamment en dessinant des 8 avec une cuillère en bois. Cesser la cuisson lorsque la crème nappe la cuillère. Passer la crème au chinois et réserver la en filmant au contact (pour éviter la formation d'une pellicule).

  • Faire fondre le chocolat dans la crème liquide (le mieux : en versant la crème chaude en trois fois sur le chocolat haché, tout en émulsionnant vivement à la maryse). Répartir cette ganache dans 4 moules à mini tartelettes (ou bacs à glaçons) et placer le tout au congélateur plusieurs heures.

  • Monter les blancs en neige avec une pincée de sucre. Ajouter ¼ du sucre lorsqu'ils commencent à monter puis progressivement le reste.

  • Répartir les blancs dans des moules à muffins beurrés (ou en silicone) et cuire 3 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

  • Laisser refroidir. Démouler délicatement les blancs et enfoncer un palet au chocolat au centre de chaque.

  • Répartir la crème au thé dans des petits bols et ajouter une « île » dans chaque.

Posté par Calimeriane à 09:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 mars 2015

Avant

Des pointillés de lumière dansent dans la chambre. Le volet ferme mal. Les phares de chaque voiture dessinent ainsi leur passage sur le plafond. Une petite fille les regarde du fond de son coussin. Elle a dans le nez l'odeur des draps propres. L'enfant vit à ce moment-là une grande aventure : cette chambre n'est pas la sienne. Ses parents dorment à, au moins, un demi-village de là. Demain, sa grand-mère lui offrira un bol de chocolat au lait et une tranche de brioche. Si celle-ci est aux raisins, elle aura pris soin de les ôter de la pointe du couteau. Cet amour n'a jamais eu de mot. Mais, mon dieu, il n'en a pas eu besoin.

La petite fille n'existe plus. L'a remplacée une jeune personne coincée quelque part juste avant l'âge adulte. À quatre heures du matin, dans mon appartement parisien, les voitures passent à la même fréquence que devant la maison alsacienne. Hier, les draps sentaient encore la lessive. Cela a suffi. De longues minutes avant de m'endormir j'ai souri. Avec le goût d'un pleur coincé quelque part au creux du ventre. Personne ne devrait être nostalgique à même pas trente ans.


# Musique : Mozart, le Requiem – pour Terry Pratchett, qui a mis mages, coffre et sorcières dans mon enfance, sans oublier de me faire réfléchir. #

pous3

La pou est une spécialité limousine. Une épaisse bouillie de sarrasin qui se mange chaude avec du lait bouillant ou refroidie, coupée en cubes et dorée à la poêle.

La recette, qui vient du magazine Régal, précise que les pous se servent avec une salade miellée ou de la sauce au vin. Moi, j'aime en agrémenter mes poêlées de légumes. Ce soir-là, j'avais fait revenir dans le beurre salé quelques pleurotes jaunes, des champignons de Paris et une persillade).

(Selon le magazine, le nom vient du « soupir qu'exhale la pâte quand on crève la bulle en formation » : « pouh » !)

Pour 4 personnes (en garniture)

  • 100g de farine de blé noir (ou froment, avoine ou orge)

  • 50 cl de lait ( ou moitié lait et petit lait)

  • Sel (ou sucre)

Modus operandi

  • Mélanger intimement les trois ingrédients. Dans une casserole.

  • Porter à ébullition tout en remuant. Une bulle va se former. La faire éclater dans un « pouh » et recommencer, 9 fois.

    Il se peut, en cas de casserole trop grande par exemple, que le bulle ne se forme pas si clairement. Dans ce cas, la faire épaissir en remuant jusqu'à ce que la pâte épaississe comme une polenta. Pour tester, vous pouvez en déposer un peu sur une assiette bien froide : elle doit figer rapidement.

  • Étaler la pour sur une planche de cuisine, sur l'épaisseur désirée pour la section des cubes finaux. Laisser refroidir.

  • Découper les cubes et les faire griller à la poêle dans du beurre.

  • Assembler avec les autres ingrédients prévus.

Posté par Calimeriane à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

05 mars 2015

Un seul être vous manque

Et tout est dépeuplé ? Peut-être pas. La chambre l'est. De taille raisonnable, elle est devenue petite en accueillant bagages et matelas. Débarrassée dudit couchage, elle est immense-ément vide.

Je regardais ma série-débile-du-soir de façon à ne pas lui tourner le dos. Je relevais les yeux de l'écran juste pour le voir rire de sa BD. Je pensais au repas du soir, pour qu'il lui plaise.

Mon meilleur ami : cette expression sonne de la naïveté d'une adolescence attardée. Mais elle convient. Quelques vacheries ont émaillé la jeunesse de cette amitié. Désormais, aucun ne supporterait de faire mal à l'autre. Ses laideurs semblent belles. Ses faiblesses sont des trésors.

Et pourtant, face à face, nous sommes parfois un peu gauche. Avouons sur ce clavier : certains gestes n'ont pas été fait. En sortant du restaurant, je voulais lui prendre la main. Juste pour sentir ses longs doigts de varappeur, et la chaleur de ses paumes. Il aurait compris. Mes phalanges sont restées serrées sur mon sac. Quelle idiote.

Baba parsemé de vanille, transpirant un peu de sirop dans le bol ...

Baba parsemé de vanille, transpirant un peu de sirop dans le bol ...

La prochaine fois, J., tu auras le droit à un dessert. Un baba à ce que tu veux par exemple. Celui-là fut au thé - j'adore l'alcool mais déteste le rhum.

Babas au thé (4)

Pour les babas :

  • 120 g de farine

  • 50 g de beurre

  • 5 g de levure de boulanger

  • 30 g de sucre

  • 10 g de miel

  • 1 œuf

  • 35 g de lait

Pour le sirop :

  • 90 cl d'eau

  • 400 g de sucre

  • ½ gousse de vanille

  • 20 g de thé (sencha jugetsudo pour moi)

Modus operandi

  • Mélanger la farine, le sel, le miel et le sucre (dans le bol d'un robot si vous en avez un). Ajouter la levure émiettée.

  • Mélanger l'œuf battu avec le lait et ajouter-les en deux fois, tout en mélangeant.

  • Ajouter alors le beurre pommade et mélanger, puis pétrir, pendant 10 bonnes minutes.

  • Laisser la pâte reposer à couvert durant deux heures.

  • Dans l'intervalle, réaliser le sirop en portant l'eau et le sucre à ébullition jusqu'à ce que ce dernier soit dissous. Ôter du feu et ajouter le thé et la gousse de vanille fendue en deux et grattée. Laisser infuser selon le goût désiré, avant de filtrer. Réserver.

  • Dégazer et répartir la pâte dans des moules à babas ou des moules à muffins. Les moules doivent être remplis aux 2/3. Laisser reposer à nouveau durant 1 heure, afin que la pâte monte jusqu'aux bords des moules.

  • Enfourner pour 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

  • Laisser à peine tiédir, démouler les babas et les palcer dans un plat profond. Verser au-dessus le sirop froid et laisser imbiber au moins heures, au mieux une nuit. Arroser régulièrement.

    (Ajouter un chouïa de chantilly et un peu de fruit – des poires par exemple – est conseillé ...)

Posté par Calimeriane à 11:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 février 2015

Ignorance

Étalée de tout mon long sur le trottoir. L'étonnement prévaut; Puis la lourdeur du choc sur la hanche et le genou. La pluie mêlée de suie et de pollution entre par les manches de l'imper. Le pull rouge vire au gris sale. Plus tard viendra la douleur aigüe et lancinante de la plaie. Le pantalon gris vire un peu au rose. Je serrerais les dents à chaque pas. Je retiendrais un cri à chaque marche.

Une chose fait beaucoup plus mal. À neuf heures du matin, les Parisiens vont travailler. Aucun ne s'arrête. Aucune voix ne s'inquiète. J'ai croisé des regards en train de se détourner.

Est-ce que cette ville corrompt ?

saumonpatoumi1

D'où mon envie d'un plat fétiche, un plat doudou. Le saumon Patoumi a été adopté par toute la famille depuis des années. Il est simple, clair, bon.

Désolée pour la photo : ce sont les plats de « tous les jours » que personne ne pense jamais à immortaliser.

Par personne :

  • 1 pavé de saumon

  • 1 càs de sauce soja (japonaise, « normale »)

  • 1 càs de jus d'orange

  • 1 càs de sirop d'érable ou de miel

  • Du gingembre frais râpé

  • Du poivre

  • De la coriandre ou ciboulette (fac.)

Modus operandi :

  • Mélanger tous les ingrédients, sauf le poisson et les herbes. Verser cette marinade sur le saumon placé dans un plat allant au four. Laisser mariner, 1 nuit de préférence, 1 heure en cas d'envie subite.

  • Faire cuire 10 min dans le four préchauffé à 180°C.

  • Servir chaud avec herbes et bol de riz.

Posté par Calimeriane à 19:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,



12 février 2015

Mauvaise

Elle a d'abord été bruit. Un bruissement inaudible, qui est languissant comme une chanson sur la nostalgie, et vrillant comme une perceuse. Puis elle a pris forme: une petite bille juste là, devant, en haut, à gauche. Maintenant elle prend un poids. Elle pèse sur les idées et pensée (tentatives de –), petit pois ou enclume, selon les heures.

Elle est sortie de la non-zone, là où sont les envies et pulsions. La fatigue s'adresse directement à ma conscience. Chaque fibre du corps hurle. « Dors ! ». Chacune lutte.« Ne dors pas ! ». Mes cellules sont schizophréniques.

Et la nuit ? La nuit je n'ai pas sommeil.

brownie1

Gâteau des heures sans elle, sorti du four vers une heure du matin.

Il est riche en chocolat, sucré-salé au poivron, piqué de piment. Il est cuit assez lentement, à four assez doux, pour juste se tenir, tout en crémeux.

Vous adorerez ou trouverez ça trop bizarre. J'ai suivi l'idée de Letitia et ajouté le sirop du poivron confit, réduit jusqu'à ce qu'il crie pitié.

Pour un brownie au poivron confit (20*20 cm)

  • 1 poivron rouge

  • 80 g de sucre

  • 10 cl d'eau et le jus de 1 citron

  • 200 g de chocolat

  • 125 g de beurre demi-sel

  • 100 g de sucre

  • 3 gros œufs

  • 2 càs de Maizena

  • 1 càc de piment d'Espelette

Modus Operandi

  • Couper en deux le poivron, l'épépiner et le découper en morceaux de 2*2 cm (voir plus petits)

  • Porter l'eau, le citron et les 80 g de sucre à ébullition. Y plonger le poivron et cuire 15 min à feu doux en remuant.

  • Laisser refroidir dans le sirop puis égoutter.

  • Faire fondre le beurre avec le chocolat. Ajouter le sucre, puis les œufs un à un, la Maïzena et le piment. Bien mélanger entre chaque.

  • Ajouter enfin le poivron, mélanger et verser dans le moule couvert de papier sulfurisé (légèrement beurré pour moi).

  • Enfourner pour 15 min à 180°C (pour Letitia), 25 min à 160°C (pour moi, avec un four aux thermostats plus qu'imprécis).

  • Manger froid, avec le sirop du poivron réduit pour devenir nappant.

brownie2

Posté par Calimeriane à 20:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 février 2015

Trous bleus

Il a de beaux yeux. Bleus clairs, ils sont presque blancs, au milieu d'un visage brun émacié. Il était là tous les jours, devant la boulangerie. Le jeune mendiant a disparu. Je me force à croire qu'il est allé poser son gobelet dans une autre rue. Le plus effrayant est ailleurs. Je l'aurais remarqué, même s'il avait été laid, ou vieux. Mais jamais je n'aurais vu son absence.

Ils doivent être nombreux, à occuper notre quotidien. Et à s'en évaporer sans nous laisser le moindre, plus petit, minuscule, fragment de souvenir.

challah2

J'aurais du lui offrir de la brioche tous les matins. Je me sentirais peut être moins coupable – sans l'être pour autant.

Voici la Chocolate Chunk Challah de Sandra (sans lait, sans beurre). Qu'elle m'excuse de cette introduction peu optimiste, sa brioche est délicieuse.

Pour une énorme tresse :

  • 350 à 390 g de farine T45 ou T55 + 3 g de sel

  • 15 g de levure fraîche

  • 50 g de sucre

  • 40 g d'huile neutre (tournesol, pépins de raisin ...)

  • 1 càs miel

  • 1 œuf

  • 175 ml d'eau

  • 60 g de chocolat noir coupé en morceaux de la taille d'une noisette

  • ½ œuf pour la dorure

  • Sucre grains

Modus operandi

  • Dans un grand saladier (ou le bol du robot), mélanger 100 g de farine avec le sucre et le sel. Ajouter l'huile, l'œuf battu, l'eau et le miel.

  • Mélanger avec une cuillère en bois (ou la feuille du batteur) jusqu'à obtenir une pâte lisse.

  • Mélanger le reste de la farine avec la levure émiettée et l'ajouter progressivement tout en mélangeant, et en raclant les parois du saladier/bol.

  • La pâte devient finalement difficile à travailler à al cuillère : la transvaser sur le plan de travail et la pétrir à la main en ajoutant au fur et à mesure le reste de farine.

  • La pâte doit être lisse et ne plus coller aux doigts. Si ce stade est atteint avant que toute la farine ne soit incorporée, surtout ne pas en ajouter.

  • Pétrir encore 5 à 10 min, ajouter un peu de farine si besoin, jusqu'à ce que la pâte soit homogène, souple et élastique.

  • Bouler, couvrir et laisser reposer 10 min.

  • Aplatir la pâte avec la paume des mains et l'étaler (au rouleau si besoin) de manière pour former un rectangle de 10 cm sur 12.

  • Parsemer du chocolat en l'enfonçant légèrement dans la pâte.

  • Replier la pâte dans la longueur pour emprisonner le chocolat. Souder les bords puis replier les bords (sur 2-3 cm) en dessous du « boudin » ainsi formé. Laisser reposer 10 min.

  • Bouler, en formant une clé en-dessous (l'endroit où les « bords » de la pâte se rejoignent). Placer la boule dans un bol légèrement huilé, en la frottant contre les parois pour l'huiler à son tour. Laisser reposer 45 min à 1 h, en filmant au contact (elle doit doubler de volume).

  • Dégazer la pâte et la diviser en 3 morceaux identiques, puis façonner les morceaux en boudins de 30 à 40 cm de long.

  • Assembler les boudins à une extrémité en les soudant fermement et les tresser. S'arrêter 5 cm avant la fin des boudins, les souder ensemble à nouveau et replier cette soudure en dessous de la tresse.

  • Poser la tresse sur une plaque couverte de papier sulfurisé, badigeonner d'œuf battu et laisser reposer 45 min à 1 h environ en badigeonnant deux fois à l'œuf, à 15 et 30 min.

  • Préchauffer le four à 180°C (th. 6).

  • Dorer une dernière fois la tresse (elle doit avoir doublé de volume), saupoudrer de sucre en grains.

  • Enfourner pour environ 30 min : bien surveiller et couvrir de papier alu si le b rioches dorent trop.

  • Laisser refroidir sur une grille.
    Conserver les tresses dans un sac plastique, mais se couper d'abord une énorme tranche

challah1

Posté par Calimeriane à 21:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

26 janvier 2015

Leur lieu

Un homme fait le pied de grue, toujours. Il fume une cigarette, pianote sur son portable ou prend son mal en patience en détaillant pour la six centième fois la devanture d'en face.
À l'intérieur, les femmes se font tresser ou défriser les cheveux. Et elles discutent. Le terme est trop faible. Elles échangent. Communiquent. Existent. Toujours pas : elles existent aussi à l'extérieur. Elles font quelque chose pour lequel aucun mot n'existe.

Les langues s'agitent plus que les ciseaux ou les peignes. Souvent, la coiffeuse s'est assise à côté de sa cliente pour mieux l'écouter.
Certains hommes ont le droit d'entrer. Pourquoi ? Un mystère que je n'ai pas encore percé ! Ces élus sourient (d'un sourire si large qu'il est presque rire).

(Beaucoup de sociologues ont parlé du rôle que tient le bar ou le café dans une ville. Le salon de coiffure est au moins aussi important).

strozzapreti

Lorsque je souris des orteils au bout du nez – comme en ce moment – j'ai envie de me lancer dans des entreprises culinaires risquées. Comme la pasta maison. Comme le laminoir est au loin (à peine 600 km), je me rabats sur des pâtes faciles à manipuler, telle celle des strozzapreti, à base de farine et d'eau, découverte chez Silvia. La texture est superbe, ferme comme j'aime.

Les proportions ci-dessous sont pour des affamés, et avec une sauce « courte », qui enrobe juste (après test, ce type de sauce convient mieux). Si la sauce est « longue », comme sur la photo, ou si vous avez moins faim, vous pouvez évidemment réduire les quantités.

Strozzapretti pour 4 (bons mangeurs)

  • 400 g de farine T 55 (ou 300 g et 100g de semoule fine de blé dur)

  • 200 ml d'eau

  • 4 pincées de sel

  • Et basta

Modus operandi :

  • Verser la farine sur le plan de travail, creuser un puits et ajouter le sel.

  • Ajouter progressivement l'eau dans le puits en mélangeant avec la farine des bords, du bout des doigts.

  • Lorsque toute l'eau est incorporée, pétrir une dizaine de minutes environ, jusqu'à l'obtention d'une pâte lisse et plutôt ferme.

  • Boulez, enveloppez de film alimentaire et laisser reposer 30 minutes à température ambiante.

(Pendant ce temps, réaliser la sauce de son choix, ici aux champignons, tomates et herbes.)

  • Étaler la pâte au rouleau sur 2 mm d'épaisseur. Puis la couper en bandes de 1,5 cm de largeur.

  • Prendre délicatement une bande de pâte avec les mains, et la rouler sur elle-même en faisant des aller/retour entre les paumes des mains (la forme souhaitée est bien visible sur la photo de Silvia).

  • Découper des pâtes de 5 cm de long en pinçant avec pouce en index. Les déposer un à un sur un linge propre.

  • Pour la cuisson : Verserles strozzapreti dans un grand volume d'eau bouillante salée. Dès qu'il remontent à la surface de l'eau (environ 2 min), les récupérer à l'aide d'une écumoire. Les égoutter et les versez dans le plat contenant la sauce. Mélanger et servir chaud, avec éventuellement du parmesan, ou ici de la poutargue râpée.

Posté par Calimeriane à 21:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

20 janvier 2015

Je suis légion

Une envie qui démange au fond du crâne. L'envie de faire, générer, enfanter. J'ai passé des heures de lycée, longues, très longues, à cause de cela, à vivre-subir cette envie. Une feuille blanche posée sur le bureau, avec un critérium, attend un dessin. Les quelques traits esquissés salissent la blancheur, sans plus.

Après, j'ai écrit.

Le pire étant que cela ne suffit pas. Ils sont humains un peu magiques, et dieux très humains, changelins et pilotes de navire spatiaux, militaires et trickster, vivante-morte et morte-vivante, au fond de mon crâne. Ils ont des noms, ou pas, des mondes, ou le nôtre. Ils sont importants, puissants, complexes, très laids et plus beaux que je ne sais l'être, et le dire, et l'écrire. Ils sont, là, en moi, me font survivre et me font crever.

cheesecake 1

 

Ma recette de cheesecake sans cuisson, en cadeau pour une jeune fille qui aime ça, et que je commence à connaître. Avec plaisir. Le genre de personnes qui empêche de remâcher-ressasser.

3 cheesecakes individuels (base à varier selon ses envies)

(cercles de 9 cm de diamètre)

Pour la base

  • 75 g de spéculoos

  • 40 g de beurre

Pour l'appareil au mascarpone

  • ½ gousse de vanille

  • 100 g de crème liquide

  • 2 g de gélatine (1 feuille)

  • 1 /2 à 1 càs d'eau

  • 150 g de mascarpone

  • 60 g de sucre glace

Modus operandi :

La base

  • Chemiser les cercles à entremet de rhodoïd (ou comme moi de feuilles pour rétroprojecteur, ou n'importe quel plastique propre et assez rigide.)

  • Émietter les spéculoos et les mélanger au beurre fondu, un peu refroidi. Bien tasser cette préparation au fond des cercles.

  • Mettre au frais pour figer.

L'appareil

  • Porter la crème à frémissement, ajouter la gousse de vanille fendue en deux, éteindre le feu et laisser infuser 30 min. Laisser totalement refroidir et mettre au froid avec les fouets du batteur électrique (ou à main pour les courageux).

  • Faire tremper la gélatine 10/15 min dans un bol d'eau froide, pour la ramollir.

    Faire chauffer la demie cuillerée (ou entière, pour ceux qui n'ont jamais réalisé cette manipulation) d'eau et y dissoudre la gélatine en mélangeant vigoureusement.

  • Monter la crème en chantilly.

  • Mélanger le mascarpone et le sucre jusqu'à ce que la masse soit homogène et crémeuse.

  • Ajouter la gélatine, mélanger bien et ajoutez délicatement la chantilly.

  • Verser sur la base et laisser prendre au frais au moins trois heures.

Posté par Calimeriane à 22:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

12 janvier 2015

Hashtag

J'ai un arrière-plan mental depuis presque une semaine.
Comme un ostinato d'idées qui devient audible entre chaque pensée consciente. J'ai vécu une telle chose à quelques reprises dans ma vie. Mais le motif de cette petite mélopée était alors personnel.
Ces jours-ci, il est national, et même international. Il se résume en trois mots, qui ont fait le tour du monde.

Cette sensation est effrayante. Parce que je crains toujours la manipulation. Ce rythme est-il sous-tendu par les battements de mon cœur, les pas de la foule ou le jingle du journal télé ?

Quoi qu'il en soit : je . suis . Charlie.
(Avec les innombrables « mais » qui parsèment mes raisonnements. Je ne suis pas allée manifester dimanche. J'avais mes raisons).

Avec cela, une recette tomberait encore plus étrangement qu'à l'habitude.

J'ai découvert le texte suivant sur la voix de Mama Béa Tekielski. Il a été découvert en 1692 sur les murs d'une église de Baltimore. Son auteur est inconnu.

Mama Béa Tékielski - 1692

 Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte
Et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence
Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes
Dites doucement mais clairement votre vérité
Écoutez les autres, même les simples d'esprit et les ignorants
Ils ont eux aussi leur histoire
Évitez les individus bruyants et agressifs
Ils sont une vexation pour l'esprit
Ne vous comparez avec personne
Il y a toujours plus grand et plus petit que vous
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements
Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe
Soyez vous-même
Surtout n'affectez pas l'amitié
Non plus ne soyez cynique en amour
Car il est en face de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe
Prenez avec bonté le conseil des années
En renonçant avec grâce à votre jeunesse
Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain
Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères
De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude
Au-delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même
Vous êtes un enfant de l'univers
Pas moins que les arbres et les étoiles
Vous avez le droit d'être ici
Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devait
Quels que soient vos travaux et vos rêves
Gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur
Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés
Le monde est pourtant beau

Et... tâchez d'être heureux !

 

Posté par Calimeriane à 20:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



Fin »