Lorsque j'étais en primaire je passais la majeure partie de mon temps à être quelqu'un d'autre. Dés que les circonstances ne me plongeaient pas dans la vie « sociale » où il fallait être moi, Riane humaine, terrienne, française, intello, aussi sportive qu'une plante verte et bien moins populaire, je m'inventais à nouveau.

Pour être franche je ne garde pas d'autres souvenirs de cela. Je ne sais plus ce que j'imaginais: je me souviens uniquement que je le faisais et de la manière dont cela venait: peut être simplement parce que cela est resté mais que mes rêveries ont changées.

J'imaginais toujours des scènes, des mouvements, des actions. J'étais dedans et c'était moi qui agissait (et, mon dieu, j'avais alors tout pouvoir et une volonté toute-puissante. J'étais le monde et en était partie prenante en même temps).

Au collège cela s'est étoffé, mais je ne vais pas vous faire le récit de mes rêveries parce que c'est niais, rosâtre et romantique et, surtout, parce que c'est à moi

Et puis, lectures aidant, cela s'est transformé encore et encore jusqu'à ce que naisse la volonté de rendre tout cela cohérent.

J'étais comme une accumulation de scènes éparses, de personnages différents, de volontés et de caractères opposées. Je crois d'ailleurs que cela m'a souvent sauvé. Je ne sais pas comment font les gens pour ne pas lire (moi qui fait un malaise si je n'ai pas un livre sur moi) mais encore moins comment ils font pour ne pas imaginer. Ce mot ne fait pas qu'entourer un acte de création: il s'agit de tout un processus de vie. J'ai passé, non des heures, mais des mois dans cet état.

Comment vous dire: programmant, faisant émerger et incarnant un n'Autre (je les appelais comme ça: mes n'Autres). Le soir avant de s'endormir, en cours quand j'étouffais, quand je m'ennuyais, ne voulait plus écouter ou entendre, je me jouais des scènes encore et encore.

C'est comme une plongée en eau profonde: la lumière de la surface parvient atténuée et rien n'a d'importance parce qu'on est dans un monde où l'on contrôle tout, où l'on sait ce qui va suivre et même s'il y a de la douleur et de la souffrance tout est beau. Parce que la beauté panse mieux les plaies que le bonheur.

Mais comme une remontée en eau profonde, quand on émerge, on se sent mal, mal, mal, parfois. Ce sont mes bad trips personnels: le principe de réalité à réintégrer. Dur.

Et puis avec la volonté de cohérence il a fallu organiser des mondes, déconstruire des idées, prendre des n'Autres et les mettre côte à côte: les faire coïncider et exister en indépendance (de moi) et dépendance (les uns des autres). Ma vraie première tentative, c'est Merezza. Merezza est une chose énorme (je n'en ai jamais expliqué qu'une fraction) parce qu'il s'agit d'une encyclopédie de tout mes n'Autres d'alors. Tous mes n'Autres, les concepts, paysages, péripéties allant avec.

J'ai toujours imaginé des scènes, des images-rêvées et ai essayé de passer aux images-écrites me rendant alors compte que, en fait, il s'agit de deux processus qui n'ont qu'une vague ressemblance. C'est pour cela que je suis une meilleure rêveuse que gribouilleuse. Un monde émerge simplement, un personnage ou une action courte aussi, mais la cohérence d'une histoire (son moteur, son début, sa fin) ne m'est pas naturelle.

Toujours est-il que je tente depuis quelque jours de passer aux images-dessinées: de générer un monde qui aura pour finalité d'être mis en images fixes. La seule solution que j'ai trouvé pour l'instant c'est de tenter de trouver d'abord une image esthétique (une image fixe, ce qui est encore très différent des scènettes qui me sont familières) pour y surajouter de la cohérence.

Le problème, évidemment, c'est que ma cohérence est bancale.

Je continue à cogiter tout cela cette nuit et demain je vous livre le premier jet de la ville d'acier (en espérant qu'elle plaise à la sœur qui l'illustrera peut être).



Et pour un dîner d'été aidant à une remontée trop brusque vous pouvez mijoter une soupe de calamars (inspirée de celle-ci) avec un garlic bread (qui tient la promesse de ce surnom).

Ingrédients:(Pour 3 personnes qui ont du dessert)

  • 500g de calamars en anneaux (surgelés pour moi donc la façon de préparer les calamars, ce sera un autre jour)

  • 2 oignons émincés

  • Une boîte de 400g de pulpe de tomate

  • 4 feuilles de laurier et 1 branche de romarin

  • 1 verre de bouillon de volaille (sans rire)

  • Huile d'olive, sel, poivre


  • Du pain tranché (moi j'avais un demi pain à la bière)

  • Du beurre ramolli (60g pour un pain entier)

  • Persil frisé (4 branches pour un pain entier)

  • Gousses d'ail ( 4 pour un pain entier mais à adapter selon les goûts)

  • Poivre noir

Vous allez voir c'est pas forcément vite fait mais c'est bien fait (et simple, surtout).

  • Décongelez vos calamars (à la barbare dans l'eau) si besoin, nettoyez-les et coupez les en anneaux si besoin.

  • Faites revenir 2 càs d'huile d'olive avec les oignons, le romarin et le laurier dans une casserole. Ajouter les calamars puis le bouillon (en remuant bien pour pas faire accrocher vos calamars.) Laisser évaporer environ 15 minutes sur feu moyen.

  • Ajoutez les tomates (en gardant la boîte pas loin) et faire cuire environ 35 minutes.

    Après 20 min partez à la pêche aux herbes et ôtez les feuilles de laurier et la tige de romarin

  • Ajoutez de l'eau à votre convenance si vous trouvez la soupe pas assez liquide (en utilisant la vieille boîte dont vous récupérez alors le reste de pulpe). Salez, poivrez.

  • Servez chaud (mais il paraît que ça se laisse aussi manger froid)

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(L'assiette à fleurs étant optionelle)

  • Durant le mijotage écrabouillez ensemble le beurre, l'ail haché et le persil haché et rincé.

  • Tartinez chaque tranche de pain sur une face puis reconstituez le pain pour lui donner une forme « entière ».

  • Emballez-le d'alu et enfournez le dans un four préchauffé à 200°C. Moi je l'ai laissé que 6 minutes et le beurre n'était pas complètement fondu au centre du pain, donc je conseille 10 minutes.

  • Ouvrez le papier alu, faites en des contreforts si besoin pour que le pain garde sa forme et enfournez à nouveau 5 minutes.

  • Pour la suite vous n'avez pas besoin du mode d'emploi je crois

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Cela vaut toutes le sphotos avant/après des marques de cosmétiques, non?