Les chiffres rouges sont le dernier repère. L'information est factuelle. Elle ne demande aucun effort d'interprétation. Soleil et nuit sont, eux, trop difficiles à décrypter. 11 heures. 14 heures. 15 heures. Puis, d'un coup, 20 heures. Tentative de se lever : une jambe, la seconde, un coup de reins. Nausée et vertige surviennent. Les yeux se ferment, la main cherche le mur. Une seconde, puis une minute, passent avant que la position verticale devienne supportable. Le couloir est long. L'appartement est vide. Aucune aide n'est disponible. Seul le lit est là. Le corps s'y abandonne, s'y régénère dans un oubli total.
Étrangement, la vie devient aussi plus agréable. L'épuisement ne permet pas de gérer les angoisses habituelles. Alors, elles disparaissent.

Je suis malade. J'ai passé plus de trente heures à dormir. Moi, l'insomniaque à la santé de fer... La brutalité de la chose m'a prise par surprise. Je ne comprends rien – tout en ayant l'impression que la vie est plus simple.

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Les moments limpides existent aussi sans la maladie. Ce sont les soirs qui sentent l'été. Les repas en famille. La pâte qui lève et l'odeur du pain qui cuit.
La focaccia sans pétrissage d'Edda, sa simplicité, son allure un peu sauvage, l'odeur des herbes, l'arôme de l'huile d'olive ; conviennent à ces dîners.

Pour une grande focaccia

(J'ai divisé par 2)

  • 500 g de farine riche en gluten (gruau, bonne T45...)

  • 36 cl d'eau à t° ambiante

  • 10 g de sel + gros sel

  • 6 càs d'huile d'olive vierge extra

  • 12 g de levure fraîche

  • 1 branche de romarin

  • 1 branche de thym

Modus operandi

  • Mélanger dans un grand saladier la levure et 10 cl d'eau.
    Attendre 10 minutes qu'une mousse se forme.

  • Ajouter le restant d'eau et mélanger. Couvrir avec la farine, ajouter le sel, un peu de romarin et 1 càs d'huile.
    Mélanger avec une cuillère, environ 5 minutes, pour avoir une pâte à peu près homogène, pas forcément lisse mais souple.

  • Badigeonner la surface de 1 càs d'huile d'olive et couvrir le saladier. Laisser reposer à environ 25°C pendant 1 heure à 1 heure 30 (la pâte doit doubler de volume).

  • Couvrir une plaque à pâtisserie de papier sulfurisé, le badigeonner de 2 càs d'huile d'olive et y renverser la pâte.
    S'enduire les mains d'huile et en caresser la pâte – cela lui évitera de croûter.

  • Laisser lever encore 30 minutes dans le four éteint.

  • Toujours avec les mains huilées, étirer délicatement (pour garder de belles bulles) la pâte, du centre vers l'extérieur. Edda recommande de passer un peu par en-dessous, pour ne pas trop écraser la pâte.

  • Laisser lever encore 10 minutes dans le four éteint.

  • Étirer encore un peu la pâte, en appuyant cette fois du bout des doigts pour former les « trous » typiques de la focaccia. Dernière levée de 10 minutes.

  • Préchauffer le four (après en avoir retiré la pâte !) à 230°C/240°C (th. 8). Pendant ce temps, fouetter 3 càs d'eau et 2 càs d'huile d'olive avec une pincée de sel. Badigeonner la focaccia des 2/3 de ce mélange.

  • Parsemez des herbes restantes et d'une pincée de gros sel.

  • Enfourner dans le bas du four (à 1/3 de hauteur) pour environ 20 minutes. Elle doit être bien dorée (plus que la mienne).

  • Badigeonner la focaccia encore tiède avec le restant du mélange eau/huile. Servir chaud ou tiède de préférence.

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