21 décembre 2014

Piégée

PQ et démaquillant : courses atypiques un 20 décembre dans une supérette parisienne. Les autres paniers contiennent saumon fumé (pâteux), bouteilles (à bouchon sauteur) et foie gras (plus gras que foie). Acheter ces produits n'est pas mal. S'y sentir obligé est un problème. De terribles, mais géniaux, commerciaux ont réussi à les imposer. Et aussi : des toasts « spécial Noël » au goût de levure, des blinis sans goût du tout, des desserts bizarres « façon pain d'épices » … J'ai une sorte d'écœurement. Moi qui peut... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 14:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

29 novembre 2014

Privilèges

Je suis née Française. Française : le mot a été écrit. Sans que personne ne demande – ou ne combatte. Je suis Française. Le fait est sûr. Si naturel, si normal, qu'il perd tout sens. Il n'a aucune existence consciente. Peu de Français se définissent comme tels, d'emblée. Ils déclineront nom et âge, profession et passion, peut-être la ville où ils habitent, ou l'endroit où ils rêvent d'habiter.En bonne bobo, je ris même du concept des nationalités. Je n'ai ni peur, ni doute, ni question. Et des centaines de personnes craignent,... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 21:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
23 novembre 2014

Moment de haine. Riz au lait pour se guérir.

Des rennes adorables, une façade devenue rouge et des boîtes aux lettres (spéciales pôles Sud) ornent ce grand magasin. Ils sont plus touchants que toutes les diodes clignotantes du monde. J'adore Noël. Pas les illuminations massives, la foule des avenues et les vendeurs intrusifs qui regardent votre carte de crédit avec espoir. Sont Noël : les décorations municipales de mon village, les bredele de ma grand mère et le sapin de ma mère sont Noël. Ils suffisent. Mais ces boîtes aux lettres, j'attendais avec plaisir de les voir se... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 12:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
03 novembre 2014

Dans les murs

Certains murs deviennent odieux. Les rues, même glaciales,venteuses, humides jusqu'aux os, sont plus accueillantes. Ils sont peuplés de gens à conversation minimum. Certains murs sont adorés. Ils exhalent les odeurs des gâteaux de l'enfance ou les verres de porto. Ils résonnent de souvenirs d'aïeux ou de complicité d'amis. Certains murs sont juste là. Ils entendent le cliquetis des claviers et les dialogues professionnels. Les murs les plus compliqués sont neutres. Ils ont tout connu, mais ne me disent rien. Je dois les apprendre.... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 22:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
21 septembre 2014

Dire « chez moi »

Paris, de long en large, et même plus loin. Des visites à n'en plus finir, à n'en plus pouvoir, à ne plus croire.Aucune église, aucun musée, aucun palais ne ponctuait cette litanie : des chambres, des salles de bains, des cuisines. Je me suis imaginé partagé des quotidiens divers, attirants et repoussants. Je suis épuisée, les jambes lasses de tant d'escaliers, l'esprit plus las encore. Mail – visite – refus – mail – visite – pas de nouvelles – téléphone – rendez-vous – annulation … Téléphone. Une voix sympathique – mais je n'y... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 21:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
04 septembre 2014

Sourire aux absents

Il parle avec les mains. Il crie presque, de ses doigts, alors que sa voix reste posée. Il se désarticule dans le vide, brasse de l'air – au sens propre. Son interlocuteur ne voit rien. Je l'observe du coin de l'œil, d'abord étonnée, ensuite amusée et à la fin un peu attristée. L'oreillette de cet homme-pas-vraiment-là, donne un air un peu effrayant à la scène. Elle évoque ces films futuristes où les hommes sont tous grands, blancs, blonds et froids J'avise les promeneurs. Les amoureux qui n'échangent pas un regard. Ils sont arrimés... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 21:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 août 2014

Ici, le soleil

Je n'ai jamais aimé la chaleur. Cette moiteur dense qui étouffe le sommeil. Cette empêcheuse de tourner en rond qui rend amorphe. Elle prive de tout intérêt les plus merveilleux moments. Et j'ai grandi. Le chaud est devenu ambigu. Il est la brulure de l'eau d'un bain qui détend tous les muscles. Il est l'excuse à consommer goulument une glace – décadente. Il est la sensation de la sueur qui coule en gouttes lourdes, des cheveux aux bras. Marcher en été signifie s'emplir de soleil. La brûlure sur la peau progresse dans les muscles,... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 21:29 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,
18 juillet 2014

Traître

La scène était terrible. Durant les heures qui l'ont précédée, le monde était normal – et Dieu sait qu'il l'est rarement.La carte du restaurant, les petites phrases assassines, les affiches devant le ciné et les ragots entre personnes qui se sont un peu perdues de vue : tout était prévisible, prévu, et bienvenu. Et là, trahison.Nous discutions, avachis dans d'atroces canapés rouges. Cette personne s'est levée, lentement, comme en s'excusant, et a accompli son terrible forfait. En une fraction de la plus petite fraction de temps... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 18:34 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
14 juin 2014

Un aveu (et un deuxième)

Il croit que notre histoire a commencé dans un bus.Il se trompe de plusieurs heures. J'ai planifié notre rencontre durant ce laps de temps.Il s'était levé devant toute l'assistance. Il défendait son point de vue et son pendentif Peace & Love s'agitait. Ses cheveux étaient excessivement longs. Dans mon collège, il se serait fait lapidé – à coups de mots si ce n'est de pierres. Il (m')était improbable. Alors je l'ai voulu.J'ai réussi à m'asseoir près de lui. Et j'ai tenté d'attirer son attention. Quelques paroles, une ou deux... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 22:42 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
06 juin 2014

De la beauté des cookies de supermarché

Elle leur a tendu une boîte de cookies. Les deux hommes se roulaient une cigarette. Ils ne réclamaient rien, ne tendaient pas la main et n'avaient pas déposé de gobelet à leurs pieds. Ils s'acharnaient à envelopper six brins de tabac d'une feuille. La jeune femme sortait juste de la rame de métro. Elle ne pouvait avoir prévu ni leur présence, ni son geste. Pourtant, le mouvement de son bras était fluide, comme celui de l'homme qui tend l'arc. Ils ont regardé la boîte, sans réagir. Je crois que la situation était si inattendue... [Lire la suite]
Posté par Calimeriane à 14:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,