Je suis absolument hors-calendrier.

Je me demande si c'est uniquement moi qui le ressent ainsi ou si tous, à la fac, vivent dans une temporalité absolument distincte du calendrier annuel, celui qui commence en janvier pour s'achever en décembre. Mon calendrier personnel s'achève dans quatre semaines pour reprendre trois semaines plus tard. Il me faut me livrer à un long travail d'introspection pour me souvenir que ces trois semaines creuses sont en réalité tellement pleines que je crois bien que les partiels qui les suivent seront peu révisés. Tant pis.

En fait, je n'arrive pas à penser dans le même temps à Noël (ou aux anniversaires, encore pardon à G. qui n'a toujours pas de cadeau pour ses vingt ans) et au calendrier estudiantin.

C'est sans doute la marque la plus forte de la pression qu'une institution peut exercer sur un individu, lorsqu'elle lui impose une temporalité autre que celle vers laquelle ses goûts le mène. La seule temporalité existante pour mes choix, mes projets, mes envies, c'est « après ». Plus tard. A voir. Ou peut-être un peu avant, si j'ai le temps.

M'en fout, la cuisine est passée, par la force des choses, entre les mailles du filet. Faut bien s'y mettre tous les soirs, alors j'ai triché, j'ai volé quelques minutes de ce qui est relégué « après » et je les ai insérées, au prix de mille et une stratégies mentales, dans chaque journée.

Na.

 

M'enfin, faudrait quand même que j'achète les cadeaux de Noël. Surtout que je développe en période de Noël une agoraphobie bien particulière: je hais le monde qui m'oppresse, sauf quand, parce que j'ai déjà tout choisi et acheté, je peux me poser et sourire. Alors ces moments et ces gens deviennent beaux, vraiment. Leur empressement, leur angoisse, leur fatigue, les corps pressés et oppressés, tout ce qui aurait été laid avant, me semble beau. L'effet « fièvre de Noël » je pense.

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Alors j'en profite, je fais un premier cadeau à quelques uns de mes lecteurs les plus proches, dont je connais le manque de motivation pour la cuisine.

Vous connaissez les 3 sœurs? Pour ceux qui n'aiment pas, ont un peu peur, n'ont pas le temps, c'est la pilule-miracle pour se mettre à cuisiner et se régaler à moindres coûts (de temps, d'implication et même d'argent).

Ok, pour ces potatoes au four, il vous faut un four. Mais une fois que cet instrument à votre portée, plus aucune excuse (et en plus, c'est plus léger que des frites)

Ingrédients par personne (pour un accompagnement)

  • 200 à 250g de pommes de terre.

    Moi j'avais de toutes petites pommes de terre à peau rose

  • 1 belle càs d'huile d'olive

  • 1 càs de farine

  • des herbes de provence (fac.)

  • les épices que vous aimes (fac.)

  • sel, poivre

Modus operandi plus flemmard tu meurs

  • Lavez soigneusement les pommes de terre. Ôtez éventuellement les petits germes qui ont pu survenir.

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Pour vous montrer la taille de mes pommes de terre. Oui, c'est une petite cuillère.

(Mais avec des plus grosses, ça marche aussi)

  • Coupez les en deux, et puis en quatre. Et puis après ça dépend de vos pommes de terre et de comment vous aimez les potatoes, mais pour que ça cuise vite recoupez-les si c'est trop épais.

  • Prenez un grand saladier et mélangez tout. Hop, pas d'hésitation, pas de subtilité, on mélange. Avec les mains, ça marche mieux.

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  • Placez une feuille de papier sulfu (ou d'alu comme moi, ça rend juste un poil plus croustillant le côté qui y est posé) une plaque à four.

  • Déposez les quartiers de pommes de terre, chair vers la plaque, sans les superposez. Franchement, ça doit être le plus technique de toute la recette. Difficile, hein?

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  • Enfournez le tout dans un four préchauffé à 210°c. Pour le temps, ça dépend du four, des pommes de terre et de votre goût personnel. 40-45 minutes chez moi en tout cas, pour les avoir bien croustillantes et en les tournant à mi-cuisson (bicoze papier alu faisant plus dorer d'un côté)

  • Versez le tout dans un bol.

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  • Mangez avec les doigts en vous souvenant de votre grand-père qui souriait (avec des petites rides à côté des yeux) en vous disant « c'est meilleur avec les doigts, hein? »