18 avril 2016

Le regard façon scalpel

Est-ce la lumière du soir ? Est-ce l'état de mon esprit ? Les sculptures de l'église Saint-Laurent se détachent avec force sur le bleu-blanc du ciel. Les peaux les plus lisses sont constellées de crevasses. Rides, rires, lippes boudeuses, entrelacs des oreilles et boutons d'acné : chaque caractéristique saute aux yeux. Les teintes de cheveux, leur épaisseur, leur brillance, jusqu'à la rugosité de leurs écailles... Tant de détails, dans chaque corps humain. Leur variété – plus qu'infinie car d'un infini qui augmente à... [Lire la suite]
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06 mars 2016

Décalage

Lui, qui tient la portière ouverte, est emmitouflé dans sa doudoune façon bibendum. Elle, s'extirpe précautionneusement de la voiture, les poils de la fausse fourrure de sa capuche volant au vent. Le pot de fleurs, qu'elle porte aussi précautionneusement qu'un nouveau-né, est garni de volutes de papiers plastique et crépon. S'y trouvent associées d'immenses pétales et de plantureuses feuilles.La scène se décrypte aisément. Ces deux même-pas-trentenaires offrent, en tant que couple, un cadeau en ce jour de fête des grands-mères.La... [Lire la suite]
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16 janvier 2016

Métro

Une femme politique a osé dire qu'elle aimait le métro. Suite à quoi elle a été incroyablement moquée. Pourtant, peut-être disait-elle la vérité. Une rame de métro est un lieu parfait, pour observer les gens, et pour les aimer. Je me souviens de ces deux jeunes hommes, riant voici quelques heures. L'un avait un profil d'elfe – yeux et oreilles tirés vers le haut –, l'autre évoquait le troll – sourcil et menton vers l'avant. Aucun n'était très beau. Tous deux étaient superbes.Je me souviens de ce couple, s'enlaçant voici quelques... [Lire la suite]
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08 décembre 2015

Winter is coming

Le froid rentre par les yeux. Il n'a pas d'autre choix. En hiver, les gants sont doublés de mitaines. Les bottines fourrées accueillent des chaussettes de skis, recouvrant des collants. L'écharpe monte au-dessus du nez. Le bonnet descend en-dessous des sourcils.Alors le vent se faufile derrière les verres des – pourtant larges – lunettes. Il commence par rafraîchir la cornée. Lorsqu'elle est bien gelée, il se glisse derrière les paupières. Il rampe alors jusqu'au nerf optique, et le transforme en glaçon. En hiver, je marche presque à... [Lire la suite]
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05 mars 2015

Un seul être vous manque

Et tout est dépeuplé ? Peut-être pas. La chambre l'est. De taille raisonnable, elle est devenue petite en accueillant bagages et matelas. Débarrassée dudit couchage, elle est immense-ément vide. Je regardais ma série-débile-du-soir de façon à ne pas lui tourner le dos. Je relevais les yeux de l'écran juste pour le voir rire de sa BD. Je pensais au repas du soir, pour qu'il lui plaise. Mon meilleur ami : cette expression sonne de la naïveté d'une adolescence attardée. Mais elle convient. Quelques vacheries ont émaillé la jeunesse de... [Lire la suite]
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20 janvier 2015

Je suis légion

Une envie qui démange au fond du crâne. L'envie de faire, générer, enfanter. J'ai passé des heures de lycée, longues, très longues, à cause de cela, à vivre-subir cette envie. Une feuille blanche posée sur le bureau, avec un critérium, attend un dessin. Les quelques traits esquissés salissent la blancheur, sans plus. Après, j'ai écrit. Le pire étant que cela ne suffit pas. Ils sont humains un peu magiques, et dieux très humains, changelins et pilotes de navire spatiaux, militaires et trickster, vivante-morte et morte-vivante, au... [Lire la suite]
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06 juin 2014

De la beauté des cookies de supermarché

Elle leur a tendu une boîte de cookies. Les deux hommes se roulaient une cigarette. Ils ne réclamaient rien, ne tendaient pas la main et n'avaient pas déposé de gobelet à leurs pieds. Ils s'acharnaient à envelopper six brins de tabac d'une feuille. La jeune femme sortait juste de la rame de métro. Elle ne pouvait avoir prévu ni leur présence, ni son geste. Pourtant, le mouvement de son bras était fluide, comme celui de l'homme qui tend l'arc. Ils ont regardé la boîte, sans réagir. Je crois que la situation était si inattendue... [Lire la suite]
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19 novembre 2013

Ma tête ruisselle et se courbe (titre sans rapport avec ce qui suit)

Ce matin, je me suis recouchée. Afin de réussir à me rendormir, j'ai invoqué. Voici celui qui s'est présenté à moi. Je ne sais pas qui il est, d'où il va, d'où il vient (ni sur quel étage il erre). Sérieusement, j'aimerais le remplir. Et que cela soit partagé. Voulez-vous en être? Le chat fixe la porte du four. Il savoure l'odeur du rôti. Sa queue s'agite de plus en plus. Une senteur de caramel, puis de grillé et enfin de brûlé emplit l'appartement. Les minutes s'écoulent. Un juron retentit, suivi par des plats précipités. Un... [Lire la suite]
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15 octobre 2012

Baume du dimanche

J'ai vu mon premier pivert dans un paysage de béton parisien noyé par la pluie. Ce dimanche, il y a eu quelques mots des histoires ecclésiastiques de G. Eliot et le marché -encore avec la pluie-. « Mon marché », depuis deux semaines. Je l'aime beaucoup -pour l'instant, je ne sais encore si c'est un marché qui se renouvelle- même si depuis la semaine dernière le stand italien sur lequel je comptais pour m'approvisionner en pâtes a disparu. Il y a aussi les étals de champignons -trop chers pour moi, je n'en prends que... [Lire la suite]
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09 août 2012

Célébration secrète

Dérive littéraro-culinaire de la semaine: la corne de gazelle (je me suis dit que le thème était pas mal pour renouer avec le conte). Durant ma toute petite enfance, j'ai appelé ces gâteaux « petites lunes ». Car c'est ainsi que mon père et mes frères les appelaient. Ma mère ne m'a confié leur vrai nom que dans le secret de ce lieu de femmes qu'est la cuisine. C'est l'histoire de la grand-mère de ma grand-mère que j'ai alors appris. Il y a bien longtemps, c'est ainsi qu'elle commença, il y a bien longtemps, un homme... [Lire la suite]
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