Au cœur de l'Afrique c'est un restaurant de Schiltigheim, découvert au détour d'un article des DNA.

Sa tenancière et cuisinière (adorable au demeurant et dont la haute taille, le port droit et la flamboyante chemise ne me permettent de la décrire que comme « majestueuse »), Diane Mounkam, a commencé par cuisiner chez des particuliers avant d'ouvrir cette adresse et de proposer une cuisine africaine se baladant entre Cameroun, Sénégal et Congo.

Moi, les papilles en Afrique, c'était là-bas la première fois. Et ça donne envie de les y renvoyer.

De plus je ne peux m'empêcher de vous confier ceci: la dernière fois que nous y sommes allés notre serveur n'a pas hésité à nous déconseiller certains plats, trop « étranges » pour nos palais (et pourtant plus chers, la motivation économique n'était donc pas son moteur) et à proposer de modifier un peu ma tajine pour y inclure des bananes plantains (végétal auquel je voue un culte discret mais féroce).

Je préfère prévenir de suite: les prix sont un peu plus élevés que ceux des restaurants que je pratique habituellement et en conséquence je n'y mange pas forcément souvent. (Pour plus d'informations, allez voir la carte)

Mais la découverte est à la hauteur du prix et la qualité est parfaitement constante, tant et si bien qu'on ne regrette rien (sauf peut-être les boissons, un peu chères pour ce que c'est...)

Deuxième indication pouvant avoir une certaine importance: outre la carte « normale » nous allons dire, le restaurant propose aussi, à partir de 4 convives, une séries de plats qui ne sont servis que sur commande (et chaque fois nous nous disons qu'il faudrait essayer tant les noms sont tentateurs)

 

Commençons la ballade...

A quatre autour d'une table, nous nous offrons une « Assiette découverte » à 13€ afin de nous mettre en bouche.

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Là, on ne sait pas vraiment pourquoi tant tout cela semble inoffensif, les saveurs commencent à exploser.

Un petit bémol peut -être pour les acras de morue (on en aperçoit un micro-bout tout devant à droite), à la texture sublime (fine couche parfaitement croquante, cœur moelleux voir mousseux) mais peu accentué en goût. Là je confesse que c'est peut-être parce que je n'aime pas les acras de morue en général (et ceux-ci n'ont pas le défaut de tant de leurs confrères d'avoir un persistant goût d'huile).

Devant à gauche, des soyas. Des brochettes de bœuf, épicés au kankan (ne me demandez pas de quoi il s'agit). Elles semblent racornies et grisâtre, vues d'ici, mais en bouche c'est un juteux et un fondant à tomber. Et le kankan, je ne connaissais pas, et c'est indéfinissable (sauf par « umami » peut-être mais je m'avance un peu). En tout cas c'est bon.

Et puis, inoffensive, au milieu, une salade. Oui, bon, ce ne sont que des petits dés de mangue, d'ananas, du poulet et des crevettes. Une vinaigrette. Oui, mais. La vinaigrette est acidulée et sucrée, l'ensemble et frais et exploser de douceur et de fruité en bouche. Il n'y en a pas assez, clairement.

Pour finir, parce que c'est là que mon amour a commencé: de l'aloco. Des dés de bananes plantains frites. Comment vous dire... entre la banane et la pomme de terre, mais avec un côté épicé et moelleux que ces deux aliments n'ont pas. Une merveille dont je ne comprends pas la rareté en France.

Les plats.

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On va commencer par la tajine de légumes, parce qu'elle était un peu moins succulente que les autres (ça m'apprendra à sortir des sentiers battus). Entendons-nous: elle était à tomber. On y trouvait des patates douces, pois chiches, bananes plantains, carottes... j'en oublie sans aucun doute. Et contrairement à ce que l'on aura craint, les goûts restent distincts et chaque légume est ferme (et non pas fondu en un ensemble pâteux caractérisant les ratatouilles de cantine).

Mais voilà, le reste était plus extraordinaire encore.

Ce sont nos plats chouchou:

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Le poulet yassa (15,50€): un poulet tendre et juteux, de soignons fondants et une sauce sucrée et acidulée au citron, au citron, au citron... sans écoeurement, sans acidité ostentatoire. Comment est-ce possible, allez savoir, mais c'est comme s'il y avait le goût de l'acidité sans que cela ne soit acide.

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Le poulet DG (15,50€), mon plat-à-moi généralement.

Des légumes, qui franchement doivent être tous cuits séparément, des bananes plantains moelleuuuuuses (là vous avez compris pourquoi c'est ce plat) et du poulet fricassé, tendre au possible et bien saisi et doré à l'extérieur. Ajoutez à cela un parfum merveilleux que vous ne pouvez qu'imaginer...

 

Enfin, et non le moindre, le Ndolé de poisson fumé (18,50€), dont je n'ai que des photos peu présentables alors vous vous chargerez d'imaginer.

Des feuilles d'un légumineux proche de l'épinard, une crème à l'arachide et, ressortantclairement au milieu de cela, un poisson fumé à tomber. Epinards-arachides-poisson fumé: je sais, on doute.

Et pourtant ça marche, les épinards cassent le côté trop écœurant que l'arachide peut avoir, le poisson ne se laisse éclipser par le goût du Ndolé (et ne l'éclipse pas non plus, le poisson fumé ce n'est pas un aliment discret par essence).

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Et puis tout ça avec du riz, du bon, du tout blanc et léger cuit à la vapeur. Dans la famille on est grands mangeurs de riz et celui-là remporte tous les suffrages.

(Désolée, je n'ai pas noter les vins, ou plus sûrement ai perdu la feuille sur laquelle j'ai pris les notes. Donc pas de noms, pas de prix, mais il s'agissait pour chacun d'un verre de vin africain et oui, ils savent en faire du fort agréable).

Au coeur de l'Afrique

13, rue Neuve

67 300 Schiltigheim

03 88 47 83 86