Les mots d'essence

06 juin 2016

Quelle pluie pour quelle vie ?

La pluie, dans la Cité, fait reluire les trottoirs. L'eau dévale le long de rues, jaillit sous les pneus. Une odeur de terre mouillée se répand des rares parcs et de quelques bacs à fleurs. Les parapluies se heurtent et leurs propriétaires se défient ou s'insultent du regard.
La pluie, dans le village, fait pousser l'herbe. Mais feu le gazon n'en contient plus un brin. Il est de pissenlits, marguerites, molènes, fragiles graminées... Le sol est aussi moelleux que dans les forêts où le pied s'enfonce dans plusieurs centimètres de feuilles mortes.

Mais la pluie du village fait le vide. Une voiture passe toutes les heures. L'agitation des essuie-glaces est le seul signe d'une vie humaine. Les passagers sont invisibles, derrière les vitres battues par les gouttes. Lorsque l'automobile a tourné au coin de la rue, le silence s'abat.
Dans la Cité, la pluie n'éteint pas le tumulte. Les imprévoyants patientent côte à côte sous les auvents. Les buveurs se serrent sous les abris des terrasses. Des grappes d'étudiants se laissent mouiller en riant. Le regard des enfants laisse deviner l'envie de sauter dans une flaque.

ratatouille-chinoise

(Z'avez déjà essayé de prendre une photo sexy de ratatouille?)

Sous la pluie, j'ai envie de plats chauds : un bouillon fumant dans un énorme bol, un gratin grésillant en sortant du four ou encore un wok qui brûle les lèvres.
La ratatouille chinoise de Margot est parfaite dans ce cas ; avec ses légumes salés-sucrés-fondants. Ma recette diffère un peu pour cause d'utilisation de sauce soja japonaise ; mais elle est – dis-je fort peu modestement – délicieuse.

Ratatouille chinoise

(pour 2)

  • Environ 400 g d'aubergines

  • 2 petites pommes de terre (100 g pour moi)

  • ½ poivron vert

  • 2 gousses d'ail

  • 2 càs d'huile végétale

  • 2 càs de sauce de soja (japonaise pour moi, chinoise et claire pour Margot)

  • Sel

  • (Margot met aussi une ciboule, je n'en ai jamais eu sous la main)

Sauce :

  • ½ càc de fécule de pomme de terre (à défaut, de maïzena)

  • 80 ml d'eau

Modus operandi :

  • Détailler les aubergines en lamelles (format frites). Saler et laisser dégorger au minimum une heure.

  • Éplucher les pommes de terrer. Les couper, ainsi que le poivron, au même format que les aubergines. (Plonger les pommes de terre dans l'eau froide, le temps d'achever les autres préparations).
    Hacher l'ail (et éventuellement la ciboule)

  • Presse les morceaux d'aubergines pour en sortir le plus d'eau de végétation possible, entre les mains ou dans un torchon.

  • Chauffer la moitié de l'huile dans un wok ou une poêle à feu moyen. Y faire dorer les pommes de terre. Puis ajoutez le poivron et cuire jusqu'à ce qu'il soit tendre. Réserver le tout.

  • Chauffer le reste d'huile à feu moyen-fort. Y cuire les aubergines en mélangeant régulièrement. Lorsqu'elles sont tendres, ajoutez une càs de sauce soja et mélanger.

  • Ajouter les pommes de terre, le poivron, l'ail (et éventuellement la ciboule). Mélanger. Verser le restant de sauce de soja, remuer et laisser cuire 3 minutes environ.

  • Pendant ce temps, mélanger la fécule et l'eau.

  • Augmentez à feu fort et lorsque la poêle est bien chaude, verser le mélange fécule/eau tout en remuant. La sauce s'épaissit en quelques secondes. Arrêter tout de suite la cuisson.

  • Manger.

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30 mai 2016

Sauvées

Deux bouées s'accrochent l'une à l'autre. Elles font barrage. Elles aplanissent la houle. La tempête les noiera peut-être. Pas grave. Parce que à deux c'est mieux.
Elles ballottent sous les vagues de mots. Dans la nuit, les racontars ont croisé Baudelaire. Les poèmes s'entrecoupent de récits de petites joies. Le fils et le père mangeant leur glace fast-food. Le chat venu dire bonjour. L'orgue s'échappant des vitraux. Les rimes improvisées. Elles font taire la grande douleur. Le j'en-peu-plus qui n'avait pas de réponse.
Être deux c'est faire semblant de ne plus être seul.

gaufres-liegeoises1

La cuisine est un bon prétexte. « Mange avec moi » cela signifie « Sois avec moi ».
Ces gaufres liégeoises devaient faire plaisir. Elles ont atteint leur but. Les bonnes choses apportent des sourires. Les sourires apportent des bons moments. Tout simplement.
Ma recette est un mélange de diverses inspirations. Elles sont bien moelleuses à la sortie du gaufrier, mais sèchent en refroidissant. Pour les déguster plus tard, mieux vaut moins les cuire puis les réchauffer au four ou au grille-pain.

Gaufres liégeoises

(6 à 8 selon la taille voulue)

  • 200 g de farine

  • 1 œuf

  • 70 ml de lait

  • 8 g de levure fraîche

  • 30 g de vergeoise

  • 80 g de sucre perlé

  • 80 g de beurre demi-sel à t° ambiante (ou beurre doux + ¼ càc de sel)

Modus operandi

  • Diluer la levure dans le lait. Laisser reposer 10 minutes.

  • Mélanger la farine, la vergeoise, éventuellement le sel, et y creuser un puits.

  • Y verser l’œuf battu et la levure diluée. Pétrir 5 minutes, pour obtenir un pâton cohérent.

  • Ajouter alors le beurre en dés et pétrir 10 bonnes minutes.

  • Filmer et laisser reposer environ 1 heure à t° ambiante. La pâte est très collante, et c'est normal.

  • Incorporer le sucre perlé et, à l'aide d'une corne à pâtisserie, diviser en 6 à 8 portions (peser si besoin.). Les former plus ou moins en boules.

  • Laisser reposer 15 à 30 minutes.

  • Faire cuire au gaufrier, simplement jusqu'à couleur désirée.

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23 mai 2016

Lâcher-prise

Les chiffres rouges sont le dernier repère. L'information est factuelle. Elle ne demande aucun effort d'interprétation. Soleil et nuit sont, eux, trop difficiles à décrypter. 11 heures. 14 heures. 15 heures. Puis, d'un coup, 20 heures. Tentative de se lever : une jambe, la seconde, un coup de reins. Nausée et vertige surviennent. Les yeux se ferment, la main cherche le mur. Une seconde, puis une minute, passent avant que la position verticale devienne supportable. Le couloir est long. L'appartement est vide. Aucune aide n'est disponible. Seul le lit est là. Le corps s'y abandonne, s'y régénère dans un oubli total.
Étrangement, la vie devient aussi plus agréable. L'épuisement ne permet pas de gérer les angoisses habituelles. Alors, elles disparaissent.

Je suis malade. J'ai passé plus de trente heures à dormir. Moi, l'insomniaque à la santé de fer... La brutalité de la chose m'a prise par surprise. Je ne comprends rien – tout en ayant l'impression que la vie est plus simple.

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Les moments limpides existent aussi sans la maladie. Ce sont les soirs qui sentent l'été. Les repas en famille. La pâte qui lève et l'odeur du pain qui cuit.
La focaccia sans pétrissage d'Edda, sa simplicité, son allure un peu sauvage, l'odeur des herbes, l'arôme de l'huile d'olive ; conviennent à ces dîners.

Pour une grande focaccia

(J'ai divisé par 2)

  • 500 g de farine riche en gluten (gruau, bonne T45...)

  • 36 cl d'eau à t° ambiante

  • 10 g de sel + gros sel

  • 6 càs d'huile d'olive vierge extra

  • 12 g de levure fraîche

  • 1 branche de romarin

  • 1 branche de thym

Modus operandi

  • Mélanger dans un grand saladier la levure et 10 cl d'eau.
    Attendre 10 minutes qu'une mousse se forme.

  • Ajouter le restant d'eau et mélanger. Couvrir avec la farine, ajouter le sel, un peu de romarin et 1 càs d'huile.
    Mélanger avec une cuillère, environ 5 minutes, pour avoir une pâte à peu près homogène, pas forcément lisse mais souple.

  • Badigeonner la surface de 1 càs d'huile d'olive et couvrir le saladier. Laisser reposer à environ 25°C pendant 1 heure à 1 heure 30 (la pâte doit doubler de volume).

  • Couvrir une plaque à pâtisserie de papier sulfurisé, le badigeonner de 2 càs d'huile d'olive et y renverser la pâte.
    S'enduire les mains d'huile et en caresser la pâte – cela lui évitera de croûter.

  • Laisser lever encore 30 minutes dans le four éteint.

  • Toujours avec les mains huilées, étirer délicatement (pour garder de belles bulles) la pâte, du centre vers l'extérieur. Edda recommande de passer un peu par en-dessous, pour ne pas trop écraser la pâte.

  • Laisser lever encore 10 minutes dans le four éteint.

  • Étirer encore un peu la pâte, en appuyant cette fois du bout des doigts pour former les « trous » typiques de la focaccia. Dernière levée de 10 minutes.

  • Préchauffer le four (après en avoir retiré la pâte !) à 230°C/240°C (th. 8). Pendant ce temps, fouetter 3 càs d'eau et 2 càs d'huile d'olive avec une pincée de sel. Badigeonner la focaccia des 2/3 de ce mélange.

  • Parsemez des herbes restantes et d'une pincée de gros sel.

  • Enfourner dans le bas du four (à 1/3 de hauteur) pour environ 20 minutes. Elle doit être bien dorée (plus que la mienne).

  • Badigeonner la focaccia encore tiède avec le restant du mélange eau/huile. Servir chaud ou tiède de préférence.

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16 mai 2016

1, 2, 3 … Soleil ?

L'air est frais – froid, même. La peau refroidit un peu plus à chaque minute. Seul le soleil pourrait rabattre cette chair de poule matinale. Mais il joue à cache-cache. Il ne sort des nuages qu'à l'heure où les jambes ont glissées sous le bureau. Il fuit toutes les tentatives de promenades. Sans parler des soirs qui s'installent dès le lever du jour.
Mais même absent, le soleil reste présent. Il dure, dure, dure. Et de plus en plus ! Le soleil est mon cauchemar. Les rayons chuchotent. Ils interdisent le repos. Rappellent ce qui reste à faire. Pointent les défauts.

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Je ne suis pas une fille de l'été. Ni de l'hiver. Je préfère les saisons indéfinies, flottantes, que sont le printemps et l'automne. Même dans l'assiette. Aux légumes du soleil, je préfère les courges et les racines tordues. Au barbecue, je vante les mérites d'un mijoté. Au gaspacho, je réponds par une soupe fumante.
Ci-dessus en photo, ci-dessous en mots, voici mon dernier potimarron, réincarné en kibbé. Soit un boulgour à la courge renferme des oignons rouges acidulés. L'idée vient du blog de Pascale, et à la base du livre d'Estérelle, mais la recette a été métissée à d'autres sources. Notamment avec l'ajout d'une sauce au yaourt.

Kibbé au potimarron

Pour 2 personnes

  • 350 g de potimarron environ

  • 60 g de boulgour fin

  • 1 càs d'huile d'olive + pour le moule

  • 1 càc de ras el hanout

  • 1 càc de sel

Pour la farce

  • 250 g d'oignons rouges épluchés

  • 1 càs de mélasse de grenade

  • ½ càc de sumac

  • 1 càc de thym

  • ½ càc de cumin

  • 2 càs d'huile d'olive

  • Sel

  • Facultatif : 10 à 20 g de noix grossièrement concassées

  • Pour la sauce : yaourt, ail, coriandre et sel ; au goût.

Modus operandi

  • Couper le potimarron non pelé en dés. Le faire cuire à la vapeur ou dans une casserole avec un fond d'eau jusqu'à ce qu'il soit tendre.

  • Couvrir le boulgour d'eau, le faire gonfler 15 min puis égoutter.

  • Écraser le potimarron (sans l'eau résiduelle si cuisson à la casserole). Incorporer le boulgour, l'huile, les épices, le sel. Goûter et rectifier si besoin. Réserver.

  • Peler et émincer finement les oignons. Les faire colorer 2 minutes dans l'huile d'olive. Saler un peu, couvrir, baisser à feu doux et laisser compoter 15 minutes en mélangeant de temps en temps.

  • Ajouter la mélasse et les épices (et les noix si vous souhaitez). Goûter et rectifier si besoin.

  • Huiler un moule rectangulaire (environ 15* 20 cm chez moi)
    Y étaler la moitié de la préparation au boulgour. Étaler uniformément la farce aux oignons. Couvrir du restant de préparation au boulgour.
    Égaliser en tassant légèrement et dessiner des croisillons de la pointe du couteau.

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  • Enfourner pour 40 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

  • Pendant ce temps, préparer la sauce en mélangeant le yaourt, l'ail écrasé, la coriandre ciselée et le sel.

Le kibbé se mange chaud ou tiède, et se conserve bien 2 à 3 jours au frigo.

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11 mai 2016

L'heure des parents

D'un côte de la ligne, la soirée commence ou est bien entamée. De l'autre, elle est encore en projet(s). Ils sont étudiants, jeunes ou moins jeunes travailleurs, et appellent leurs créateurs chaque semaine. Je les entends. Les fenêtre de leurs appartements, ouvertes sur la tiédeur du soir, donnent sur la cour. Celle-ci résonne de voix affectueuses, parfois réprobatrices ou agacées : « Mais-euh maman ! » (ou sa déclinaison paternelle). Je ris lorsqu'ils se creusent la tête : que faut-il raconter, cacher ou avouer ? Le rythme des mots est empesé de la mémoire de l'enfance, lorsque ces échanges avaient lieu à la table du dîner.

Peut-être est-ce moi qui imagine tout cela. Qui colle mes souvenirs sur des bribes de phrases. Tant pis. Tant mieux. Ils me plongent dans la douce remémoration d'un amour pas perdu.

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Ces biscuits sont la preuve que l'acharnement finit par payer. Je m'étais essayée quelques fois aux biscuits craquelés au chocolat. Mes échecs avaient pris des formes très variées. Cette version au citron, Lemon crinkles, trouvée chez Cooking Julia, fut une totale et immédiate réussite.

Lemon crinkles

Pour 21 gros biscuits (25 g de pâte crue) ou 36 petits (17 g)

  • 100 g de beurre mou

  • 1 œuf

  • 40 g de jus de citron

  • Le zeste de 1 citron

  • 120 g de sucre en poudre

  • 300g de farine

  • ½ sachet de levure

  • 1 pincée de sel

  • Pour la finition : 60 g de sucre glace + 60 g de sucre en poudre

Modus operandi :

  • Battre l’œuf et le beurre au robot (ou à l'huile de coude).

  • Ajouter le jus et le zeste de citron. Mélanger.

  • Incorporer le sucre, la farine, la levure et le sel. Bien mélanger à nouveau et former une boule/

  • Mettre au frigo, dans un papier film pendant 1 heure.

  • Prélever des portions de pâte, les peser à la taille souhaitée (si, si, vraiment !) et les rouler.

  • Les passer dans le sucre en poudre puis le sucre glace.

  • Disposer sur une plaque couverte de papier sulfurisé et réserver 15 minutes au frigo.

  • Aplatir légèrement les boules.

  • Cuire 15 min dans un four préchauffé à 180°C. Laisser tiédir quelques minutes puis faire refroidir sur une grille.

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30 avril 2016

À la bibliothèque

Des mines grattent le papier. Les sourcils sont froncés. Les yeux naviguent sur un énoncé. Il est de moins en moins compréhensible au fil des minutes. Le stylo tourne entre les doigts en attendant que la révélation survienne. La main s'égare parfois dans les alentours d'un smartphone. Les cahiers sont ouverts sur des livres de cours, eux-mêmes empilés sur plusieurs annales.

Ils souffrent, ces étudiants. Ils sont plongés dans l'action – mais aussi dans l'attente.
Mais qu'ils sont chanceux. Ils n'ont rien à choisir. Réussir ou échouer. L'avenir se résume à ces deux options.
Aussi forte que soit leur peur, je les envie. Ils savent ce qu'ils doivent faire. De quelle façon travailler. Quoi espérer.

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Sur certaines questions, au moins, je m'évite les valses-hésitations. Au sujet du flan, par exemple. Je sais comment je l'aime. Et comment je ne l'aime pas. Il doit répondre à certains critères, précis et inamovibles.
Alors, qu'est-ce qui m'a pris de réaliser la recette de Carole ? Elle n'a rien à voir avec ma version, parisienne et vanillée, tant aimée. Ces flans sont un peu plus denses, épais et infernalement crémeux. Ils sont aussi parfumés de citron vert et de cardamome, sur une base de spéculoos. Mais – surtout – ils sont vachement bons.

Flans au mascarpone, citron vert et cardamome

(Pour 4 cercles de 9 cm de diamètre)

  • 3 jaunes d’œuf

  • 70 g de spéculoos

  • 20 g de beurre fondu

  • 50 g de lait

  • 50 g de Maïzena

  • 90 g de sucre

  • 100 g de mascarpone

  • 1 citron vert (zeste et jus)

  • 5 gousses de cardamome verte

Modus operandi :

  • Faire infuser le lait : porter à ébullition avec les gousses de cardamome fendue, éteindre et attendre 15 minutes.

  • Fouetter la Maïzena avec les jaunes d'œufs, le sucre, le zeste et le jus de citron vert.

  • Verser là-dedans le lait chaud (et filtré !) en filet, tout en mélangeant.

  • Remettre le tout dans la casserole et cuire à feu doux comme une crème pâtissière.

  • Hors du feu, ajouter le mascarpone et fouetter vigoureusement.

  • Filmer au contact et laisser tiédir (environ 20 minutes).

  • Pendant ce temps, mixer les biscuits et ajouter le beurre. SI besoin, mixer à nouveau.

  • Répartir les biscuits dans les cercles à entremets beurrés et bien tasser. Ajouter la crème par-dessus.

  • Cuire 20 à 30 minutes (surveiller) dans un four préchauffé à 200°C.

  • Laisser refroidir avant de démouler, et placer au moins 3 heures au frigo.

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25 avril 2016

Chut...

Écouter les vieilles personnes peut demander un effort. Les mots sont lents à venir, les phrases un peu tordues, la grammaire malmenée – surtout quand plusieurs langues se mélangent.
Mais rien ne vaut les phrases saisies au détour d'une oreille parfois inattentive. « La vie, c'est beau, mais c'est con. », qu'il disait, dans le film.
Les rides peuvent être belles, quand elles sont vraies. Celles qui ont été retardées ne disent qu'une chose : la volonté de les cacher. Celles qui ont vécu leurs vies... disent cette vie.
Les gestes sont faussement lents. Les mains semblent hésiter, qui ont des doigts maladroits. Mais ils vont droit au but. Ils savent le mouvement idéal.
Les vieux et vieilles ne se rendent pas compte de l'étrangeté de leurs histoires. Le monde de leur enfance est aussi fantastique que celui né du plus doué des auteurs de science-fiction. « Au temps allemand » …

J'aime être la porteuse de doubles souvenirs. Souvenirs de l'époque inconnue. Souvenirs des moments où ils sont ressuscités.

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Ce plat n'a pas vraiment de recettes, seulement des grandes lignes. Il part d'un bouillon de volaille, un vrai, confectionné par la grand-mère. La mère l'a aromatisé avec des saveurs thaïlandaises : de la citronnelle, du basilic thaï, du gingembre et je-ne-sais quoi d'autre. Faites comme il vous chante.
Je m'en suis saisi et y ai ajouté des éléments que j'aime, en m'inspirant de cette jolie recette : du cabillaud très doucement poché, et des navets jaunes, dorés au beurre.

Cabillaud et navet à la thaïlandaise

(pour 3 personnes)

  • 3 pièces de dos de cabillaud

  • 3 beaux navets boule d'or

  • Beurre

  • ½ badiane

  • 1 clou de girofle

  • ½ càc de graines de coriandre

  • Sel

  • 75 cl de bouillon de volaille façon thaï
    (infusée de citronnelle, basilic thaï, gingembre...)

Modus operandi

  • Saler le cabillaud. Laisser reposer 1 heure.

  • Couper les navets en fins segments (environ 16 par navets, selon la taille des légumes).

  • Faire fondre le beurre dans une large poêle (les navets ne doivent pas se chevaucher). Y faire doucement revenir les épices pour les faire infuser dans le beurre mais pas torréfier.

  • Ajouter les navets, saler. Faire revenir à feu moyen pour qu'ils commencent à prendre une légère couleur.
    Couvrir, baisser à feu doux.

  • Faire cuire/dorer en remuant régulièrement.

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18 avril 2016

Le regard façon scalpel

Est-ce la lumière du soir ? Est-ce l'état de mon esprit ? Les sculptures de l'église Saint-Laurent se détachent avec force sur le bleu-blanc du ciel. Les peaux les plus lisses sont constellées de crevasses. Rides, rires, lippes boudeuses, entrelacs des oreilles et boutons d'acné : chaque caractéristique saute aux yeux. Les teintes de cheveux, leur épaisseur, leur brillance, jusqu'à la rugosité de leurs écailles... Tant de détails, dans chaque corps humain. Leur variété – plus qu'infinie car d'un infini qui augmente à chaque naissance – est juste fascinante. Chaque instant de ma vie pourrait être passé à s'en émerveiller. Si je vivais trois siècles encore, je n'aurais même pas le temps de m'intéresser aux gestes, et aux immobilités.
Sauf que, quand je me lève le matin, je pense au boulot, à la pluie, aux ennuis. Je suis aveugle au reste.

cake-caramel-entier

Je crois n'avoir jamais regardé le visage de mes plus chers amis. Pas avec cette acuité. Je le regrette. L'une d'elles m'a offert les éclats de caramel qui décorent ce gâteau. Ils sont tout à fait facultatifs. Sauf qu'ils sont aussi essentiels : je n'ai réalisé le (par ailleurs délicieux) cake vanille-caramel de Carole que pour les utiliser.
Petite variante personnelle : j'ai réalisé plus de caramel crémeux, pour en décorer le cake, et pouvoir en napper une ou deux tranches... Ce fut une bonne, voire brillante, idée.

Cake au caramel et à la vanille
(1 moule de 21*11 cm)

Pour le caramel

  • 100 g de sucre

  • 20 g de crème liquide entière

  • 1 gousse de vanille

Pour le cake

  • 150 g de farine + 1 pincée de sel

  • 50 g de poudre de noisettes ou d'amandes

  • 1 càc de levure chimique

  • 50 g de sucre

  • 3 œufs

  • 50 g de beurre fondu

  • Fac. : pralin ou éclats de caramel

Modus operandi :

  • Le caramel : Couper la gousse de vanille en deux, en prélever les grains.

  • Mélanger la gousse, les grains et la crème, faire chauffer et stopper juste avant ébullition. Tenir au chaud.

  • Réaliser un caramel à sec. Ajouter la crème bien chaude, en 2 ou 3 fois, en mélangeant énergiquement.

  • Faire cuire encore deux minutes ou plus pour homogénéiser (des éclats de caramel peuvent se former).

  • Laisser refroidir, ôter la gousse.

  • Le cake : Mélanger la farine, la levure, le sel, la poudre de noisettes ou d'amandes.

  • Battre les œufs avec le sucre. Ajouter les ¾ (peser avant !) du caramel refroidi, puis le beurre, en mélangeant bien à chaque fois.

  • Incorporer le mélanger sec, mélanger grossièrement.

  • Verser dans le moule chemisé de papier sulfurisé, ou beurré.

  • Faire cuire 50 minutes dans un four préchauffé à 160°C.
    Laisser tiédir, démouler, et laisser refroidir sur une grille.

  • Décorer avec du caramel restant, saupoudrer de pralin ou d'éclats de caramel. Servir avec du caramel...

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11 avril 2016

Souvenirs en pelote

Le destin d'Amélie Poulain démarre avec une boîte à souvenirs.
Tout le monde a de ces coffres aux trésors, plusieurs, plus ou moins garnis. Mais, généralement, ils n'ont pas d'existence physique. Et ils sont si bien cachés que leur possesseur les oublie. Puis les redécouvre. Et les enfouit à nouveau.
Un son, une odeur, une image, ou juste l'infime évocation vaguement ressemblante d'un extrait de passé – et paf, le souvenir explose. Mais il ne vient pas seul. Lui sont reliés, mêlés, d'autres fragments de notre vie. Qui se dévident les uns après les autres. Les brins de ces pelotes de mémoire n'ont qu'un point commun : leur tonalité. Tous vibrent sur la même harmonique émotive – bonne ou mauvaise.

Mon coussin était plié en deux, lorsque je m'y suis écroulée. M'est revenue la sensation de moelleux profond des coussins, chez ma grand-mère, puis les sachets plastiques qui me servaient de cerf-volant, les livres lus en trébuchant sur le chemin de retour du CM1, et les feuilles de glace qui se formaient sur les buis en hiver.

J'avais donc, également, des souvenirs d'enfance heureux, sans excès.

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D'autres souvenirs doucement paisibles se déroulent dans une grande cuisine baignée de soleil. Attendant le retour de deux chers convives, je prépare le déjeuner. Ce jour-là, le dernier potimarron « familial » a eu un étrange destin. Il s'est transformé en cubes doucement confits façon kabocha no anami (j'ai adapté cette recette). Dans cette recette japonaise, la courge est soigneusement taillée, tout aussi soigneusement placée au fond d'une casserole et « mijote » doucement en se gorgeant de sauce soja, mirin et sucre.

Kabocha no anami au potimarron

  • ½ potimarron (environ 500 g, sans les graines)

  • Eau

  • 1,5 càs de sucre

  • ½ càc de sel

  • 1 càs de mirin

  • 2 càs de sauce soja japonaise

Modus operandi

  • Laver et essuyer la courge. La couper en bouchées de 3 à 4 cm de côté.

  • Avec un couteau ou un économe, tailler le côté peau (sans peler!) pour casser la « courbure » (les morceaux doivent tenir « debouts »). Tailler ensuite les 4 bords inférieurs, afin d'adoucir l'angle et que les morceaux ne se heurtent pas trop violemment lors de la cuisson.

    (Pour une explication en images, allez voir sur le blog de Totchie.)

  • Poser les morceaux côte à côte au fond de la casserole, sur une seule couche, en les calant bien (faut aimer le Tétris).

  • Couvrir d'eau à hauteur.

  • Porter à ébullition, écumer et baisser à feu moyen-vif. Ajouter alors le sucre et le sel.

  • Couvrir d'un petit couvercle au contact de la courge (il doit donc être d'un diamètre inférieur à la casserole) ou d'une feuille de papier aluminium ou sulfurisé percée (toujours au contact).

  • Quand le liquide a réduit de moitié, ajouter le mirin et la sauce soja.

  • Remettre le couvercle et porter à ébullition. Retirer le couvercle et laisser réduire jusqu'à obtenir une consistance sirupeuse.

  • Opérer avec délicatesse pour retirer les morceaux de la casserole. Se déguste chaud, tiède, ou à température ambiante.

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04 avril 2016

Rendez-nous les défauts !

La chasse est ouverte. Celle au défaut. Petit ou gros.
Cet objet a une tache. Celui-ci a une bosse. Poubelle. Le fromage porte des bactéries, la fleur est allergène, le beurre donne du cholestérol. Sans oublier cette fille, connue sur Meetic, qui boite. Ou ce garçon, qui louche.

Désormais, les choix se font par l'exclusion. Une minuscule tare suffit, pour que l'excellence devienne du second choix. À ce jeu-là, tout le monde perd. Les choses ne sont extraordinaires que dans leur globalité. Pas après avoir été disséquées, fragment par fragment, à la recherche d'un vice.
Sans oublier que chacun a un défaut qui est irrémédiable pour quelqu'un d'autre.
Sans oublier que la seule perfection est la standardisation.
Sans oublier que nous sommes, tous, un jour, tombés amoureux d'un défaut.

À quand la journée mondiale des chiures de pigeon sur les trottoirs, des taches de peinture sur les vêtements, des cuillères ébréchées ?

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Ces cookies, ils ont un défaut. J'ai oublié une ligne de la version originale (de Martha Stewart). Le résultat fut délicieux, crousti-moelleux. Alors j'ai gardé la recette en l'état.

Cookies aux flocons d'avoine, chocolat au lait et raisins

  • 150 g de flocons d'avoine

  • 70 g de farine

  • ½ càc de bicarbonate de soude

  • ½ càc de levure chimique

  • ¼ càc de cannelle

  • 110 g de beurre demi-sel pommade

  • 100 g de sucre en poudre

  • 1 œuf

  • 100 g de (grosses) pépites de chocolat au lait et raisins golden

    (ou ce qui vous plaît)

Modus operandi

  • Mélanger les flocons d'avoine, la farine, le bicarbonate, la levure et la cannelle.

  • Fouetter le beurre et le sucre pendant 5 min, jusqu'à ce qu'ils soient mousseux.

  • Incorporer l’œuf battu, puis le mélange de poudres, puis les pépites et raisins, en mélangeant bien entre chaque.

  • Former des boules de 4 cm de diamètre environ (ou selon la taille recherchée) et les disposer sur une plaque couverte de papier sulfurisé en les espaçant de 5 cm environ.

  • Les aplatir légèrement.

  • Cuire 10 min dans un four préchauffé à 180°C. Les laisser tiédir 5 min avant de les transférer sur une grille pour les laisser refroidir.

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Posté par Calimeriane à 09:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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