Je n'ai jamais pensé être très possessive. Cela dans le sens que je possède peu d'objets dont la perte me toucherait vraiment. Il y aurait bien le cahier où je note les phrases qui me plaisent, des idées ou des souvenirs mais sa disparition serait loin d'être insurmontable. Pour le reste, s'il y a des objets aux quels je tiens c'est plus souvent du à la façon dont je les ai reçus qu'en tant qu'objets.

Pourtant, en me promenant dans l'université, je me suis aperçue que je suis possessive dans le sens où je tiens à la possession de certains sentiments. J'aime l'université et je tiens à garder la sensation de la posséder d'une quelconque façon. Posséder mes études, quelle étrange expression. Il s'agit simplement de ma fierté qui agit ici: fierté (imbécile?) d'avoir créé un semblant de vie autonome. Fierté d'avoir su faire, et vivre, loin de ma ville natale, loin de tous les amis que je connaissais précédemment.

Il s'agit donc ici de la possession d'une chose qui est à moi seule, même si je la partage avec des centaines d'étudiants, car aucun de mes anciens proches ne la partage.

Ce « n'y touche pas, c'est à moi » s'exprime en fait souvent dans mes pensées, vis à vis de certains comportements, façon de faire et plus généralement de vivre que, alors même que je peux les prôner comme règles de vie parfaites, je peux ne pas supporter de les voir partager.

Elle est belle, pour le coup, ma rationalité.

Je crois que c'est aussi pour cela que ne supporte pas que l'on me conseille lorsque je cuisine. En réalité, ce n'est ni le conseil (au contraire, je suis toujours à l'affut de bonnes idées) et encore moins l'intérêt porté à la cuisine (car je pourrais ne parler que de ça) qui me pèse. C'est l'intervention d'autrui dans un moment de réalisation qu'il me semble posséder. Interruption d'un instant ou je, moi et moi seule, accomplis une chose qui n'est donc qu'à moi. Pas touche.

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Pour ce qui est de ce cobbler, il s'agit de ne pas me retrouver en janvier à poster une recette de pêches (dans le genre « fruit de saison », on fait mieux!)...

Un cobbler, qu'est-ce que c'est? Disons que c'est dans l'esprit du crumble ou du streussel, avec une pâte sablée posée sur une garniture.

Mais c'est en réalité différent, car la texture de la pâte (plus moelleuse que les deux exemples cités) donne à tout le dessert un impact très différent. Donc voilà, cobbler aux pêches suivant (plus ou moins) la recette je Jamie Oliver dans l'Amérique de Jamie (autre livre dont j'ai déjà tiré un nombre non-négligeable de recettes).

Je m'excuse des photos de la chose cuite, qui sont bien loin de faire honneur à ce délice.

Pour 4 personnes

  • 4 pêches bien mûres coupés en petits quartiers

  • zeste d1/2 citron vert

  • 10 de sucre roux (vergeoise brune pour moi)

  • 1 cm de gingembre frais pelé (je vous conseille le gratouillage à la petite cuillère) et râpé

  • 2-3 càs de jus d'orange (ou autre, à votre goût))

  • 20g de pignons de pin (ou pas si vous n'avez pas!)

  • 50g de farine

  • 1 càc de levure chimique

  • 25g de sucre

  • 40g de beurre froid

Et puis éventuellement du sucre glace et, surtout, de la glace vanille!

Pour opérer la transformation:

  • Mélangez les quartiers de pêches, le zeste, le sucre, le jus d'orange et le gingembre (avec les mains dans un grand bol, c'est ce qui marche le mieux)

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  • Disposez les dans un grand plat, en terre de préférence (ou des petites cocottes, comme moi).

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  • Enfournez le tout dans un four préchauffé au maximum (je déconseille la recette un jour de canicule) pour environ 15 minutes, ou plus ou moins, selon les pêches ou le four. Le but étant, of course, de cuire et ramollir complètement les fruits.

  • Pendant la cuisson, mixez les pignons. Ajoutez dans le mixer la farine, le sucre et un peu de sel. Ajoutez ensuite le beurre(froid) en petits dés et mixez le tout pour avoir une sorte de pâte à crumble (donc friable!)

    Évidemment, sans mixer c'est faisable, en écrasant les pignons très finement et en mélangeant le tout avec les mains, en sablant la pâte!

  • Ajoutez à la pâte 1 càs d'eau pour obtenir une pâte homogène 'autre différence avec le crumble)

    Formez une boule et laissez reposer.

  • Ajoutez un peu d'eau dans vos pêchez si les fruits vous semblent trop secs (ça va repasser au four), moi je n'ai pas eu besoin.

    Avec une cuillère à soupe disposez des quenelles de pâte à cobbler sur les fruits encore brûlants.

    Remettez le tout au four pour environ 20 min (le temps que la pâte gonfle et dore).

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  • Sortez le plat bouillant, saupoudrez éventuellement du sucre glace et disposez rapidement une boule de glace vanille sur chaque (ou plusieurs sur un grand plat. C'est très bon sans cela, mais avec la glace marbrant le jus de la pêche brûlante et tendre et le cobbler moelleux et croustillant on atteint une extase gustative!

  • Comme pour les soufflés, ce sont les convives qui attendent le plat, alors servez-vite et dévorez! (Même pas le temps de prendre une photo, pourtant cette vision est un abysse de tentation!)

  • Note: si vous faites le plat en avance, ajoutez un peu d'eau et réchauffez le simplement au four (sans glace dessus, cela va sans dire!)