Le destin d'Amélie Poulain démarre avec une boîte à souvenirs.
Tout le monde a de ces coffres aux trésors, plusieurs, plus ou moins garnis. Mais, généralement, ils n'ont pas d'existence physique. Et ils sont si bien cachés que leur possesseur les oublie. Puis les redécouvre. Et les enfouit à nouveau.
Un son, une odeur, une image, ou juste l'infime évocation vaguement ressemblante d'un extrait de passé – et paf, le souvenir explose. Mais il ne vient pas seul. Lui sont reliés, mêlés, d'autres fragments de notre vie. Qui se dévident les uns après les autres. Les brins de ces pelotes de mémoire n'ont qu'un point commun : leur tonalité. Tous vibrent sur la même harmonique émotive – bonne ou mauvaise.

Mon coussin était plié en deux, lorsque je m'y suis écroulée. M'est revenue la sensation de moelleux profond des coussins, chez ma grand-mère, puis les sachets plastiques qui me servaient de cerf-volant, les livres lus en trébuchant sur le chemin de retour du CM1, et les feuilles de glace qui se formaient sur les buis en hiver.

J'avais donc, également, des souvenirs d'enfance heureux, sans excès.

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D'autres souvenirs doucement paisibles se déroulent dans une grande cuisine baignée de soleil. Attendant le retour de deux chers convives, je prépare le déjeuner. Ce jour-là, le dernier potimarron « familial » a eu un étrange destin. Il s'est transformé en cubes doucement confits façon kabocha no anami (j'ai adapté cette recette). Dans cette recette japonaise, la courge est soigneusement taillée, tout aussi soigneusement placée au fond d'une casserole et « mijote » doucement en se gorgeant de sauce soja, mirin et sucre.

Kabocha no anami au potimarron

  • ½ potimarron (environ 500 g, sans les graines)

  • Eau

  • 1,5 càs de sucre

  • ½ càc de sel

  • 1 càs de mirin

  • 2 càs de sauce soja japonaise

Modus operandi

  • Laver et essuyer la courge. La couper en bouchées de 3 à 4 cm de côté.

  • Avec un couteau ou un économe, tailler le côté peau (sans peler!) pour casser la « courbure » (les morceaux doivent tenir « debouts »). Tailler ensuite les 4 bords inférieurs, afin d'adoucir l'angle et que les morceaux ne se heurtent pas trop violemment lors de la cuisson.

    (Pour une explication en images, allez voir sur le blog de Totchie.)

  • Poser les morceaux côte à côte au fond de la casserole, sur une seule couche, en les calant bien (faut aimer le Tétris).

  • Couvrir d'eau à hauteur.

  • Porter à ébullition, écumer et baisser à feu moyen-vif. Ajouter alors le sucre et le sel.

  • Couvrir d'un petit couvercle au contact de la courge (il doit donc être d'un diamètre inférieur à la casserole) ou d'une feuille de papier aluminium ou sulfurisé percée (toujours au contact).

  • Quand le liquide a réduit de moitié, ajouter le mirin et la sauce soja.

  • Remettre le couvercle et porter à ébullition. Retirer le couvercle et laisser réduire jusqu'à obtenir une consistance sirupeuse.

  • Opérer avec délicatesse pour retirer les morceaux de la casserole. Se déguste chaud, tiède, ou à température ambiante.

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