25 avril 2016

Chut...

Écouter les vieilles personnes peut demander un effort. Les mots sont lents à venir, les phrases un peu tordues, la grammaire malmenée – surtout quand plusieurs langues se mélangent.Mais rien ne vaut les phrases saisies au détour d'une oreille parfois inattentive. « La vie, c'est beau, mais c'est con. », qu'il disait, dans le film. Les rides peuvent être belles, quand elles sont vraies. Celles qui ont été retardées ne disent qu'une chose : la volonté de les cacher. Celles qui ont vécu leurs vies... disent cette vie.Les... [Lire la suite]
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16 février 2016

"Problème"

Impossible d'écrire. Ce n'est pas le syndrome de la page blanche. Mais celui du manque de douleur. « J'ai constaté que la douleur était une bonne source d'inspiration.Et que les zones d'ombre du passé montrent au stylo la direction.La colère et la galère sont des sentiments productifs.Qui donnent des thèmes puissants, quoi qu'un peu trop répétitifs.A croire qu'il est plus facile de livrer nos peines et nos cris.Et qu'en un battement de cils un texte triste est écrit. » Grand Corps Malade le dit si bien. Chaque épine... [Lire la suite]
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23 janvier 2016

Les Fées

« En disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux roses, deux perles, et deux gros diamants. » Dans le conte Les Fées, de Perrault, une pauvresse est récompensée de sa bonté par des richesses tombant de sa bouche. Enfant, je l'ai plaint. Les épines des roses, et les arêtes des diamants, doivent ensanglanter la langue, les gencives, et les lèvres. Cette phrase m'est revenue, récemment. En entendant des paroles pleines de pierres précieuses. Les mots tentaient de mettre en sons des pensées lumineuses. Je ne dis pas que... [Lire la suite]
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30 septembre 2015

Je ne sais pas quelles fleurs acheter

Je n'ai passé qu'une soirée avec lui. Mais pas n'importe quelle soirée : celle de Noël. Et pas n'importe quel Noël : mon premier loin de chez moi. L'invitation est venue de sa fille, mais c'est bien la porte du père qui s'est ouverte. Sa porte, mais aussi ses bouteilles ! Des flacons de divins élixirs dont les seules étiquettes intimident. Joli cadeau … Moins, toutefois, que les rires. Vous vous êtes déjà senti intrus ? Perdu, seul, isolé, au milieu d'un groupe où chacun se connaît ? Cela arrive, en temps... [Lire la suite]
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12 avril 2015

Le poulet voyageur (et recette de saint-jacques)

Stoppée net au milieu de la rue. Le faubourg est devenu ruelle catalane. Les lampadaires sont des lauriers roses. Les Parisiens – désolée pour eux – ont pris des allures de touristes allemands. Le souvenir est remonté si fort qu'il était un mirage. Les odeurs sont le chemin le plus court vers la mémoire. Le cerveau nous envoie des images avant même de nous dire qu'il a senti quelque chose. Le choc est grand, car il est d'abord inexplicable. Ce matin, les poulets rôtis de la boucherie arabe avaient la même senteur que ceux de mon bord... [Lire la suite]
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21 février 2015

Ignorance

Étalée de tout mon long sur le trottoir. L'étonnement prévaut; Puis la lourdeur du choc sur la hanche et le genou. La pluie mêlée de suie et de pollution entre par les manches de l'imper. Le pull rouge vire au gris sale. Plus tard viendra la douleur aigüe et lancinante de la plaie. Le pantalon gris vire un peu au rose. Je serrerais les dents à chaque pas. Je retiendrais un cri à chaque marche. Une chose fait beaucoup plus mal. À neuf heures du matin, les Parisiens vont travailler. Aucun ne s'arrête. Aucune voix ne s'inquiète. J'ai... [Lire la suite]
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27 décembre 2014

Regards d'enfants

N°1 – au travers de Noël. Tout à l'anticipation des cadeaux, il porte les yeux sur les choses et ne voit rien. Il ne pense pas à lui, juste au moment. Pas à sa joie, juste à la joie, immense, qui envahit le présent. J'en ai souri : un sourire d'adulte, amusé et un peu supérieur. N°2 – au travers de la musique. Dans le métro, ce grand garçon a les yeux ouverts sans que rien n'y entre. Ses pupilles sont comme retournées sur les batteries qui résonnent aux tréfonds de ses poumons. J'en ai souri : un sourire de plaisir en voyant un... [Lire la suite]
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13 décembre 2014

Les choses désunies

Un homme déchirait un emballage de carton. Il était consciencieux. Ignorant des passants. Ses gestes, ralentis, saccadés, comme ceux d'un homme ivre. Ou juste ailleurs. La veille, j'avais lu quelques lignes au sujet d'enfants surdoués. L'auteur expliquait que ces individus étaient capables de relier des concepts d'une manière que les personnes « normales » ne peuvent comprendre. Ne peuvent imaginer. L'homme au carton était-il l'inverse ? Un être incapable de faire le lien entre les choses. D'objectiver le monde en une... [Lire la suite]
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04 octobre 2014

Autre ville – autre monde

Les ponts des bateaux appellent au chant. La note unique, dégainée à l'instant. Elle se doit d'être impérieuse et impériale. Elle doit occuper l'espace. Elle doit être. Je ne chante pas. Alors j'occupe l'espace de pensées. D'une nef spatiale, et de ses pilotes. D'un changelin. D'une louve-garou, et d'un amour d'enfance – imaginaire. Mes collègues sirotaient champagne et vin. Ils ne voyaient pas ceux que j'avais invoqué. Plus tard, la ville. Les grues multicolores étaient des fleurs des champs. Les scones étaient servis par Constant.... [Lire la suite]
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09 juillet 2014

Statistique (inutile)

Les dessinateurs gribouillaient dans les marges de leurs cahiers d'écoliers. Les écrivains racontaient leurs problèmes d'adolescents boutonneux dans leur journal intime, ou leur blog. Les réalisateurs dépensaient tout leur argent de poche en places de ciné. Tous les grands créateurs semblent avoir suivi un chemin. Avoir un destin. Mais moi aussi, je gribouillais, à l'école. J'ai noirci des feuilles volantes et je suis allée au cinéma.J'ai eu ces envies de créer. Le monde semble froid, de ce froid-bleu-vide qui demande à être... [Lire la suite]
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