Le sommeil tarde à venir. Le coussin s’échauffe et devient bouillant. Le contact du matelas est insupportable. Les chiffres du radioréveil défilent et prédisent un lendemain où l’on trainera sa fatigue. Par la fenêtre entrebâillée, l’air lourd coule à l’intérieur et répand sa moiteur dans la chambre. Les muscles du dos, crispés, sont les cordes d’un violon sur lequel un archer s’escrime à répéter une mélodie ardue, tout en angles et en aigus. En opposition à ces nuits désagréables, les journées sont extraordinairement fraîches. Elles se déroulent dans une maison calfeutrée aux volets fermés. Les quelques rayons de soleil qui y pénètrent suffisent à l’éclairer comme en plein jour. Les nourritures se font légères, avec beaucoup de salades de haricots verts dont on s’amuse à varier les sauces (sésame et badiane ; amandes caramélisées et coriandre ; framboises et fromage). Les courgettes se réinventent en gâteau salé –avec beaucoup de parmesan- et sucré –avec beaucoup de chocolat. Le café fumant alterne avec le thé glacé. J’aime l’été autant que je le hais.

Je continue à devenir adulte-travailleuse-salariée. Je suis toujours enfant-capricieuse-indécise. J'aime de plus en plus ce métier que je me suis choisie. De village en village, les rencontres se multilpient, telles d'étranges retrouvailles avec l'ordinaire et le quotidien des autres. Le petit producteur de myrtilles et les gendarmes. Les ouvriers et la sous-préfète. Les mots coulent sous les doigts et les lettres sur l'écran. Les phrases les plus simples sont les plus compliquées à écrire. Cette tâche est d'une incroyable importance et d'une futilité sans nom. Certaines de ces phrases d'un jour peuvent marquer comme marquent les rencontres d'un instant. Et ces mots finiront par emballer les salades et recueillir les épluchures.

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L'œil était dans la tombe, et regardait... (une belle façon de finir?)

Un soir, j'ai découvert que j'avais beaux maquereaux à préparer. (Ces poissons ont été un des plus beaux cadeaux que l'on m'ai fait ces derniers temps).  Un pot de ricotta et quelques oignons nouveaux attendaient mon bon vouloir. La chaleur n'était pas encore trop pesante pour allumer le four.

Pour farcir quatre maquereaux de taille normale

(recette du Best-Of 2012 de Saveurs)

- les dits poissons, vidés par votre poissonnier

-150g de ricotta

-2 oignons nouveaux

- 1 grosse càs de fromage blanc

- 1 càs de graines de sésame

- 2 càc de graines de fenouil

- 1 càs d'huile d'olive

- thym, sel, poivre

Ne pas se compliquer la vie

- Lavez et séchez les poissons. Emincez les oignons.

- Mélangez la ricotta et le fromage blanc. Ajoutez les oignons, le sésame, l'huile. Salez, poivrez.

- Farcissez généreusement les poissons (si nécessaire entaillez plus profondément que ne l'a fait votre poissonnier)

- Placez les poissons dans un plat huilé. Saupoudrez de fenouil et de thym. Salez, poivrez (légèrement).

- Enfournez 15 min dans un four préchauffé à 180°C.

Et c'est tout.

cuits