Je voulais faire un article sur le Sud mais je me suis rendue compte, en le composant mentalement, que je tendais à réutiliser les mêmes mots que dans un article précédent. Donc, plutôt que de m'auto-plagier, ce qui ne procure guère plus de contentement qu'un autre plagiat, je préfère réutiliser cet ancien texte, qui de toute façon (grande confiance dans l'Internet, moi) risque de disparaître.

« Ce pays, c'est la douceur de vivre.
La douceur de se laisser vivre.

C'est quelque chose que je n'ai pu montrer ou faire vivre à mes deux colocataires d'une semaine, mais qui ont peut-être trouvé en cette propre douceur, parce que je ne le possède pas en propre. Je ne le connais moi même qu'en vivant avec ceux qui l'ont.
C'est ce que j'ai toujours compris par l'expression "c'est le Sud", c'est ça le Sud. Ce n'est pas une chose qui se dit ou s'explique, ni qui se ressent. C'est une chose qui se vit. Ou se laisse vivre.

C'est se lever tôt le matin, sans que cela soit une obligation; c'est courir dans l'air frais, pour le plaisir de sentir le monde défiler et les muscles s'échauffer.
C'est petit-déjeuner comme on ne fait qu'ici (parce que le pays de la confiture, c'est ici. Le reste, c'est vaguement du sucre aux fruits); thé très chaud, lait très froid, pain grillé et confiturede pastèque. (Bien jaune, très liquide, avec des petits bouts d'agrumes qui en relèvent encore l'acidité et ça, avec le craquant du pain grillé et la douceur du lait, c'est juste un des petits bonheurs de mon été).
C'est le repas qui commence avec l'apéritif et s'achève avec la salade, le fromage avec la salade et le fruit après la salade.
C'est la journée qui passe sans rien de notable sinon le plaisir.


C'est aussi gagner une montagne, à la force des cuisses, la gorge sèche parce que l'air ici est avide de la moindre goutte d'eau. Comprendre ce que sont l'olivier, le figuier et le mûrier.
Parce que pour moi ce pays ce n'est pas la mer. C'est la mer qui vient cogner contre la terre. L'eau et l'air à gauche, la terre et le feu à droite et trouver le point d'équilibre, le point au centre de tout, qui ne bouge jamais.
Et gagner la montagne, ce n'est pas arriver en haut, c'est être arrivé. Ce n'est pas être monté, c'est monter.
Parce qu'une fois en haut on écoute le vent, on lui jette ses mots parce qu'on sait que lui n'en fera rien, il ne malforme ni de déforme ni ne diffame. Et on l'écoute nous dire "repart", et ce n'est pas qu'il faut ne pas être ici ou être autre part.
C'est juste qu'il faut être en partance. »

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En été, un de mes desserts favoris est la tarte au citron car, lorsqu'elle n'est pas trop sucrée, semble presque fraîche. Généralement je suis plutôt tenante du parti de la meringuée. Mais je fais avec bonheur des exceptions (comme pour les tartes citron-chocolat noir qui peuvent être des merveilles et auxquelles la meringue ne sied guère) dont celles-ci.

Depuis que je suis tombé sur cette tarte au citron (recette Valrhona, c'est plutôt une valeur sûre) je n'ai eu de cesse avant de la réaliser.

Eh bien, en version orthodoxe comme en version citron vert-basilic (Voici encore Loukoum°°° qui m'a donné envie), elle se dévore très (trop) facilement! Je vous donne ma version citron vert-basilic et vous laisse aller chez elle pour la version classique!

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La pâte à tarte n'est pas celle d'origine car j'utilise pâte de ma grand-mère. Il s'agit d'une pâte à tarte généralement utilisée pour les tartes aux fruits, car la levure la rend légèrement épaisse et moelleuse. Elle se congèle très bien alors on en fait beaucoup d'un coup, on divise et hop, en sachets congélation.

Pour 3 pâtes à tarte sucrées (Recette familiale pour des tartes au fruit d'un beau diamètre)

  • 500g de farine

  • 150g de sucre

  • 100g de beurre

  • 2 œufs

  • 1 pincée de sel

  • 4 càs (de taille raisonnable) de crème fraîche épaisse (la allégée marche aussi)

  • 1 paquet de sucre vanille (facultatif)

  • 1 paquet de levure chimique

A la main ou au robot

  • Mélangez la farine, la levure, le (ou les) sucre (s) et le sel.

  • Ajoutez le beurre mou et travaillez la pâte pour la sabler.

  • Ajoutez les œufs et le lait. Écrasez la pâte avec la paume et ramassez la pâte sur elle-même, rapidement, pour obtenir une pâte homogène et pas trop collante (au besoin, si il y a trop de crème par exemple, ajoutez de la farine).

  • Congelez en portions séparées ou laissez reposer au frigo (dans un papier film) une nuit.

Maintenant pour une tarte (verte) au citron d'environ 17 cm de diamètre

  • Environ 1/5ème de la pâte à tarte précédente.

  • 2 citrons vert

  • 5g de feuille de basilic fraîches

  • 1,5 œufs (désolée)

  • 25g de sucre

  • 80g de chocolat blanc

Pour patouiller

  • Étalez la pâte finement et foncez un moule à tarte ou un cercle à pâtisserie (Utilisez du papier sulfu pour étaler la pâte et la manier: elle colle vite)

    Éventuellement, on peut commencer par abaisser la pâte en cercle épais, la mettre au frigo ½H puis l'abaisser plus finement.

    Recouvrez la pâte de papier sulfu puis de légumes secs (ou billes de cuisson, selon votre habitude)

  • Faites cuire la pâte à tarte dans un four préchauffé à 180°C pendant 15 min. Puis ôtez les fruits et le papier et remettez la pour 5min. Si vous avez utilisé un cercle, ôtez le (je déconseille le démoulage par contre) et finissez la cuisson jusqu'à ce que la pâte soit joliment dorée (cela m'a tout de même pris 15min)

  • Faites refroidir le fond de tarte sur une grille. Pour égalisez les bords de la tarte, « limez »-les un peu (j'ai utilisé une petite passoire généralement utilisée pour le sucre glace.

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  • Hâchez très finement le basilic, si possible mixez-le jusqu'à le réduire en pâte.

  • Lavez les citrons et pressez-les. Versez le jus dans une casserole avec les œufs et le sucre.

  • Cuire sur feu trèèès doux en fouettant régulièrement (surtout à fin, fouettez sans interruption) jusqu'à ce que la crème épaississe.

    Pendant ce temps, faites fondre le chocolat. Dès que la crème bouillonne (ou devient assez épaisse, comme une marmelade), ôtez la du feu et versez-la en trois fois sur le chocolat fondu, en mélangeant à chaque fois au racle-tout (certains appellent ça du drôle de nom de « maryse ».

  • Dés que le mélange est homogène, passez le au mixeur plongeant (c'est facultatif et chez moi a surtout servi à atomisez le basilic).

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Et, j'avoue, si vous voulez une couleur verte comme moi...Il faut ajouter une goutte de colorant bleu.

  • Versez la crème dans le fond de tarte et laissez-refroidir plusieurs heures, au frais.

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