23 janvier 2016

Les Fées

« En disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux roses, deux perles, et deux gros diamants. » Dans le conte Les Fées, de Perrault, une pauvresse est récompensée de sa bonté par des richesses tombant de sa bouche. Enfant, je l'ai plaint. Les épines des roses, et les arêtes des diamants, doivent ensanglanter la langue, les gencives, et les lèvres. Cette phrase m'est revenue, récemment. En entendant des paroles pleines de pierres précieuses. Les mots tentaient de mettre en sons des pensées lumineuses. Je ne dis pas que... [Lire la suite]
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10 janvier 2016

Travailler

Les mots sont sur l'écran, les doigts, sur le clavier, les sourcils, froncés. La tâche est ardue. Elle nécessite toute l'attention. Toute la capacité du cerveau est concentrée en un unique point. Lui, qui d'habitude habite un univers, est concentré sur une tête d'épingle.La conscience n'a plus la place d'exister. Sensation étrange et jouissive. Dans cet abandon, la personnalité s'aliène. Le temps n'existe plus.Il passe, pourtant. Vite. Trop vite. Un repos serait nécessaire – ensuite, tout serait plus simple. Mais je me refuse à... [Lire la suite]
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12 avril 2015

Le poulet voyageur (et recette de saint-jacques)

Stoppée net au milieu de la rue. Le faubourg est devenu ruelle catalane. Les lampadaires sont des lauriers roses. Les Parisiens – désolée pour eux – ont pris des allures de touristes allemands. Le souvenir est remonté si fort qu'il était un mirage. Les odeurs sont le chemin le plus court vers la mémoire. Le cerveau nous envoie des images avant même de nous dire qu'il a senti quelque chose. Le choc est grand, car il est d'abord inexplicable. Ce matin, les poulets rôtis de la boucherie arabe avaient la même senteur que ceux de mon bord... [Lire la suite]
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12 février 2015

Mauvaise

Elle a d'abord été bruit. Un bruissement inaudible, qui est languissant comme une chanson sur la nostalgie, et vrillant comme une perceuse. Puis elle a pris forme: une petite bille juste là, devant, en haut, à gauche. Maintenant elle prend un poids. Elle pèse sur les idées et pensée (tentatives de –), petit pois ou enclume, selon les heures. Elle est sortie de la non-zone, là où sont les envies et pulsions. La fatigue s'adresse directement à ma conscience. Chaque fibre du corps hurle. « Dors ! ». Chacune lutte.« Ne... [Lire la suite]
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21 août 2014

Les revenants

D'autres humains existent. J'avais oublié.Deux mois loin d'eux. Deux mois à ne parler qu'à mes plus proches. Deux mois à ne voir le grand méchant monde que de loin. Je l'ai vu mourir à la télé, entendu vociférer à la radio, lu ses pleurs dans le journal.Ceux qui vivent ainsi en viennent à croire que tout, autour, est mauvais.Les gens font la guerre, tombent malades, se haïssent, s'appauvrissent. Et puis ils sont là, aussi. Dans le métro, ils savourent le début de soirée en fermant les yeux à demi. Devant le centre commercial, ils... [Lire la suite]
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31 mars 2014

L'air d'ici

Ce matin, l'air avait un parfum étrange. Il n'avais pas ses habituels accents de gaz. À la place, j'inspirais des odeurs de terre, de fermentation et de fleurs. Les rues étaient calmes. Ici, je peux prendre le vélo. A Paris, cela me fait peur. J'ai fermé les yeux entre le plaisir du vent dans les oreilles et du soleil sur ma peau. Le silence habite mes journées. Moi qui adore cuisiner accompagnée de voix radiophoniques, j'ai savouré l'absence de mots. Les voitures ne passe pas. Et la télé n'est pas allumée. Pendant une semaine, je... [Lire la suite]
16 mars 2013

Marché(s)

Fin de marché pluvieux. Les caisses rentrées dans les camions sous la bruine. Les passants accélèrent le pas entre les étals vides, regard fixé droit devant. Les feuilles de salade défraichies parsèment le sol. Ce fut une très triste vision d'il y a quelques temps déjà. Je me suis promis de toujours fuir ces moments de fin de gourmandise. Alors aujourd'hui, j'ai savouré à plein un marché (Pari Fermier en fait) de passionnés. Imaginez: Derrière les étals, chacun sait ce qu'il vend. Ce sont les mêmes qui ont frottés les fromages et... [Lire la suite]
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21 novembre 2012

La pierre et le béton se font organiques

Les musées sont pour moi des terres d'asile. J'ai toujours trouvé qu'ils faisaient d'apaisants refuges. Ouverts à tous et par leur volonté d'attirer et d'être agréable à la visite; musées et expositions semblent toujours vouloir prendre le visiteur dans les bras. Mais ils ne sont agréables que s'ils sont envisagés autant comme lieux d'apprentissage que de flânerie. Autant dire que Paris et son offre multiple me comblent (seuls défauts: il y a ici plus de monde devant les œuvres et la promenade peut en être compliqué). Mais selon... [Lire la suite]
01 novembre 2012

Cette cuisine là

"Faire la cuisine" n'est pas un acte unique. Pour un seul cuisinier, il y a toujours des cuisines. Par exemple, il y a les « dimanches matins » de cuisine solitaire. Aujourd'hui, ce fut un dimanche matin virtuel. Je me réveille alors que les autres occupants de la maison sont sur le départ. Je me prépare un thé que je sirote en trainant dans leurs pattes. Puis je petit-déjeune; longuement (à mon habitude) avec mon livre du moment (ce matin, le fantastique Middlemarch d'Eliot). Et après; je mets France Info ou France... [Lire la suite]
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