Lors de mes études d'anthropologie, j'ai fait la connaissance de C. d
C. est une vraie blonde et si parfois elle est vraiment un peu blonde, elle a aussi son caractère.
C'est une petite jeune fille au visage bien net (avec notamment un nez pointu que je lui envie beaucoup), aux cheveux bien blonds et au goût très sûr.

Elle aime le cinéma plus que tout, à part les groupes de musique quasiment inconnus qu'elle adule par période avant qu'un autre ne devienne son préféré. Mais chez elle cette attitude ne m'indispose pas car elle garde un grand attachement pour ses amours passés.

Le cinéma, elle aime, elle va voir, elle lit, se renseigne et sait tout, sans aucun doute. Elle a par chance des goûts très proches des miens et m'a fait découvrir ou revoir certains films qui sont parmi mes préférés. Il y a Stand by me, vu il y a longtemps avec mon père dont il parle avec un grand attachement. Il y a Amadeus et ce héros qui est le méchant, ce Salieri si terriblement détruit. Aussi C.R.A.Z.Y qui est à mille lieu du Secret de brockeback mountain que je trouve horriblement trop romantique. Alors que C.R.A.Z.Y brosse de ses portraits simples, courants et perdus comme je les aime.

Et puis cette année il y a tous les Wes Anderson avec notamment La famille Tenenbaum avec cette grande blonde qui cultive le secret comme si sa vie ne pouvait se dérouler qu'en se créant une boîte à trésor cachée. Est-ce que le secret n'est pas plus important que els actes qui le sont? Qui porte de grands manteaux avec une classe infinie, tapote d'étranges musiques avec un doigt de bois et fume avidement.

Et C. s'habille avec une classe infinie. Elle porte sans problème de très courtes jupes à la ceinture très haute et serrée sur sa taille fine, de grands chemisiers blancs, des collants bleus ou jaunes ou un gros pull de laine écru sur son jeans serré. Elle semble issue d'une autre époque, de même que son rouge à lèvre très rouge et ses immenses Ray-Ban. Cette année elle m'a particulièrement fait envie en pillant les vieux vêtements de sa grand-mère...

Alors il y a une semaine j'ai pillé mon grenier et les vieux vêtements de ma mère (avoir une taille naine et parfois un insigne avantage).

J'ai trouvé de nombreuses choses mais peu m'allaient vraiment... en sont sortis ses vieilles chemises bleues de l'armée, douces et légèrement cintrées, un kilt écossais (acheté sur place) rose et gris, une jupe de tailleur en soie grise..

Et puis aussi quelques coups de cœur qui vont passer par les mains d'or de ma couturière de grand-mère car je ne peux les laisser réintégrer le grenier dont un grand, long et lourd imperméable bleu marine. Ces vêtements me plaisent d'autant plus qu'ils sont à moi après avoir été à d'autres, que je réécris quelque chose qui ne surgit pas du néant imaginé par la société de consommation (lisez Marx!).... J'aime les choses qui ont vécu.

J'aime que les chemises se soient adoucis, que l'imperméable soit moins rigide.

J'aime les objets de bois dont les couleurs sont ternies par endroit, les vieilles photos en noir et blanc d'inconnus, la vaisselle d'étain cabossée et les bagues d'or terni portant d'obscures inscriptions.

J'aime tenir longuement ces objets dans mes mains et sentir les mains qui les ont tenus. Devant la mappemonde de bois qui trône dans mon couloir, je vois souvent une petite fille qui, hissée sur la pointe des pieds, fais glisser son doigt sur la boule tournoyante.

 

Changeons à nouveau brutalement de sujet pour parler de mon incapacité morale à laisser passer une saison sans essayer au moins une recette sur les fruits qui nous parviennent en profusion. J'ai donc profité de nos prolifiques groseillers pour retenter la tarte meringuée aux groseilles de Manue, en modifiant un peu la recette et la méthode selon une précédente expérience.

Cela donne une pâte bien imbibée de jus de groseille que surmonte une meringue aux groseilles, parfaitement fondante (je préfère de loin la meringue fraîche à la sèche).

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Donc pour un gâteau de 20 cm de diamètre

  • 2 oeufs

  • 60 g de sucre

  • 80 g de levure + 2 g de levure chimique

  • 50 g de beurre fondu

  • sel

  • 150 g de groseilles fraîches (et lavées of course)

  • 100 g de sucre

Toujours simple mais avec de petites subtilités qui changent tout

  • Battez les jaunes d'œufs et le sucre (les 60g) jusqu'à ce que le mélange blanchisse et soit mousseux.

  • Ajoutez la farine, la levure et le beurre et mélangez jusqu'à ce que la pâte soit homogène.

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  • Dans un cercle à pâtisserie ou un moule à charnière, placez du papier sulfurisé en le faisant remonter sur les bords. Versez la pâte sur ce papier sulfu et enfournez pour 10 min à 210°C ou plus. Il faut que la pâte soit bien dorée, qu'elle ait monté et soit retombée, créant une dépression en son centre (Edit: cela ne se produit pas à chaque fois en fait). Baissez le four à 200°C.

  • En attendant battez les blancs en neige ferme avec le sel en ajoutant petit à petit les 100g de sucre. Lorsque la meringue vous semble bien lisse, ajoutez les groseilles délicatement.

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  • Retirez le gâteau du moule, laissez le papier sulfurisé où il est et ajoutez la meringue dans la dépression qui s'est créée (ou pas).

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  • Enfournez 15min à 200°C jusqu'à ce que la meringue soit dorée.

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Dégustez bien frais (laissez refroidir sur une assiette après décollage du papier)