J'ai reçu aujourd'hui un mail d'une amie envoyée d'Australie. Passons sur les considérations évidentes du pincement de jalousie alors ressenti...

Ce qui m'a réellement surpris fut que j'avais plus de mal à appréhender la différence entre sa nouvelle faculté et la mienne qu'entre nos deux pays.

Je suis capable de comprendre, en prenant par un plaisant jeu mental une nouvelle tournure d'esprit sans porter de jugement sur de multiples faits...

J'observe et appréhende les mondes où les éléments du paysage sont de lointains parents, où l'on abandonne les adultes devenus trop vieux pour suivre la tribu, où le tissage est tout à la fois artisanat nécessaire en art esthétique et métaphore sociale, ou encore où il est bon de manger la chair d'autres hommes.

Mais la différence entre l'université de Sydney et de Lyon me plonge dans une abysse d'incompréhension. Tout d'abord parce qu'il s'agit d'un monde à l'occidental qui se décrit par les même mots que le mien, ronflants et nobles (« démocratie », « liberté »...etc) je ne peux pas le considérer comme « autre »: il s'agit d'un monde qui se réclame des mêmes notions par les mêmes mots et donc il s'agit normalement du mien. Et pourtant, sous les mots comme sous les cailloux d'un chemin, il n'y a pas les même serpents.

Donc en considérant ce monde qui n'est pas le mien mais pourtant si, je ne suis pas capable (et n'estime pas qu'il y ait nécessité) de me départir de toute notion de jugement. Parce que justement les notions de justice sont si proches dans ces deux pays que je m'adjuge le droit de juger.

La question est donc de savoir à partir de quand le regard porté sur un monde devrait le considérer comme « autre » de celui que l'on connaît et dans lequel on est le plus apte (ou en tout cas où on a plus de le droit) de juger.

Sans transition, je vous présente la recette ultime d'aubergine: l'Imam Bayildi, autrement dit « l'imam s'est évanoui ». je voulais en faire depuis que j'ai vu le film Un ciel épicé. Et elles méritent leurs noms, ces légumineuses.

J'ai donc opté pour la recette d'Erika Casparek-Türkkan dans La délicieuse cuisine Turque qui est d'ailleurs sans doute un des livres les plus fiables que j'ai et dont j'ai fait le plus de recettes (Achat Aldi. Comme quoi, l'habit ne fait pas le moine dans la monde livresque) mais en la modifiant pas mal. (Ça paraît long mais en fait c'est très simple!)

Pour 4 personnes

  • 4 aubergines moyennes

    (Mais si vous avez de toutes grosses ou/et petites, comme moi, ça marchera aussi bien!)

  • 2 oignons

  • 2 grosses tomates

  • 1 gros bouquet de persil plat

  • 4 petits piments verts, pas trop forts

  • 4 petites gousses d'ail

  • ½ càc de cannelle

  • 1 càc de sucre

  • 2 belles càs de raisins secs blonds

  • huile d'olive, sel

Paré?

  • Lavez les aubergines et pelez le pédoncule sans l'ôter(gardez le centre dur de la tige qui vous aidera à tourner le légume).

    Ôtez à l'économe 4 larges bandes de peau sur la longueur de chaque aubergine, d'environ 2 cm de largeur. Sur chacune, incisez profondément au milieu d'un de ces bandes, de façon à créer une fente s'enfonçant profondément sans transpercer l'aubergine.

  • Faites chauffer 2 càs d'huile d'olive dans une grande poêle et faites revenir les aubergines sur feu moyen jusqu'à ce qu'elles dorent (si elles noircissent, pas grave, vous pourrez ôtez le noir après). Il faut que par la suite vous puissiez les farcir par la fente faite précédemment et donc qu'elles ramollissent un peu.

  • Disposez les dans un grand plat, allant au four et pouvant être couvert (Une cocotte en fonte doit faire l'affaire, d'ailleurs), incision vers le haut. (Lorsqu'elles auront tiédies, vous pourrez ôtez les parties noircies, comme si vous peliez l'aubergine).

  • Lavez et pelez les tomates (les miennes étaient très mûres mais sinon, ébouillantez les quelques secondes avant), épépinez-les et coupez les en petits dés.

    Pelez les oignons, coupez les en deux et émincez-les en fines lamelles.

    Lavez le persil et hachez-le.

  • Faites revenir l'oignon dans la poêle précédemment utilisée avec de l'huile d'olive pour les faire blondir. Ajoutez les tomates, le persil, le sucre, la cannelle et les raisins. Salez et ajoutez 5 cl d'eau. Laissez mijoter jusqu'à ce que l'eau se soit évaporée, pour obtenir une sauce bien épaisse.

  • Préchauffez votre four th 7 (210°C)

  • Laissez tiédir la farce et farcissez les aubergine par l'entaille pratiquée.

    Répartissez le reste de farce (si il y a un reste, s'entend) dans le fond du plat.

    Épluchez l'ail et coupez le en bâtonnets. Enfoncez l'ail dans la farce.

    Lavez les piments, coupez les en deux et épépinez-les. Disposez deux moitiés sur chaque aubergine.

DSCF4630

  • Versez 25cl d'eau dans le plat, couvrez (j'insiste, c'est important), et enfournez le pour 45 min à 1H. Après 10 min, baissez le thermostat sur 6 (180°C).

  • Laissez refroidir totalement. (En théorie cela se mange froid mais je trouve que c'est excellent tiède...OK; je m'y suis mise trop tard.)

DSCF4644

Ne vous fiez pas aux apparences, c'est meilleur que ça en a l'air. ^^

(Et la photo fut ardue à prendre)