30 avril 2016

À la bibliothèque

Des mines grattent le papier. Les sourcils sont froncés. Les yeux naviguent sur un énoncé. Il est de moins en moins compréhensible au fil des minutes. Le stylo tourne entre les doigts en attendant que la révélation survienne. La main s'égare parfois dans les alentours d'un smartphone. Les cahiers sont ouverts sur des livres de cours, eux-mêmes empilés sur plusieurs annales. Ils souffrent, ces étudiants. Ils sont plongés dans l'action – mais aussi dans l'attente. Mais qu'ils sont chanceux. Ils n'ont rien à choisir. Réussir ou échouer.... [Lire la suite]
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23 janvier 2016

Les Fées

« En disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux roses, deux perles, et deux gros diamants. » Dans le conte Les Fées, de Perrault, une pauvresse est récompensée de sa bonté par des richesses tombant de sa bouche. Enfant, je l'ai plaint. Les épines des roses, et les arêtes des diamants, doivent ensanglanter la langue, les gencives, et les lèvres. Cette phrase m'est revenue, récemment. En entendant des paroles pleines de pierres précieuses. Les mots tentaient de mettre en sons des pensées lumineuses. Je ne dis pas que... [Lire la suite]
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08 décembre 2015

Winter is coming

Le froid rentre par les yeux. Il n'a pas d'autre choix. En hiver, les gants sont doublés de mitaines. Les bottines fourrées accueillent des chaussettes de skis, recouvrant des collants. L'écharpe monte au-dessus du nez. Le bonnet descend en-dessous des sourcils.Alors le vent se faufile derrière les verres des – pourtant larges – lunettes. Il commence par rafraîchir la cornée. Lorsqu'elle est bien gelée, il se glisse derrière les paupières. Il rampe alors jusqu'au nerf optique, et le transforme en glaçon. En hiver, je marche presque à... [Lire la suite]
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12 avril 2015

Le poulet voyageur (et recette de saint-jacques)

Stoppée net au milieu de la rue. Le faubourg est devenu ruelle catalane. Les lampadaires sont des lauriers roses. Les Parisiens – désolée pour eux – ont pris des allures de touristes allemands. Le souvenir est remonté si fort qu'il était un mirage. Les odeurs sont le chemin le plus court vers la mémoire. Le cerveau nous envoie des images avant même de nous dire qu'il a senti quelque chose. Le choc est grand, car il est d'abord inexplicable. Ce matin, les poulets rôtis de la boucherie arabe avaient la même senteur que ceux de mon bord... [Lire la suite]
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27 décembre 2014

Regards d'enfants

N°1 – au travers de Noël. Tout à l'anticipation des cadeaux, il porte les yeux sur les choses et ne voit rien. Il ne pense pas à lui, juste au moment. Pas à sa joie, juste à la joie, immense, qui envahit le présent. J'en ai souri : un sourire d'adulte, amusé et un peu supérieur. N°2 – au travers de la musique. Dans le métro, ce grand garçon a les yeux ouverts sans que rien n'y entre. Ses pupilles sont comme retournées sur les batteries qui résonnent aux tréfonds de ses poumons. J'en ai souri : un sourire de plaisir en voyant un... [Lire la suite]
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04 octobre 2014

Autre ville – autre monde

Les ponts des bateaux appellent au chant. La note unique, dégainée à l'instant. Elle se doit d'être impérieuse et impériale. Elle doit occuper l'espace. Elle doit être. Je ne chante pas. Alors j'occupe l'espace de pensées. D'une nef spatiale, et de ses pilotes. D'un changelin. D'une louve-garou, et d'un amour d'enfance – imaginaire. Mes collègues sirotaient champagne et vin. Ils ne voyaient pas ceux que j'avais invoqué. Plus tard, la ville. Les grues multicolores étaient des fleurs des champs. Les scones étaient servis par Constant.... [Lire la suite]
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16 mars 2013

Marché(s)

Fin de marché pluvieux. Les caisses rentrées dans les camions sous la bruine. Les passants accélèrent le pas entre les étals vides, regard fixé droit devant. Les feuilles de salade défraichies parsèment le sol. Ce fut une très triste vision d'il y a quelques temps déjà. Je me suis promis de toujours fuir ces moments de fin de gourmandise. Alors aujourd'hui, j'ai savouré à plein un marché (Pari Fermier en fait) de passionnés. Imaginez: Derrière les étals, chacun sait ce qu'il vend. Ce sont les mêmes qui ont frottés les fromages et... [Lire la suite]
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18 novembre 2012

En cours d'apprentissage d'une ville

Je ne sais toujours pas dans quelle ville j'habite. Paris commence à m'entrer dans les jambes et je ne perds plus l'équilibre dans le métro. J'en ai appris le rythme. Pourtant j'ouvre encore des yeux ébahis devant certaines façades et je redécouvre avec surprise les passages aériens du métro. (J'espère ne pas m'en lasser. Je souris toujours quand la lumière vient frapper une page de La Chartreuse de Parme à la sortie du tunnel). Quand j'entends parler d'une exposition à Paris, je suis contente de pouvoir y aller. Mais je pense de... [Lire la suite]
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19 février 2012

Les personnages mythiques

Tout à l'heure, écoutant France Inter, j'ai eu une pensée stupide. Un auteur parlait de son livre et certains extraits en ont été lus. Et je me suis surpris à me dire « Si je savais écrire comme ça... » Comme si la capacité d'écrire était un don, comme si l'artiste était un être de nature différente. Trois années de sociologie pour en venir à me croire encore coincée dans une nature intrinsèque d'humain « normal » au contraire d'individus exceptionnels. Il faut maintenant que je me mette en tête que tous les... [Lire la suite]
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21 septembre 2011

C'est à moi, sauf pour déguster un cobbler aux pêches

Je n'ai jamais pensé être très possessive. Cela dans le sens que je possède peu d'objets dont la perte me toucherait vraiment. Il y aurait bien le cahier où je note les phrases qui me plaisent, des idées ou des souvenirs mais sa disparition serait loin d'être insurmontable. Pour le reste, s'il y a des objets aux quels je tiens c'est plus souvent du à la façon dont je les ai reçus qu'en tant qu'objets. Pourtant, en me promenant dans l'université, je me suis aperçue que je suis possessive dans le sens où je tiens à la possession de... [Lire la suite]
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