Les mots d'essence

21 mai 2015

Les bêtes

L'araignée était au fond de l'évier. Elle me fixait. Tous ses yeux convergeaient vers l'humaine qui était à son plafond. Pourtant, elle n'a pas bougé lorsque le coquetier l'a recouverte. Trente secondes plus tard, elle zigzaguait sur les rebords de fenêtres, entre cendriers et pots de fleurs.
Je n'ai jamais pu tué un insecte, coccinelle comme cafard. Ceux qui hurlent à l'idée d'écrabouiller un moucheron sont souvent des gens biens. Ils refusent de faire du mal. Une minorité a des motifs moins nobles. J'ai simplement trop d'imagination. Je me pense – voire me sais – araignée quand j'en vois une égarée sur mon mur. Et je me refuse à mourir.

J'ai récemment du décapiter une souris. À onze heures du soir, sur le sol de ma cuisine. De précédents locataires ont enduit le placard de glu. Les souris y restent collés. J'ai décollé un cadavre, puis un second. En leur brisant la moitié des os. Une patte bougeait encore. Après, V. a pris son courage, et du dissolvant, à deux mains et a ôté ce piège. Depuis, je les entends courir. Elles sont embêtantes. Tant pis – tant mieux.

salade

Salade de haricots verts aux amandes (d'ici)

(pour les beaux jours – et 3 à 4 personnes)

  • 500 g d'haricots vers

  • 1 poignée d'amandes

  • 2 càs de sauce soja

  • 2 càs de vinaigre de riz

  • 1 càs d'huile neutre

  • 1 gousse d'ail pelée et émincée

  • 1 échalote pelée et émincée

  • Coriandre

Modus operandi

  • Torréfier les amandes à sec dans une poêle sur feu moyen. Hors du feu, ajouter 1 càs de sauce soja, mélanger et réserver.

  • Équeutez les haricots. Les faire cuire dans de l'eau bouillante salée, cela prend 5 à 10 min et ils doivent être al dente. Plonger les haricots dans de l'eau glacée, les égoutter.

  • Mélanger la 2ème càs de sauce soja, l'huile, le vinaigre, l'ail et ajouter le tout aux haricots.

  • Concasser les amandes. Répartir sur les haricots, avec l'échalote. Finir avec la coriandre.

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12 mai 2015

Architecture


Les ponts, couloirs et escaliers, manquent. Les différentes pièces des existences sont lamentablement disjointes. Un jour commence et vous êtes ravi. Un événement passé vous a laissé la joie au cœur. Mais alors que les heures passent, tout prouve que cette chose a cesse d'être. Elle s'est déroulée dans – et pour – une autre personne. Vous avez vécu un bonheur au travail et le soir venu vos enfants crient. Vous avez passé un beau dimanche et le lundi votre travail est toujours morne.

Tout ceci est logique. Mais une voix hurle en moi le contraire. Elle crie, à m'en érailler la pensée, que le bonheur devrait être de longue durée.

 

soupe1

Long un peu comme une soirée d'été à n'en plus finir d'apéro, soupe, pain et fromage. Long comme une bouteille de vin qui se finit sur la terrasse. Long comme une famille qui jamais ne cesse.

La soupe de brocoli bête comme chou

(Pour 3 personnes)

  • 1 beau brocoli

  • 1 oignon

  • Du bon bouillon de volaille

  • Un peu d'huile d'olive

  • 1 feuille de laurier

  • 1 clou de girofle

  • Sel et poivre

  • Lait ribot

  • Saumon fumé

  • Aneth

Modus operandi

  • Peler et émincer l'oignon. Découper le brocoli en fleurettes. Ôter les parties les plus dures de la tige et émincer rapidement le reste.

  • Faire chauffer un filet d'huile dans une casserole et y faire suer les oignons à feu moyen. Ajouter le brocoli (fleurettes et tiges) et faire revenir quelques minutes.

  • Mouiller de bouillon à hauteur, ajouter le clou de girofle et le laurier. Saler en fonction de votre bouillon.

  • Faire mijoter jusqu'à ce que le brocoli soit tendre et bien mixer (après avoir ôté le clou de girofle et le laurier). Laisser un peu tiédir.

  • Répartir la soupe dans de grands bols, poivrer, saler si besoin. Ponctuer de gouttes de lait ribot. Ajouter des lanières de saumon et de l'aneth.

  • Servir avec un bon pain à mie dense.

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03 mai 2015

Ça

Il portait un costume de souris. Un de ces accoutrements qui hantent les parcs d'attraction. Certains enfants les aiment ( ou en ont l'air). D'autres les craignent. Ils m'évoquent la forme de clown du Ça de Stephen King.

Dans ce grand boulevard de la Ville-lumière, capitale de beaucoup de choses, un mendiant s'est déguisé en souris. J'hésitais à lui donner une pièce ou éclater en sanglot. Et j'ai juste détourné les yeux. Qui peut le voir et avoir le cœur joyeux ? Devant lui, même un enfant doit ressentir une forme de terreur.

La ville est parfois pire que Ça.

gateau-momo

Je ne vous ai jamais parlé du gâteau à l'orange de Momo (merci Patoumi). À faire en cas d'envie de … gâteau à l'orange. Il est tout simple, imbibé de jus – même pas de sirop. À faire aussi en cas d'envie de confort, d'envie de faire plaisir, d'envie de choses jolies et pas compliquées.

À faire, donc, pour se faire du bien.

Le gâteau à l'orange de Momo

(ici pour un petit moule de 11 cm de diamètre)

  • 1 orange

  • 40 g de beurre mou (demi-sel pour moi)

  • 75 g de farine

  • 1 œuf

  • ½ paquet de levure

  • 60 g de cassonade

Modus operandi

  • Beurrer et fariner le moule.

  • Fouetter la cassonade et le beurre mou pour obtenir un mélange crémeux.

  • Ajouter l’œuf et le zeste d'une demie orange. Mélanger. Presser l’orange et ajouter la moitié du jus. Mélanger à nouveau. Ajouter la farine et la levure tamisées, mélanger une dernière fois.

  • Verser dans le moule et faire cuire à 180°C, environ 20 minutes.

  • Laisser tiédir et démouler sur une grille, au-dessus d'une assiette profonde. Percer le gâteau tout partout de petits trous, avec une fourchette. Verser le reste de jus sur le gâteau.

  • Déguster froid ...

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26 avril 2015

Dimanche "matin"

Certains ont une terrasse ensoleillée. D'autres se contentent d'un rai de lumière dans leur cuisine. Un garçon s'est placé sur son trajet pour prendre son petit-déjeuner. Une jeune fille, presque une enfant, lit son journal. Le dernier habitant, presque un homme mûr, rentre d'une promenade sur le bord du canal. Les tasses fument. L'heure et le jour sont les mêmes – seize, dimanche. Chacun vit son propre moment. Les trois se rejoignent par hasard.

Cette colocation est harmonieusement disjointe. C'est quelque chose de très-très beau.

strudel-baklava2

Mon autre source de bonheur, en ce moment, est la réussite de certaines recettes. Lorsque j'imagine une chose, et que ce goût se réalise. Ce fut le cas, voici presque un an, pour ce strüdel croisé avec un baklava.

Pour le strüdel qui se prenait pour un baklava (4 à 6 personnes)

  • 5 feuilles filo

  • 3 poires Williams

  • Jus de citron

  • 60 g de poudre d'amandes

  • 1 càs de thé (Sakura sencha Jugetsudo)

  • 20 g de cassonade

  • 4 càs de miel

  • 4 càs d'eau

  • Eau de rose

Modus operandi :

  • Mélanger la poudre d'amandes et le thé.

  • Laver, peler et découper les poires en fines tranches. Le scitronner et les faire mariner avec le sucre pendant 15 minutes.

  • Déposer une feuille filo sur un torchon. La badigeonner de beurre fondu et superposer ainsi les cinq feuilles.

  • Répartir le mélange aux amandes sur la dernière feuille, puis les poires, en laissant 3 centimètres vides sur les bords. Rabattre ces quatre marges sur la farce et rouler le plus serré possible le strüdel, dans la longueur.

  • Déposer le rouleau sur une plaque couverte de papier sulfurisé. Badigeonner de beurre fondu et faire cuire 30 minutes à 180°C (jusqu'à ce qu'il soit bien doré).

  • Réaliser en sirop en diluant le miel dans l'eau. Aromatiser d'eau de rose, selon vos goûts.

  • Découper le strüdel en larges tranches et les servir avec le sirop.

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12 avril 2015

Le poulet voyageur (et recette de saint-jacques)

Stoppée net au milieu de la rue. Le faubourg est devenu ruelle catalane. Les lampadaires sont des lauriers roses. Les Parisiens – désolée pour eux – ont pris des allures de touristes allemands. Le souvenir est remonté si fort qu'il était un mirage.

Les odeurs sont le chemin le plus court vers la mémoire. Le cerveau nous envoie des images avant même de nous dire qu'il a senti quelque chose. Le choc est grand, car il est d'abord inexplicable. Ce matin, les poulets rôtis de la boucherie arabe avaient la même senteur que ceux de mon bord de mer. Durant quelques fractions de secondes je savais être à 600 kilomètres de Paris. J'insiste : savais, et non croyais. Cette étrange sentiment, de vacances et de sécurité, a perduré toute la journée. Le lendemain sera dur.

ceviche1


(Encore une photo très laide, mais je me suis tant régalée ...)

C. est rentrée du Cambodge. C. est une amie. C. est une incroyable personne : elle sait accepter les originalités, les tics, les TOCs, les choses absurdes.

C. est aussi allée au Pérou. Elle m'a parlé de ceviche, si bien que j'en ai rêvé des mois avant d'en goûter. Depuis, je combine dans ma petite cuisine des simili-ceviche.


Simili-ceviche de saint-jacques

Pour une personne (entrée ou dîner léger)

  • 3 noix de saint-jacques

  • 1 citron vert

  • ½ échalote

  • Piment de Cayenne en poudre
    (ou un petit piment rouge)

  • 1 càc d'huile d'olive

  • Ciboulette ou coriandre (fac.)



  • QS potimarron

  • Sel, sucre

Modus operandi

  • Émincer les saint-jacques en très fines lamelles.

  • Couper le corail en petits dés. Peler et détailler de même l'échalote.

    (Épépiner et émincer très finement le piment rouge).

  • Presser le citron vert et mélanger les saint-jacques au jus avec l'huile d'olive, le corail, l'échalote et le piment. Saler à peine. Faire mariner 20 minutes au frais.

  • Pendant ce temps, couper le potimarron en dés (1 cm de côté) et le cuire-confire juste tendre dans une casserole, avec un fond d'eau, une pincée de sel et une petite cuillerée de sucre.

  • Servir le ceviche froid avec le potimarron tiède par-dessus (et éventuellement les herbes émincées).

 

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07 avril 2015

Pâques, 2015, Paris

Pâques a eu lieu mardi, à une heure du matin. La célébration fut légère, joyeuse et gratuite. Comme l'est une chasse aux œufs pour un enfant.

À trois heures du matin, trois colocataires faisaient sauteur un bouchon. Ils pensaient trouver un crémant dans la bouteille. Le liquide était pourpre, avec des arômes de fruits noirs et de bulles discrètes. Premier fou rire : l'étiquette indiquait « Rouge » en lettre plus-grandes-c'est-pas-possible.

À leur habitude, ils ont parlé de tout et de rien. Surtout de rien, en fait.

Et au détour d'un changement musical, Tryo a débarqué dans la minuscule cuisine. Ces trois humains, qui vivent ensemble - par hasard - depuis six mois, connaissaient les paroles par cœur.

Apocalypticodramatic, Désolé pour hier soir et Serre-moi ont rebondit sur le mur lépreux pour cause d'infiltration d'eau. Qu'il était beau, ce mur, cette nuit-là.

Trois visages souriaient d'une même voix. Une jeune fille comprenait le plaisir de chanter dans un chœur. Même si je continue à chanter faux.

muffins2

(Non, ils ne sont pas beaux. Ce n'est pas ce que nous leur demandions)

Pâques a aussi eu le goût de muffins au chocolat; pour souhaiter bon (nouveau) départ à G. La recette ne change plus, mais j'y ai ajouté un crumble (idée d'une adorable lady). Qui, lui, change beaucoup de choses (en mieux).

Pour 6 beaux muffins :

Ingrédients solides

  • 120g de farine + un peu de sel

  • ½ sachet de levure chimique

  • 60g de sucre blond de canne

  • 60g à 75 g de chocolat noir haché (selon vos goûts et votre chocolat)

  • 1 càs rase de cacao

  • + 50 g de pépites de chocolat (ou noisettes, ou ce qui vous tente

Ingrédients liquides

  • 1 œuf

  • 60g de lait

  • 60 g de lait ribot (ou 60g de lait + 1 càs de jus de citron, et laisser reposer 20 minutes)

  • 40g d'huile

  • ½ càc d'arôme vanille

Le crumble

  • 20g de beurre demi-sel

  • 20g de farine

  • 10g de cacao

  • 30g de sucre blond de canne

Modus operandi

  • Râper ou hacher finement le chocolat

  • Mélanger la farine, le sel, la levure le cacao et le chocolat râpé.

  • Mélanger l'œuf, les laits, l'huile, l'arôme vanille.

  • Préparer le crumble : mélanger la farine, le sucre et le cacao. Ajouter le beurre froid en dés et sabler du bout d es doigts jusqu'à obtenir de petits morceaux de pâte friables.

  • Mélanger rapidement (à la fourchette) les mélanges solides et liquides. Ajouter les pépites et mélanger. L'appareil ne doit pas être homogène.

  • Répartir dans des moules à muffins en silicone ou avec des caissettes en papier. Émietter le crumble par-dessus. Enfourner pour 15 à 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

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30 mars 2015

Une douzaine

Elles ont le don d'invisibilité. Les yeux les frôlent sans que les esprits n'aient un soubresaut. Ils refusent cette présence sur le boulevard. Certains observent les vitrines à travers elles. Plaie béante que laissent ces regards de négation.
D'autres les reluquent visiblement. Trop visiblement : de jeunes hommes en bandes qui font rouler les mots grivois comme ils feraient rouler leurs pectoraux. Pas des clients.

Elles étaient douze, hier, sur le chemin du supermarché. La nuit venait juste de tomber. Douze Chinoises (ou Vietnamiennes, ou Thaïlandaises, qui demande ?) qui portaient jeans, sac au creux du bras, maquillage discret. Elles n'étaient pas laides mais pas très-très belles non plus. Aucune n'aurait figuré au casting d'un film américain.
Douze postures identiques : elles semblaient guetter un petit ami en retard. Mais leurs traits n'exprimaient aucune impatience. Ni bonheur. Ni malheur. En fait, elles ne portaient rien sur le visage. Tout a été aspiré.
Ces femmes dont des trous blancs. Pas des pages blanches : je crains qu'aucune n'ait gardé espoir d'écrire son futur.

 

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En rentrant, juste après, j'écrivais ces mots dans ma tête. Et je n'avais envie de rien manger. Si : du chocolat.

Voici les tartelettes les plus simples du monde : fonds sucrés recouverts d'une ganache au chocolat au lait et thé. J'aime bien aussi la recette avec appareil cuit de P. Conticini. Mais je n'ai pas toujours le courage de me compliquer la cuisine.

Tartelettes chocolathées

Pour 6 tartelettes

Pour la pâte sucrée :

  • 125g de beurre à température ambiante, en petits morceaux

  • 85g de sucre glace

  • 25g de poudre d’amandes

  • 2g de sel fin

  • 1 œuf

  • 210g de farine

Pour la ganache :

  • 300 g de chocolat au lait

  • 180 g de crème liquide

  • 3 cuillères à café de thé vert (sakura sencha de Jugetsudo)

Modus operandi

  • Préparer la pâte en malaxant le beurre afin de l'assouplir avant d'y incorporer successivement le sucre glace, la poudre d'amandes, le sel, l'œuf et la farine. Bien mélanger après chaque ingrédient.

  • Former une boule, l’envelopper dans du papier film et la mettre au frigo pour 2 heures minimum

  • Faire infuser le thé dans la crème liquide portée à frémissement. Filtrer à travers une passoire fine en appuyant bien pour récupérer toute la crème.

  • Hacher finement le chocolat.

  • Porter la crème à ébullition et la verser en trois fois sur le chocolat, en remuant vivement à la maryse pour émulsionner.

  • Étaler la pâte sur 2 millimètres d'épaisseur et foncer les moulez à tartelettes. Recouvrir ces fonds de papier sulfurisé puis de billes de cuisson ou de légumes secs. Cuire ainsi 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C, puis encore 5 à 10 minutes après avoir retiré les billes de cuisson. Laisser refroidir totalement.

  • Répartir la ganache dans les fonds de tarte et placer au frais (mais pas au frigo) jusqu'au moment de la dégustation.

 

tartelette1

 

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20 mars 2015

Première place

Excellent trimestre. Bons résultats. Élève sérieux et appliqué. Les écoliers peuvent aimer ces mots. Parce qu'ils ont appris à le devoir. Parce qu'ainsi va le monde et la volonté des adultes. Ces mots contiennent aussi la promesse de l'invisibilité. La non-existence est la punition des gens raisonnables.

L'école broie. Ses pires enfants, elle les exclue impitoyablement. Ses fervents adeptes, elle les taille - à coup de sabre ou de scalpel. Jusqu'à ce qu'ils brillent ou qu'ils rompent. Ils sont ceux à qui tout réussit. Et ceux qui veulent tout réussir. La multitude d'anonyme qui crève de ne pas être les meilleurs. Ceux qui sont prêts à tricher, mentir, voler, faire mal, pour atteindre l'excellence. Mais qui ont trop peur pour passer à l'acte.

Ils sont parfaitement normaux. Et totalement monstrueux.

ile-flottante-chocolat

Illustration de ce que je viens de dire : après ces mots, je vous donne une recette de dessert. Pour être « raisonnable ». A peine si je me suis permise de remplir ces îles flottantes de ganache au chocolat ...

Île flottante au chocolat sur mer de thé

Pour 4 personnes

Pour la mer de thé

  • 4 jaunes d'œufs

  • ½ l de lait

  • 1 cuillère à soupe de thé (Sakura sencha de Jugetsudo)

  • 100 g de sucre

Pour les blanc remplis de ganche

(cuisson au four)

  • 2 blancs d'œufs

  • 40 g de sucre

  • 1 pincée de sel

  • 30 g de chocolat au lait

  • 30 g de crème liquide

Modus operandi

  • Porter le lait à frémissement et faire infuser le thé. Filtrer.

  • Faire à nouveau chauffer le lait dans une casserole tout en fouettant les jaunes avec le sucre. Juste avant l'ébullition, ôter le lait du feu et en verser le tiers en filet dans les jaunes. Mélanger constamment.

  • Reverser le tout dans la casserole et faire chauffer à feu très doux. Remuer constamment en dessinant des 8 avec une cuillère en bois. Cesser la cuisson lorsque la crème nappe la cuillère. Passer la crème au chinois et réserver la en filmant au contact (pour éviter la formation d'une pellicule).

  • Faire fondre le chocolat dans la crème liquide (le mieux : en versant la crème chaude en trois fois sur le chocolat haché, tout en émulsionnant vivement à la maryse). Répartir cette ganache dans 4 moules à mini tartelettes (ou bacs à glaçons) et placer le tout au congélateur plusieurs heures.

  • Monter les blancs en neige avec une pincée de sucre. Ajouter ¼ du sucre lorsqu'ils commencent à monter puis progressivement le reste.

  • Répartir les blancs dans des moules à muffins beurrés (ou en silicone) et cuire 3 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

  • Laisser refroidir. Démouler délicatement les blancs et enfoncer un palet au chocolat au centre de chaque.

  • Répartir la crème au thé dans des petits bols et ajouter une « île » dans chaque.

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13 mars 2015

Avant

Des pointillés de lumière dansent dans la chambre. Le volet ferme mal. Les phares de chaque voiture dessinent ainsi leur passage sur le plafond. Une petite fille les regarde du fond de son coussin. Elle a dans le nez l'odeur des draps propres. L'enfant vit à ce moment-là une grande aventure : cette chambre n'est pas la sienne. Ses parents dorment à, au moins, un demi-village de là. Demain, sa grand-mère lui offrira un bol de chocolat au lait et une tranche de brioche. Si celle-ci est aux raisins, elle aura pris soin de les ôter de la pointe du couteau. Cet amour n'a jamais eu de mot. Mais, mon dieu, il n'en a pas eu besoin.

La petite fille n'existe plus. L'a remplacée une jeune personne coincée quelque part juste avant l'âge adulte. À quatre heures du matin, dans mon appartement parisien, les voitures passent à la même fréquence que devant la maison alsacienne. Hier, les draps sentaient encore la lessive. Cela a suffi. De longues minutes avant de m'endormir j'ai souri. Avec le goût d'un pleur coincé quelque part au creux du ventre. Personne ne devrait être nostalgique à même pas trente ans.


# Musique : Mozart, le Requiem – pour Terry Pratchett, qui a mis mages, coffre et sorcières dans mon enfance, sans oublier de me faire réfléchir. #

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La pou est une spécialité limousine. Une épaisse bouillie de sarrasin qui se mange chaude avec du lait bouillant ou refroidie, coupée en cubes et dorée à la poêle.

La recette, qui vient du magazine Régal, précise que les pous se servent avec une salade miellée ou de la sauce au vin. Moi, j'aime en agrémenter mes poêlées de légumes. Ce soir-là, j'avais fait revenir dans le beurre salé quelques pleurotes jaunes, des champignons de Paris et une persillade).

(Selon le magazine, le nom vient du « soupir qu'exhale la pâte quand on crève la bulle en formation » : « pouh » !)

Pour 4 personnes (en garniture)

  • 100g de farine de blé noir (ou froment, avoine ou orge)

  • 50 cl de lait ( ou moitié lait et petit lait)

  • Sel (ou sucre)

Modus operandi

  • Mélanger intimement les trois ingrédients. Dans une casserole.

  • Porter à ébullition tout en remuant. Une bulle va se former. La faire éclater dans un « pouh » et recommencer, 9 fois.

    Il se peut, en cas de casserole trop grande par exemple, que le bulle ne se forme pas si clairement. Dans ce cas, la faire épaissir en remuant jusqu'à ce que la pâte épaississe comme une polenta. Pour tester, vous pouvez en déposer un peu sur une assiette bien froide : elle doit figer rapidement.

  • Étaler la pour sur une planche de cuisine, sur l'épaisseur désirée pour la section des cubes finaux. Laisser refroidir.

  • Découper les cubes et les faire griller à la poêle dans du beurre.

  • Assembler avec les autres ingrédients prévus.

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05 mars 2015

Un seul être vous manque

Et tout est dépeuplé ? Peut-être pas. La chambre l'est. De taille raisonnable, elle est devenue petite en accueillant bagages et matelas. Débarrassée dudit couchage, elle est immense-ément vide.

Je regardais ma série-débile-du-soir de façon à ne pas lui tourner le dos. Je relevais les yeux de l'écran juste pour le voir rire de sa BD. Je pensais au repas du soir, pour qu'il lui plaise.

Mon meilleur ami : cette expression sonne de la naïveté d'une adolescence attardée. Mais elle convient. Quelques vacheries ont émaillé la jeunesse de cette amitié. Désormais, aucun ne supporterait de faire mal à l'autre. Ses laideurs semblent belles. Ses faiblesses sont des trésors.

Et pourtant, face à face, nous sommes parfois un peu gauche. Avouons sur ce clavier : certains gestes n'ont pas été fait. En sortant du restaurant, je voulais lui prendre la main. Juste pour sentir ses longs doigts de varappeur, et la chaleur de ses paumes. Il aurait compris. Mes phalanges sont restées serrées sur mon sac. Quelle idiote.

Baba parsemé de vanille, transpirant un peu de sirop dans le bol ...

Baba parsemé de vanille, transpirant un peu de sirop dans le bol ...

La prochaine fois, J., tu auras le droit à un dessert. Un baba à ce que tu veux par exemple. Celui-là fut au thé - j'adore l'alcool mais déteste le rhum.

Babas au thé (4)

Pour les babas :

  • 120 g de farine

  • 50 g de beurre

  • 5 g de levure de boulanger

  • 30 g de sucre

  • 10 g de miel

  • 1 œuf

  • 35 g de lait

Pour le sirop :

  • 90 cl d'eau

  • 400 g de sucre

  • ½ gousse de vanille

  • 20 g de thé (sencha jugetsudo pour moi)

Modus operandi

  • Mélanger la farine, le sel, le miel et le sucre (dans le bol d'un robot si vous en avez un). Ajouter la levure émiettée.

  • Mélanger l'œuf battu avec le lait et ajouter-les en deux fois, tout en mélangeant.

  • Ajouter alors le beurre pommade et mélanger, puis pétrir, pendant 10 bonnes minutes.

  • Laisser la pâte reposer à couvert durant deux heures.

  • Dans l'intervalle, réaliser le sirop en portant l'eau et le sucre à ébullition jusqu'à ce que ce dernier soit dissous. Ôter du feu et ajouter le thé et la gousse de vanille fendue en deux et grattée. Laisser infuser selon le goût désiré, avant de filtrer. Réserver.

  • Dégazer et répartir la pâte dans des moules à babas ou des moules à muffins. Les moules doivent être remplis aux 2/3. Laisser reposer à nouveau durant 1 heure, afin que la pâte monte jusqu'aux bords des moules.

  • Enfourner pour 20 minutes dans un four préchauffé à 180°C.

  • Laisser à peine tiédir, démouler les babas et les palcer dans un plat profond. Verser au-dessus le sirop froid et laisser imbiber au moins heures, au mieux une nuit. Arroser régulièrement.

    (Ajouter un chouïa de chantilly et un peu de fruit – des poires par exemple – est conseillé ...)

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