Comme j'ai officiellement fini mes partiels et que (à un petit détail près) je suis en vacances, j'ai déclaré que l'été avait commencé. Car officiellement, précédemment, c'était le printemps.

Tout ça parce que je suis psycho-bloquée à l'idée de travailler en été. Non pas de travailler genre boulot-d'été (au contraire, avec un peu de chance je pourrais faire trois mois!) mais travail scolaire. Le soleil me paralyse le cerveau scolaire et active mes gênes lézards. Donc attention mais le lezriane est de retour avec son angoisse d'été: mon dieu, du soleil mais sans chaleur excessive, je vous en supplie. Parce que je n'ai franchement pas envie de devoir passer deux semaines dans une piscine pour cause d'allergie. Et aussi (voir surtout, l'allergie ne s'étant déclenchée que la fois où il faisait 42°C à l'ombre) parce qu'allumer le four au-dessus d'une certaine température est une idée bannie de mon chez-moi.

Or j'aime mon four. Vraiment.

Quand j'étais petite, ma mère me disait que la cuisine c'était un peu comme de la magie, quand je m'impressionnais qu'une pâte à crêpe puisse se faire: devenir lisse, transformer la farine... Mais moi ce que je trouve magique c'est aussi la cuisson au four: on ne touche rien, on laisse faire, et tout se transforme. La pâtisserie et le four: les deux premières magies de cuisine que j'ai perçu.

Mais depuis j'ai aussi pris conscience d'autres éléments magiques comme le mélange des saveurs dans le salé, les épices, les herbes et les légumes qui sont toujours différents... Et ne réclament pas forcément un four. Depuis longtemps ma mère faisait des voyages de cuisine et nous la suivions ainsi. De la même façon, j'ai tendance à fonctionner par « cycles », appréciant particulièrement certaines cuisines à certains moments, selon les découvertes que je fais, les ingrédients qui m'intéressent et la saison.

En été j'ai plus envie de cuisine méditerranéenne, ne serait-ce que pour utiliser les merveilles du jardin grand-maternel.

Et cette année, j'ai découvert avec joie la cuisine syrienne, discrètement éloignée de la libanaise. Même si je ne saurais faire la différence, celle-ci est plus à mon goût. (Peut-être est-ce du à la prolifération de restaurant libanais contrairement aux syriens? Si vous passez à Lyon, ne manquez pas l'Alyssaar.)

Je vous conseille d'aller voir ici, et dites-moi si cela ne vous donne pas envie?

J'ai donc testé le Baba ghanouj, la version syrienne de la purée d'aubergine... qui a remporté tous els suffrages chez moi: la prochaine fois je double les quantités.

Donc, pour un dîner composé, où l'on pique dans plusieurs bols, il vous faut:

  • 1 aubergine ( environ de 400g)

  • 2 gousses d'ail

  • 1 càs de mélasse de grenade (magnifique liquide odorant que j'achète à Strasbourg, près des Halles: à l'Epicerie Pamir qui se trouve 15a rue du marais vert)

  • ½ poivron (rouge pour moi)

  • Une tomate

  • 3 càs de persil haché (terriblement important, ne réduisez pas la quantité: c'est juste bien comme ça)

  • 1 càs de menthe hachée

  • du sel

Et tout cela sans allumer de four:

  • Faites griller l'aubergine (lavée, bien sûre) selon votre méthode préférée. Moi je la grille sous le grill du four, en la retournant pour noircir la peau de tous les côtés. Cette demoiselle propose de la griller sur la flamme de la gazinière.... A vous de voir.

    Après l'avoir bien fait griller (peau noircie), mettez le à refroidir dans un sachet plastique: une fois tiède, la peau part toute seule!

  • Pelez donc votre aubergine et réduisez la en purée (contrairement aux indications, je l'ai fait au mixer et le résultat n'était pas décevant)

  • Hachez les herbes, coupez le poivron et la tomate en petits dés et pilez l'ail.

  • Mélangez tous les ingrédients préparés et ajoutez la mélasse de grenade

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  • Mélangez à la fourchette, en écrasant un peu la préparation.


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Moi je l'ai servi direct dans le bol, sans la déco préconisée (grains de grenade, huile d'olive, noix)