Ces derniers jours les belles et laides gens ont emplit ma vie. Le gris mitigé, le ni-l'un-nil'autre, semblait avoir disparu. Je n'ai aucune envie de vous parler de laideur. Alors parlons des autres. De celles qui valent la peine que l'on se souvienne d'elles.

Il y a eu l'homme dans le métro. Il est rentré juste alors que les portes se fermaient et a commencé à réciter. D'abord, personne n'a écouté. Nous pensions connaître son discours. Puis, certains yeux se sont levés. Certaines oreilles se sont ouvertes. Il cherchait à se marier, mais n'avait pas envie d'utiliser face-de-bouc ou meetoc. Une femme était-elle intéressée? Il n'attendait pas de réponse, je crois. Il a demandé aux passagers de se sourire. De sortir de leurs téléphones et d'engager la discussion, entre deux stations. De réinvestir le métro comme le lieu des rencontres inattendues. Gagné. J'ai relevé la tête et souri à mon voisin. Puis nous avons engagé une discussion, sur cinq stations, à propos des génies méconnus.

Le dernier jour de mon stage, j'étais un peu bousculée. Je tapais à toute vitesse mon dernier article. Ils sont rentrés dans le bureau. Tous ceux auxquels j'avais songé comme ceux qui me manqueront. B. avait les mains derrière le dos. Ils avaient pensé à moi assez fort pour m'offrir des cadeaux. Plus que cela: ils avaient cherché ce qui me ferait réellement plaisir. Et visé juste, avec ce petit objet de soie, ce billet vert qui voulait dire beaucoup et ce guide pour ma prochaine destination.

Eux sont venus m'aider alors que j'implorais de l'aide silencieusement. Enfermée dans un chez-moi qui était devenu un lieu où j'avais peur d'être. Prise dans des discussions-disputes avec un interlocuteur qui jamais n'imagine être en tort. Ils n'ont pris aucun parti. Ils n'ont défendu les intérêts de personne -ou plutôt de chacun-, alors même qu'il n'avait avec moi aucun lien, ni de sang ni de confrérie.

Merci à vous, belles gens qui permettent de croire encore.

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(Ce n'est par contre pas une nouveauté que de vous dire qu'en tout temps, la gourmandise m'aide à croire.)

Ici, une tarte au potimarron, avec une sauce caramélisée à la sauce soja et au miel. La recette d'origine est celle-ci, avec une pâte à ma façon; enrichie de fromage de chèvre.

Par personne il faut :

(multiplier par 4 pour une grande tarte)

  • 40 g de farine

  • 5 à 10 g de flocons d'avoine (si vous désirez une pâte plus ou moins croustillante

  • 5 g de beurre

  • 10 g de fromage de chèvre frais

  • 2 à 3 càs d'eau

  • sel

     

  • 100 à 130 g de potimarron

  • 1 belle càc de moutarde ancienne

  • 1 belle càc de fromage blanc

  • thym, sel, poivre

  • 8 g de miel, ½ càs de vinaigre balsamique, 1 càs de sauce soja légère

Pour assembler tout cela:

  • Mélangez la farine, le sel et les flocons d'avoine.

  • Sablez ce mélange avec le beurre froid en dés et le chèvre.

  • Ajoutez l'eau peu à peu pour obtenir une pâte souple mais non collante. Laissez reposer une demi-heure à température ambiante.

  • Tranchez le potimarron en fines lamelles. Imbibez-les d'huile d'olive, sel (peu, la sauce soja est salée) et poivre.

  • Étalez la pâte et foncez un moule )à tarte. Faites-la précuire 5 minutes à 180°C. Badigeonnez-la de moutarde, puis de fromage blanc.

  • Disposez les lamelles de courge à votre convenance. Enfournez pour 25 à 30 minutes à 180°C.

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  • Pendant ce temps, mélangez le miel, le vinaigre et la sauce soja. Placez le tout au M-O (ou dans une casserole si vous êtes patent) et chauffez en surveillant et mélangeant régulièrement pour obtenir une sauce sirupeuse. Nappez-en la tarte à sa sortie du four.

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