Rédiger son quatrième article sur le même sujet. Ne pas s’ennuyer malgré tout. Perdre ( ?) une heure à discuter d’un point de grammaire ou d’orthographe. Apprendre à filer une métaphore sur 2 000 signes. S’amuser au rythme des doigts sur le clavier. Lancer une question bizarre et s’entendre répondre « Ah, toi aussi tu as écouté France Inter ce matin ? ». Se faire expliquer les regards amusés d’une discussion ayant dérivé sur untel ou machine. Discuter de façon passionnée des derniers documentaires d’Arte.

J’aime tout cela. Entendons-nous bien : je ne parle pas ici de l’amour passionné qui comblera ma vie. Mais du bonheur léger d’un travail qui pourrait l’occuper sans me faire souffrir. Là est la question ; et le danger. Je ne sais pas si j’ai le droit de m’en contenter. Comme si une moi, à la prescience absolue, au jugement d’acier, considérait ma vie et la notait.

Autre joie de ma vie (sans considérer la nourriture, voilà un moment qu’elle a cessé d’être une « joie » pour devenir ma vie) : la découverte de Borgen. La caméra y a capté la douceur de certains regards et le désespoir d’un geste de la main. L’importance des mots et le sentiment de supériorité dans un sourire en coin. Et surtout, la poignée de secondes durant laquelle un médecin explique ce que c’est que d’être paniquée.

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Et – toujours – le bonheur des repas préparés pour les autres. Voir avec leur gourmande complicité. Alors merci Edda et merci Stéphane Jego pour cette recette. Cette histoire-là ne fut que de bons moments. Il faut du temps (au moins deux jours, et quatre heures de cuisson). Au final : une viande tendre à l’excès, sous un fromage fondant. Voilà tout. Et beaucoup.

Pour fournir trois personnes en tranches gourmandes :

  • 1 kg de paleron de bœuf

  • 2 petits poireaux

  • 1 gros oignon

  • 2 petites carottes

  • 1 belle feuille de laurier

  • De la sauge en quantité, selon votre passion pour cette herbe

  • Sel et poivre

  • Le fromage dont vous avez envie, ici un bon Comté

A commencer un à deux jours avant le repas-régalade

  • Laver les légumes, pelez carottes et oignons. Coupez-les en tous petits dés. Emincez finement le poireau.

    Munissez-vous d’une grande cocotte. Placez-y la viande, les légumes et le laurier. Couvrez d’eau.

  • Laissez mijoter une heure, puis écumez. Ajoutez une (belle) pincée de gros sel et du poivre selon votre goût.

    Continuez à faire mijoter deux heures. Ajoutez le laurier et poursuivez la cuisson durant une heure.

  • Sortez la viande et laissez-la tiédir. Ôtez le gras en surface puis disposez-la sur une grande feuille de papier film. Enfermez-la, bien serrée, dans le film, en formant un boudin (du mieux que vous pourrez). Placez-la au frigo un à deux jours.

  • Le jour du raps, sortez la viande un quart d’heure avant le repas. Faites chauffer votre four à 200°C. Coupez la viande en tranches (2 cm pour moi ; 5 cm pour Edda) et disposez-les dans un plat légèrement huilé.

  • Recouvrez-les de tranches de fromage, parsemez de sauge ciselée.

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  • Enfournez quelques minutes, pour faire chauffer la viande et fondre le fromage.

    Servez avec un caviar d’aubergines, une purée de légumes…

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Note : ma viande était – à peine – sèche. Plusieurs solutions possibles : trancher plus épais, raccourcir le temps de chauffe (juste quelques minutes, vraiment) ou encore ajouter un peu du bouillon de cuisson dans le plat (à peine, pour que la viande ne se « défasse » pas).