Le café est entré dans ma vie récemment. J'ai su l'apprécier un matin, alors que je ne voyais plus d'autres moyens de remettre mes idées aux places qu'elles devaient occuper.

Jusque là, j'avais cru que les principales différences thé et café étaient d'ordre botanique (plantes différentes), chimique (effets différents) et surtout sociale. Boire un café ou boire un thé demeurent deux actes foncièrement différents. Le café autour de la machine ou sur le comptoir du bar est convivial et chaleureux. Les cérémonies du thé, qu'elles soient chinoises, anglaises, russes ou japonaises, ont un caractère d'élégance éthérée.

Mais j'ai découvert que cette opposition se retrouvait dans la façon de boire. De même que croquer ou sucer un carré de chocolat sont deux actions distinctes, on ne sirote pas son café comme on déguste son thé. Chacune de ces boissons est infusée mais le café se rapproche plus d'une nourriture, là où le thé est une eau. Le café, âpre, se boit à petites gorgées, là où le thé, lisse, se laisse boire. Ces boissons réchauffent même de façon différentes...

(La question reste culinaire: la poule ou l'œuf? Est-ce l'idée (donc sociale) que l'on se fait de ces infusions qui influe notre dégustation où est-ce celle-ci qui a entrainé la différenciation entre utilisations sociales?)

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Et comment boit-on une soupe pleine de haricots tout tendres? (Je ne suis pas totalement hors sujet: les herbes qui la parfument y ont bel et bien infusé). Parce que, franchement, aujourd'hui à Paris, il fallait bien une soupe pour se remettre sur pied. Et je remercie vivement la passante qui m'a conseillé, il y a quelques mois, de faire une réserve de cocos de Paimpol dans mon congélateur. J'ai toujours aimé discuter sur les marchés?

Soupe italienne, rassérénante, pour 2 personnes

(La recette est à peu près celle d'un magazine Saveurs)

  • 400 g de cocos de Paimpol (non écossés)

  • 1 petite pomme de terre

  • 1 carotte

  • 1 petit oignon (ou un demi gros)

  • 1 belle gousse d'ail

  • quelques pluches de persil

    (plat, il est plus savoureux)

  • romarin, thym et 1 feuille de laurier

  • huile d'olive

  • sel, poivre

  • bouillon de volaille

A mijoter longuement

  • Pelez et hachez l'oignon et l'ail. Écossez les haricots. Épluchez la pomme de terre et la carotte. Coupez la première en dés et la seconde en rondelles. Ficelez le laurier avec le thym et le romarin.

  • Faites chauffer un peu d'huile dans une casserole (ou cocotte). Faites suer l'oignon durant 3 min. Ajoutez l'ail, les légumes, le fagot d'herbes.

    Salez, poivrez.

  • Couvrez de bouillon à hauteur, portez à ébullition. Baissez le feu et laissez mijoter 40 min.

  • Retirez le bouquet d'herbes. Ajoutez le persil et laissez mijoter encore 5 min.

    (C'est encore meilleur avec du parmesan sur le dessus, ajouté juste avant de servir)