Texte hebdomadaire en provenance de mon cerveau tordu: la tarte aux framboises


     C'était la première fois que la vue d'une tarte aux framboises la plongeait dans le désespoir.

     C'était pourtant une bonne idée. Relativement bonne. Bonne en théorie du moins.

     « Comme le communisme » avait ajouté son mari.

     Il n'avait pas tort.

Évidemment elle ne s'était pas inquiétée quand les notes de Julien s'étaient améliorées,.

Et puis elle avait commencé à s'interroger.

     Elle mâcha la tarte avec application.

    « Alors, c'est comment?

     - Euh... »

Il avait attendu les vacances pour lire le 12ème tome de sa saga favorite (« pour adolescents boutonneux » le moquait sa sœur).

Il ne regardait que le premier épisode de la série-du-soir.

Il avait pleuré la dernière fois qu'il avait eu une « mauvaise » note (le double de sa moyenne de l'an précédent).

Et il n'avait pas annoncé avoir battu un quelconque record à un quelconque jeu vidéo depuis 6 mois. D'ailleurs cela faisait 6 mois qu'on ne l'avait pas vu sur sa console.

     « C'est meilleur non?

     - Oui, on... il y a... clairement... »

     Son mari préféra la couper plutôt que de la laisser sombrer:

     «  Mon fils, c'est incomparable ».

Ce n'était pas sain. Ils avaient cherché à intéresser leur fils à autre chose.

Elle avait refait tous ses plats préférés et dépoussiéré des ustensiles qui n'avaient pas servis depuis la dernière venue de la belle-mère.

Pari réussi: Julien s'était enthousiasmé. Il était même passé derrière les fourneaux.

Et c'est pour cela qu'ils goutaient la 27ème tarte aux framboises de la semaine.

Il avait changé de sucre, cette fois.


Il y a du soleil, ici. Je révise assise sur le rebord de la fenêtre, en guettant la progression du chat sur le mur du jardin. Je m'amuse de le voir la tête plongée dans le lierre comme elle le serrait dans l'eau s'il guettait un poisson.

Je salue ma voisine-du-dessous qui sort ses cactus au soleil et fume une cigarette en fermant les yeux de contentement, sous la caresse du soleil.

Je fais tous les jours les même choses, aux mêmes heures. Ce n'est pas désagréable, mais seulement parce que je sais que cela ne durera pas trop. Sinon je trouverais ça dangereux.

Je me réconforte avec le pain de ma boulangerie, la baguette aux graines de lin ou le gros pavé du week-end.

Grillé et tartiné de confiture (pêches de ma grand-mère ou framboises du papa de la colloc'), trempé dans le lait chaud, c'est du soleil qui coule dans la gorge.

Et puis, alors que je lis et relis les pages couvertes des petits caractères, tous serrés, qui finissent par danser sous mes yeux, je pense au repas du soir, et je le prévois copieux et réconfortant, comme les spaghettis carbonara aux courgettes de ce soir..

Mais la semaine passe vite, et j'ai un peu peur. Les examens ne sont pas si effrayants, mais on est toujours un peu craintif de sortir de ses habitudes. Et dans un mois ce sont deux ans d'habitudes que je quitte.

Tant pis, j'en prendrais de nouvelles. Et des belles. Je ferais plus souvent de la brioche par exemple.

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Il y a quelques années, j'avais tenté de faire des Hot Croos Buns (viennoiseries anglaises, pour le vendredi saint). Résultat: des petits choses toutes plates, coriaces et sèches.

J'en avais gardé de la rancune à cette recette. J'ai récidivé avec celle-ci: victoire.

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(Mais en fait surtout coupé en deux, grillé et tartiné d'une chose au chocolat comme du Philadelphia Milka).

Pour 9 buns

  • 250g de farine

  • 25g de beurre mou

  • 35g de sucre

  • ½ œuf (si, si)

  • 10 ml de lait

  • 10g de levure fraîche

  • ½ càc de sel

  • ½ càc de cannelle

  • 50 g de raisins blonds (sultanides)

  • œuf pour dorer

  • 25g de farine + 2 càs d'eau pour les croix

Avec les petits bras musclés:

  • Diluez la levure dans le lait tiédi avec ½ càc de sucre. Laissez reposez jusqu'à ce que ça mousse (10 à 20 min)

  • Dans un grand bol, mélangez la farine, le sucre, la cannelle, le sel et les raisins.

    Creusez un puits et versez le mélange lait/levure et le demi-oeuf battu.

    Mélangez avec une cuillère en bois en incorporant progressivement la farine (donc en travaillant petit à petit, à partir du centre du bol vers les bords).

  • Lorsque le pâton se forme, ajoutez le beurre mou, coupé en dés, et pétrissez vigoureusement pendant au moins 10 min. La pâte doit être finalement très molle et lisse mais pas gluante non plus (au besoin, ajoutez de l'eau ou de la farine).

  • Boulez, placez la pâte dans un saladier et recouvrez d'un torchon humide.

    Laissez doubler de volume (1H30 pour moi)

  • Dégazez la pâte et divisez-la en 9 morceaux. Faire une petite boule avec chaque morceaux et disposez les côte à côte sur une plaque couverte de papier sulfurisé. Elles ne doivent pas se toucher mais être assez proche pour se rejoindre après la deuxième levée.

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  • Justement, faites donc encore lever la pâte sous un linge humide, pour que les boules doublent de volume.

  • Mélangez la farine et l'eau pour former une pâte épaisse et lisse.

    Incisez les boules de pâte sur leur sommet, en croix (lame de rasoir ou couteau bien aiguisé).

  • Badigeonnez d'oeuf battu (la moitié restante, par exemple) et, à l'aide d'une petite cuillère, formez une croix avec le mélange farine/eau (sur et dans le prolongement des incisions).

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  • Enfournez 15 min dans un four préchauffé à 200°C (avec un récipient -style boîte de conserve- plein d'eau dans le four durant le préchauffage et la cuisson).

    Une fois les buns bien dorés, sortez les et laissez les refroidir sur une grille.

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