En ce moment je range ma chambre. La tâche est déjà ardue en général, mais elle est ici rendue plus difficile par le fait que je n'ai point œuvré à une chambre présentable depuis le lycée. Je me contentais jusque là d'ôter les couches les plus volumineuses de tout ce qui s'entassait sur mon bureau. J'ai l'impression que celui-ci est capable d'auto-genérer les strates de papier...

Plus qu'un simple rangement, je fais le ménage par le vide. Je ne veux pas dire que je jette toutes les petites inutilités que j'amasse. Je fais le vide en enlevant l'inutile, l'un peu laid, mais aussi le peu important ou le passé.

C'est la deuxième fois que ma chambre connaît ce chambardement. La première fois, malgré le sentiment de nécessité qui m'animait, j'ai eu l'impression de tuer mon enfance. Pourtant je ne faisais qu'effacer les traces d'un locataire de passage pour lequel je n'avais que peu d'attachement.

Aujourd'hui, je me sens juste un peu mieux. Plus claire et plus nette. Ce rangement; qui n'en a que le nom, tient du même processus que celui qui m'envoie régulièrement chez le coiffeur, me délester du trop qui m'alourdit le crâne.

 

Malgré tout, j'ai eu de petites hésitations. Parce que j'ai regardé mon passé par certains objets, petits bibelots, correspondances et décorations et ai alors eu l'impression de ne pas être dans mon droit. Tant pis. Il faut alors se concentrer sur la voix qui se déverse de la radio, jeter un fil, comme une ancre, au présent qui se dit par les écouteurs.

Jeter quelque chose relève d'un acte aussi facile et définitif que de sauter du haut du plongeoir de 10m. Ce n'est qu'au court moment qui précède le saut que l'on s'interroge. Auparavant, en pensée, cela ne semblait pas difficile, et lors de la chute-libre, du lâcher-prise, le monde semble normal un court instant.

 

Ce dont je vais avoir le plus de mal à me débarrasser va être ma collection, assez conséquente de peluches. J'ai bien pris la décision d'en ôter un bon nombre et d'en garder d'autres mais, alors même que je ne suis plus vraiment attachée à celles qui sont désormais vouées à disparaître, c'est cet acte qui me fait le plus douter.

Parce que je me souviens avoir connu quelques nuits cauchemardesques, vers mes 10 ans, à l'idée que, une fois devenue une grande je devrais m'en débarrasser. Cet épisode réellement terrible pour moi, s'est clos par la décisions que, et zut, je n'aurais qu'à décidé de les garder. Et, étrangement, c'est la réminiscence de cette sensation de terreur qui me met mal à l'aise. J'ai négocié avec ma conscience-enfant Riane et les dites peluches vont partir dans d'autres mains par le biais de la grand-mère qui connait a peu près toutes les œuvres de charité des bonnes grands-mères du village (alors même qu'elle ne participe à aucune).

 

Vous avez déjà fait le vide?

Et puis, comme je n'ai pas le temps ni l'envie de vraiment cuisiner (et d'allumer le four) je me saisis du concombre (lui aussi parvenu à moi par le réseau grand-maternel) et je le macère à la coréenne comme elle le propose... Voilà donc ce qui se cache derrière le nom "oi sobagi".

Pour un grand concombre (on-ne-peut-plus biologique)

  • 20 g de gros sel

  • 20 cl d'eau

 

  • Une petite pomme bien mûre

  • 3 gousses d'ail

  • 1 càs de gochujang (pâte de piment fermenté coréenne) ou 1 càs de piment en poudre (mais ça arrache plus)

  • 1 morceau de gingembre (à votre goût!)

  • 3 càs de nuoc-mam

  • 1 càs de sucre

  • une dizaine de brins de ciboulette

  • 2 tiges de ciboule

Là, faut juste respecter les temps de repos

  • Rincez le concombre, coupez-en les extrémités trop minces et sectionnez-le en tronçons d'environ 4-5 cm de long.

    Incisez les en croix sur presque toute la longueur, de façon à ce que les tronçons tiennent encore ensemble.

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J'avoue, j'ai joué à la marionette avec mes bouts de concombre. :P

  • Placez-les dans un saladier (de préférence sur une seule couche)

    Faites dissoudre le gros sel dans l'eau tiède et arrosez-en les morceaux de concombre. Si nécessaire, ajoutez de l'eau jusqu'à ce que les tronçons soient immergés.

     

  • Couvrez et laissez reposer 1H

  • Pendant ce temps pelez et épépinez la pomme. Grattez le gingembre (la petite cuillère, ça marche vraiment bien) pour ôter la peau et coupez le en petits bouts. Préparez vos gousses d'ail en ôtant le germe.

    Mixez ensemble la pomme, le gingembre, l'ail, le nuoc-mam, le sucre et le piment jusqu'à obtenir une pâte rougeâtre. Ajoutez alors la ciboule et la ciboulette émincées.

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  • Égouttez vos morceaux de concombre, rincez-les à l'eau froide et laissez les perdre le plus d'eau possible (½ H dans la passoire, c'est pas mal)

    Farcissez-les alors (petite cuillère à la rescousse à nouveau) de pâte pimentée

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  • Remettez les tronçons dans le saladier, versez le reste de pâte pimentée par-dessus, couvrez et laissez macérer à température ambiante au moins 6H (mais une nuit, c'est bien mieux).

    Il paraît que l'on peut aussi faire des conserves avec, mais je n'ai jamais testé parce que ça part vite. Très vite.