Rêverie de la semaine:


On avait beaucoup parlé de ce Saint-Honoré.

« On » c'était essentiellement les journalistes et les biographes; mais aussi les pâtissiers et restaurateurs qui avaient vu leurs ventes augmenter et M. Tout-Le-Monde qui en dégustait plus régulièrement lors du déjeuner dominical.

Que de grandes questions autour d'une pâtisserie; dont la complexité faisait gloser si ce n'est glousser.

Dés que cela avait été connu, le fait que le Général choisisse systématiquement un Saint-Honoré en dessert était devenu un élément constitutif de sa légende.

« On » avait parlé de son rapport à la religion; de son attachement à la France et ses traditions, de son penchant pour ce dont la réalisation est difficile et l'assemblage subtil.

« On » n'avait jamais dit que le Général était las.

Las de choisir, matin, midi et soir, et de s'engager pour lui, ses proches et son pays à chaque décision.

Las de voir chaque décision reprise, diffusée, discutée, contestée par le « on » mondial.

Las de devoir être le Général.

Alors au moins à cette occasion, il cessait de choisir. Il se contentait -et se réjouissait- de retrouver immanquablement une chose qui restait pareille à elle-même et pareille à ce qu'elle avait été lorsque son père, d'autorité, en avait commandé pour lui.

Le père était mort, le restaurant avait fermé et tous avaient changé de comportements face à lui mais le Saint-Honoré était demeuré tel qu'à ses dix ans.


Pas de recette de Saint-Honoré, parce que je ne me suis pas encore (c'est ma deuxième résolution pour l'année) lancée dans la pâte feuilletée et que je laisse la pâte à choux à ma mère qui la réussit à merveille.

Donc il s'agit d'une recette écossaise (je suis en plein trip cuisine british et italienne) qui ferait revenir n'importe qui sur l'opinion dépréciatrice qu'il pourrait avoir vis-à-vis de la cuisine de nos voisins d'outre-manche: des "glamorgan sausages"

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Il s'agit de saucisses végétariennes à base de poireau, de pain rassis et de fromage qu'Estérelle m'a fait découvrir et que j'ai rapidement adopté et vigoureusement approuvée. Un plat tout simple qui est une merveille de gourmandise (qui ferait manger du poireau à n'importe qui).

J'ai modifié les proportions de la recette d'Estérelle pour avoir plus de poireau dans la préparation et c'était parfait à mon goût.

Pour 3 personnes avec une salade

  • 1 gros poireau (170g une fois épluché)

  • 90g de chapelure (biscotte réduite en chapelure pour moi, mais si vous avez du vieux pain ce sera d'autant meilleur)

  • 1 œuf

  • 75 g de fromage à pâte dure (du comté pour moi, mais Estérelle propose aussi le Cheddar, cantal...)

  • ½ càs de moutarde

  • 3 branches de persil

  • ciboulette, thym

  • sel, poivre

  • lait si vous utilisez de la chapelure/biscotte

  • chapelure

  • blanc d'œuf

Juste un peu de patience...

  • Hachez finement le poireau (c'est là qu'il faut la patience) et faites le revenir 10 min à couvert, salé, afin de l'amollir

  • Hachez finement les herbes

  • Mélangez la chapelure et l'œuf, ajoutez le fromage, la moutarde, les herbes et le poireau. Salez, poivrez.

    Mélangez le tout pour obtenir une « pâte » texture « pâte à modeler », souple, pas trop sèche, mais non collante. Ajustez avec du lait et de la chapelure pour obtenir la bonne texture

  • Modelez de petites saucisses en formant de petites boules puis en les roulant sur le poste de travail (avec ces quantités j'en ai eu 9 petites)

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  • Réservez 30 min (ou plus) au réfrigérateur.

  • Roulez-les dans le blanc d'œuf puis dans la chapelure et faites-les dorer sur toutes les faces dans une poêle avec un peu d'huile neutre.

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